Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Médiation française de dernière chance
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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Liban. A moins d’un accord de dernière minute, le bras de fer engagé depuis huit mois entre l’opposition et la majorité risque d’entraîner le pays dans le chaos et menace d’échec la présidentielle de l’automne prochain.

Médiation française de dernière chance

L’approche de l’échéance électorale de septembre prochain fait craindre une aggravation de la crise politique libanaise. Née en novembre dernier suite à la démission de six ministres pro-syriens — une démission qui a provoqué la rupture du dialogue entre la majorité anti-syrienne et l’opposition menée par le Hezbollah —, la crise n’a, depuis, pas pu être réglée, malgré les différentes médiations arabes et internationales. La dernière en date est celle de la France, un pays qui a toujours montré un intérêt particulier au pays du Cèdre. Après avoir organisé à la mi-juillet dernier près de la capitale française une réunion entre tous les courants politiques libanais, Paris a envoyé cette semaine son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dans une délicate mission pour tenter de sortir le Liban de la crise. Une mission qui, semble-t-il, s’est achevée sans résultat apparent. Dès son arrivée à Beyrouth, le chef de la diplomatie française a prévenu : « La solution est entre les mains des Libanais, je ne suis pas chargé d’un plan magique ». Et, après ses entretiens avec les différents protagonistes de la crise, notamment les chefs de la majorité comme de l’opposition, ses déclarations n’ont pas fait preuve d’optimisme. « Si les Libanais ne réussissent pas ce dialogue nécessaire, malheureusement ce sera encore la guerre », a-t-il prévenu. Tout en ajoutant : « Il ne s’agissait que d’une étape, n’attendez pas de moi la solution aux problèmes du Liban, cela viendra ». « Le dialogue au Liban peut avancer et je crois qu’aujourd’hui est un jour avec du progrès, cela ne veut pas dire que tout est réglé, loin de là ».

La mission de Bernard Kouchner ne s’est pas limitée à rencontrer les protagonistes libanais. La France y va de tout son poids pour trouver une issue à la crise interne au pays du Cèdre. Ainsi, M. Kouchner a-t-il rencontré au Caire ses homologues égyptien Ahmad Aboul-Gheit et saoudien Saoud Al-Fayçal, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Paris veut donc également une intervention des capitales de la région, une façon de mettre toutes les chances de son côté pour réussir sa médiation. Ce que veut Paris de ces capitales arabes, ce n’est pas uniquement qu’elles exercent des pressions sur les différentes parties libanaises, mais c’est surtout une intervention auprès des forces externes soupçonnées d’être influentes au Liban. « Il faut faire pression pour que l’environnement (du Liban), c’est-à-dire, soyons clairs, la Syrie et l’Iran, ne puisse exercer une influence qui conduirait vers la guerre », a clairement affirmé lors d’une conférence de presse conjointe avec Ahmad Aboul-Gheit. Et de reconnaître : « C’est difficile, le Liban, c’est compliqué. Avec les influences extérieures, ça devient l’un des problèmes les plus difficiles du monde ». 

Prochaine réunion en France 

Bien que le ministre français ait fait état d’une « ouverture » après avoir réuni dimanche pour un déjeuner les dirigeants des partis politiques libanais, de la majorité comme de l’opposition, il semble toutefois que malgré tous les efforts entrepris çà et là, on est encore loin d’un règlement de la crise libanaise. Or, l’absence d’une sortie de crise avant septembre menacerait d’échec l’élection présidentielle, qui doit se tenir entre le 25 septembre et le 25 novembre. Le pays plongerait alors dans un dangereux vide institutionnel, l’opposition menaçant de former un second gouvernement.

Jusque-là, l’opposition, qui ne reconnaît pas la légitimité du gouvernement de Fouad Siniora, réclamait la formation d’un gouvernement d’union nationale dans lequel elle aurait un poids accru, en préalable à une reprise du dialogue. Quant à la majorité, elle proposait une solution associant, simultanément, la formation d’un nouveau gouvernement et la garantie de la part de l’opposition qu’elle assurera au Parlement le quorum nécessaire aux prochaines présidentielles. Selon des sources gouvernementales, les entretiens de M. Kouchner, sur la recherche d’une formule associant la formation d’un nouveau gouvernement et des garanties sur la tenue de la présidentielle, se sont heurtés aux « mêmes obstacles » que de précédentes médiations tentées par le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. A ce sujet, le chef de la diplomatie française est resté flou : « Des deux côtés, il semblerait que des garanties puissent être fournies au niveau de l’élection présidentielle comme au niveau de ce fameux gouvernement d’unité nationale ». Un conditionnel qui laisse planer l’incertitude en ce qui concerne la période à venir. Il faudra donc attendre la prochaine visite du ministre français au Liban avant la fin du mois d’août et la nouvelle réunion envisagée à Paris dans les semaines à venir pour voir si la médiation de la France portera ses fruits.

Abir Taleb

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