La culture, condition essentielle
Morsi
Attalla
Toutes
les leçons de l’Histoire confirment que la culture est
l’unique moyen susceptible d’assurer l’essor d’une nation.
Car il me semble qu’aujourd’hui plus qu’à aucun autre
moment, il est dans notre intérêt de sauver notre culture
dans toute sa diversité et de rejeter sans équivoque les
conséquences que pourrait impliquer une absence de diversité
culturelle générée par le vide intellectuel et le manque de
création.
Il n’y a pas de mal à être sincère avec soi-même et à
reconnaître sans aucune gêne notre tourment. Nous souffrons
en effet d’un vide intellectuel et culturel dont les
origines remontent au début des années 1950 du siècle
dernier. En ce temps-là, l’évolution naturelle de la culture
arabe s’est arrêtée suite à l’émergence chaotique d’un
nombre de courants politiques sous le parrainage de concepts
nationalistes, salafistes et gauchistes.
Avec ces vestiges et ces héritages qui nous restent du
passé, il n’était pas étrange que des crises artificielles
se déchaînent. Une bonne occasion pour que certains
commencent à attirer notre attention vers le retour en
arrière à un moment où tous ceux qui sont soucieux de
l’avenir de ce pays doivent orienter leurs efforts vers
l’avenir et s’apprêter à relever les défis à venir.
En vérité, la plupart des raisons de ce vide intellectuel et
culturel résident dans l’aptitude de certains éléments de la
société, en usant de ruse, à attirer notre attention vers
les questions marginales. Ils nous ont également lassés en
nous entraînant dans des combats illusoires avec leurs
plumes et à travers leurs tribunes. Ils se sont acharnés à
nous prouver quelle serait la manière idéale d’harmoniser
l’inévitable nécessité de nous ouvrir sur le monde, toutes
cultures et toutes tendances confondues, et les exigences de
préserver nos traditions, nos identités et nos cultures.
A mon avis, nous avons besoin d’un nouveau début en ce qui
concerne la méthode appliquée sur le plan culturel et
intellectuel, qui consisterait à faire face à toute
ingérence abjecte menaçant nos idées et nos croyances
culturelles et spirituelles d’une part. Et de l’autre en
élargissant davantage l’ouverture sur le monde entier et sur
tous les événements qui entrent en jeu pour qu’on puisse en
tirer ce qui pourrait nous être bénéfique et en accord avec
nos intérêts.
Nous devons être plus confiants en nous-mêmes et exercer
notre droit à l’ouverture sur les cultures et les idées de
l’autre. Tout en étant armés d’une conscience inébranlable
que notre religion et notre arabité n’empêchent guère la
rencontre de nos civilisations, arabe et occidentale,
puisque nous avons la capacité de sauvegarder notre identité
et notre personnalité. A cet égard, on se souvient du Dr
Zaki Moubarak qui était l’un des fervents adeptes de
l’ouverture sur les autres cultures tout en évitant
l’imitation sans discernement et en accordant l’intérêt au
contenu plus qu’à la forme. Rappelons-nous sa célèbre maxime
: La culture n’est pas de connaître la langue de l’Occident
mais de savoir ce que vous devez savoir. Il est temps que
les ignorants comprennent que cette nation dont les enfants
apprennent par cœur le Coran sont plus pieux que ceux qui
apprennent les fables de La Fontaine.
D’ailleurs, je voudrais dire que je suis très réaliste en
évoquant l’état des lieux de notre culture et je peux vous
affirmer que je ne suis jamais la victime de l’imaginaire.
Je n’ai même pas essayé d’exagérer ou d’amplifier notre
crise culturelle et intellectuelle qu’on pourrait sans doute
dépasser. Et ceci en faisant prévaloir la pensée saine et la
culture éclairée et en contrecarrant davantage le vide
culturel et intellectuel qui s’est emparé du corps de cette
nation et qui a permis aux ignorants et aux arrogants de
faire parvenir leurs influences et leurs
voix .