La complémentarité économique arabe
Morsi Attalla
Les
chiffres ne mentent pas, surtout s’il s’agit de statistiques
émises par des institutions et organismes internationaux
reconnus. Une statistique de l’Onu indique que le nombre
d’habitants de la Terre dépassera les 7 milliards dans
quelques années et que le monde arabe témoignera d’une
importante croissance démographique. Ceci signifie que le
revenu de l’individu dans ces pays diminuera encore plus si
la croissance démographique prévue n’est pas liée à des
efforts collectifs pour élever le PNB de ces pays.
Dans ce contexte, plusieurs questions s’imposent : Pourquoi
les Arabes n’ont-ils pas réussi jusqu’à présent à exploiter
leurs richesses pétrolières pour mettre en place des projets
arabes colossaux dans le domaine des industries lourdes et
des expansions agricoles ? Pourquoi le monde arabe
demeure-t-il incapable de réaliser l’équilibre dans cette
équation boiteuse : d’une part, des pays arabes possèdent
d’immenses terres agricoles mais ne trouvent personne pour
les cultiver ou bien n’ont pas les moyens pour les exploiter
alors que d’autre part, des pays possèdent d’énormes
excédents financiers mais ne possèdent pas de terres arables
sur lesquelles ils peuvent investir ces excédents ?
Les chiffres et les statistiques internationaux reconnus
indiquent que le monde arabe possède le tiers de la
production mondiale de pétrole. Par contre, le revenu par
individu dans le monde arabe reste médiocre, sauf dans les
pays exportateurs de pétrole dont le nombre d’habitants est
minime par rapport à l’ensemble des habitants du monde
arabe.
Il est insensé de rester les bras croisés face à ce danger
énorme qui apparaît à l’horizon. Le monde arabe possède
d’énormes richesses naturelles, du pétrole et des minéraux
dans certains pays, des fleuves et des terres arables dans
d’autres. Cependant, le manque de coordination n’a pas
permis de mettre ces richesses au service de l’ensemble du
monde arabe.
Tout ceci m’encourage à réitérer l’invitation à rouvrir le
dossier de la complémentarité économique arabe qui
représente le fondement de tout effort réel sur la voie de
la construction d’une force arabe conjointe. Cette force
apportera aux Arabes de meilleures conditions économiques et
sociales ainsi qu’une position politique et négociatrice
indéniable.
Je pense que le meilleur moyen pour rouvrir le dossier de la
complémentarité économique arabe est de recourir à la
sincérité sans aucune susceptibilité tant qu’on est
convaincu des bonnes intentions de toutes les parties arabes
.