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Privés d’eau

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La culture, condition essentielle

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d’une corporation multinationale

 

Edito

Guêpier

La guerre en Iraq accable les Etats-Unis : son coût humain, financier et en terme d’image ne cesse d’augmenter créant une pression de plus en plus forte de l’opinion publique américaine pour un retrait des soldats d’Iraq.

Depuis l’invasion de mars 2003, plus de 3 600 militaires américains sont morts en Iraq. Le coût financier est astronomique. Une récente étude indépendante du Congrès chiffre à quelque 12 milliards de dollars par mois les dépenses liées à la guerre contre le terrorisme. Mais au-delà du coût financier et humain de cette guerre, c’est l’image même des Etats-Unis qui est significativement écornée. La prison de Guantanamo à Cuba où sont enfermés des « combattants ennemis », la révélation d’actes de torture perpétrés par des Américains sur des prisonniers ainsi que les pratiques des services de renseignements américains ont entaché la crédibilité de la politique étrangère américaine.

Aux Etats-Unis, le président George W. Bush paie déjà le prix de sa politique : sa cote de popularité est en chute libre dans les sondages et la fronde ne cesse de s’amplifier au Congrès ainsi que dans les rangs des Républicains qui sont de plus en plus nombreux à réclamer un retrait des troupes d’Iraq. Jeudi, la Chambre des représentants a voté une loi exigeant que les troupes américaines soient retirées au plus tard le 1er avril 2008. Alors que la violence continue à faire rage en Iraq, un rapport intérimaire sur la situation dans ce pays, publié jeudi, souligne que l’augmentation du nombre de soldats américains en Iraq n’a pas changé la donne sur le terrain et que les Iraqiens sont encore incapables d’assurer seuls la sécurité de leur pays face aux insurgés.

La stratégie américaine actuelle est idéale pour Al-Qaëda : les Américains sont empêtrés dans un bourbier en Iraq où la situation est devenue un instrument de recrutement idéal pour cette organisation terroriste. En outre, l’enlisement en Iraq est la cause de la perte d’influence américaine en Afghanistan, où les Talibans ont repris le contrôle de certaines zones, et face à l’Iran, qui poursuit son programme nucléaire malgré les pressions internationales. L’avenir est loin d’être rose : selon l’étude du Congrès, le coût au total de la guerre contre le terrorisme pourrait atteindre 1 400 milliards de dollars d’ici à 2017. Pour faire face à une demande de plus en plus importante, les missions des militaires en Iraq sont prolongées et atteignent 15 mois. Cet accroissement des besoins en Iraq et Afghanistan met le président Bush dans une situation délicate : l’armée américaine est proche du point de rupture.