Al-Ahram Hebdo, Opinion | Guerre ou paix ?
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

Guerre ou paix ?

Wahid Abdel-Méguid

De grandes manœuvres militaires israéliennes ont eu lieu au Golan et des sources syriennes officielles ont prévu une guerre, déclenchée par Israël, cet été. Bien que Tel-Aviv ait déclaré que ses manœuvres étaient défensives. De leur côté, des sources israéliennes expriment leur inquiétude sur des mouvements militaires effectués entre Damas et Qunaîtra et craignent une surprise syrienne.

Tout ceci a eu lieu en quelques jours alors que certains observateurs parlent d’indices concernant de nouveaux horizons pour la reprise des négociations suspendues depuis plus de 8 ans entre les deux pays. D’autres indices négatifs sont aussi clairs, éloignant la possibilité d’un retour à la table des négociations. Car alors qu’on entend parler de messages politiques échangés entre le premier ministre israélien et le président syrien par l’intermédiaire de tierces parties à propos des conditions de la reprise des négociations, il existe aussi des messages médiatiques échangés entre des responsables des 2 pays, selon lesquels les préparatifs de guerre seraient en cours.

Or, la réalité prouve que tout mouvement sur la voie de la paix actuellement est pratiquement impossible, étant donné que les 2 parties ne sont pas prêtes à assumer le prix de cette paix, en particulier Israël.

Chez les 2 parties, les objectifs sont différents. Le président Bachar Al-Assad veut avant tout prouver qu’il est impossible d’isoler la Syrie. Et le premier ministre israélien veut renforcer sa position à l’intérieur du pays après que la guerre contre le Liban en 2006 lui a fait perdre toute popularité. Olmert espère que la table de négociations sera un moyen d’influencer les relations irano-syriennes, puisque Téhéran n’apprécie pas l’idée de la reprise des négociations entre Damas et Tel-Aviv.

Les 2 parties ne s’entendent pas non plus en ce qui concerne la façon de négocier. Alors qu’Olmert désire effectuer des négociations en face-à-face entre les délégations des 2 pays, au vu et au su du monde entier, le président syrien préfère des négociations indirectes à travers un intermédiaire américain. C’est-à-dire qu’il vise à négocier avec Washington et non avec Tel-Aviv, parce qu’il est parfaitement conscient des répercussions néfastes que peuvent causer ces négociations sur les relations avec les Iraniens.

Il ne faut pas aussi oublier que toute action sérieuse envers la paix est interdite pour la Syrie et Israël, même s’ils le désirent. L’Administration américaine actuelle donne la priorité à l’isolement de la Syrie au niveau régional. Washington insiste à réaliser cet objectif, bien qu’aucun succès n’ait encore été réalisé sur la voie de cette politique basée sur l’idée que l’isolement de la Syrie affaiblit l’Iran.

C’est l’ex-président français Jacques Chirac qui avait convaincu l’Administration américaine du fait que faire sortir la Syrie du Liban peut constituer la clé de l’encerclement de « la coalition radicaliste » guidée par l’Iran dans la région.

Il est connu que le président américain avait pris sa décision dans cette direction après son retour de Normandie en juin 2004 où il avait rencontré Chirac à l’occasion de la commémoration du débarquement des troupes des Alliés au cours de la seconde guerre mondiale.

Ceci explique l’énigme selon laquelle la Syrie insistait à ce que le président libanais Emile Lahoud continue à occuper son poste, bien que cela soit interdit par la Constitution. Ceci avait alors causé une tension importante bien que de nombreuses personnalités libanaises soient alliées à la Syrie et lui soient aussi fidèles que Lahoud. Et Damas en avait effectivement choisi une, qui est Soliman Ferenjia, le leader de ce qu’on appelle le courant Al-Marada qui représente l’un des petits groupes maronites politiques.

Or, la hausse des pressions américano-françaises sur la Syrie a rendu les choses plus confuses pour cette dernière. Et avec l’absence d’institutions capables de gérer de telles crises et alors que ce sont les appareils de sécurité qui ont l’hégémonie sur la décision syrienne concernant le Liban, il était facile de commettre des erreurs. Damas s’est alors trompée dans l’estimation de la situation. Et ceux qui détiennent la prise de décision ont estimé que la situation nécessitait la présence d’un président libanais de grande expérience. C’est de là qu’est venue la décision de prolonger le mandat du président Lahoud au lieu de soutenir Ferenjia.

Les événements se sont alors succédé jusqu’à l’assassinat de Rafiq Al-Hariri en février 2005 et depuis, la crise s’est de plus en plus accentuée.

La situation en Syrie a alors créé un différend avec Israël qui craignait de voir s’affaiblir le régime syrien à cause des pressions sur Damas. Là, Tel-Aviv avait prévu 2 scénarios : un régime islamiste qui constituerait un danger pour Israël, ou un chaos total aux frontières israéliennes, comme celui qui règne actuellement en Iraq. C’est pourquoi Israël tentait de convaincre Washington d’alléger les pressions sur la Syrie, alors qu’Olmert tentait de revenir à la table de négociations.

Or, tout a basculé après les événements de Gaza en juin dernier. Selon l’Administration américaine, la Syrie n’est pas loin de tout ceci. C’est alors qu’après le sommet entre Bush et Olmert le 19 juin dernier, Olmert a très bien compris que la voie vers la Syrie était bloquée, sauf dans le cas d’une escalade militaire, si les conditions l’obligent.

Dans tous les cas, la probabilité de la guerre reste plus proche que celle de la paix qui semble aujourd’hui plus que jamais éloignée, depuis la Conférence de Madrid en 1991 .

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.