Palestine .
La dernière rencontre entre le président Mahmoud
Abbass et le premier ministre
Ehud Olmert s’inscrit du côté
israélien dans un objectif principal : renforcer l’Autorité
face au Hamas.
Et si l’on ne parlait pas de paix ?
Une
nouvelle rencontre a réuni, lundi dernier, Mahmoud
Abbass et Ehud
Olmert. Comme les précédentes,
elle n’a pas abouti à des mesures concrètes visant à
relancer la paix. La stratégie israélienne étant de discuter
de sujets portant uniquement sur le court terme, gagnant
ainsi toujours plus de temps. Désormais, ces questions
tournent autour d’un seul objectif : écarter au maximum les
islamistes et diminuer leurs influences sur le terrain.
Avant la réunion, le négociateur en chef palestinien,
Saëb Eraqat,
avait indiqué que l’objectif de M.
Abbass était d’« insister sur la nécessité de
reprendre les négociations sur le statut définitif » de la
Cisjordanie et de la bande de Gaza, pratiquement
interrompues par Israël depuis septembre 2000, après le
déclenchement de la seconde Intifada. Côté israélien,
la porte-parole du premier
ministre, Miri
Eisin, a fait part de
l’intention de M. Olmert de
réclamer que l’Autorité palestinienne « prouve sa
détermination à combattre le terrorisme, condition sine qua
non pour engager une négociation de paix sur les questions
de fond ». Des vues qui ne s’annoncent pas convergentes, et
des priorités bien différentes.
Plutôt que d’œuvrer à relancer la paix au sens propre du
terme, le premier ministre israélien, en rencontrant le
président palestinien, semble uniquement vouloir renforcer
l’Autorité palestinienne face aux islamistes du Hamas. Les
quelques gestes de bonne volonté faits par Israël
s’inscrivent en effet dans cette optique. Lors de la
dernière rencontre, le 25 juin à Charm
Al-Cheikh (Egypte), M.
Olmert avait annoncé le
déblocage d’une partie des fonds dus à l’Autorité
palestinienne. Quelque 118 millions de dollars ont été
versés depuis au gouvernement Fayyad.
Israël avait aussi décidé à Charm
Al-Cheikh de libérer 250
prisonniers palestiniens du Fatah, le mouvement de M.
Abbass. En outre, Israël a
autorisé le chef du Front Démocratique de Libération de la
Palestine (FDLP), Nayef
Hawatmeh, à se rendre en
Cisjordanie pour participer à une réunion à Ramallah de la
direction de l’OLP (Organisation de Libération de la
Palestine).
Le président palestinien Mahmoud Abbass
a en outre obtenu d’Israël l’arrêt des poursuites contre
environ 200 activistes recherchés en Cisjordanie afin de se
renforcer face aux islamistes du Hamas, maître de la bande
de Gaza. 189 activistes, dont des chefs militaires du Fatah,
ont accepté de cesser leurs attaques anti-israéliennes en
échange de la promesse de rayer leur nom de la liste des
Palestiniens recherchés, établie par l’armée israélienne. Ce
geste est intervenu à la veille d’une rencontre prévue entre
les deux hommes. Selon des responsables palestiniens, Israël
a transmis vendredi soir une liste des 189 activistes
amnistiables à l’Autorité palestinienne, après des demandes
en ce sens faites par M. Abbass
et le chef du gouvernement Salam Fayyad.
La majorité de ces activistes font partie des Brigades des
Martyrs d’Al-Aqsa, liées au
Fatah de Mahmoud Abbass. L’un
des chefs les plus recherchés de ce groupe en Cisjordanie,
Zakaria
Zoubeidi, fait partie des activistes ayant accepté
l’accord. Un responsable sécuritaire palestinien a précisé
que les 189 activistes s’étaient engagés par écrit à rendre
les armes et à séjourner dans les quartiers généraux des
services de sécurité palestiniens pendant une semaine. Il
leur sera également interdit, pendant une période de trois
mois, de quitter les zones A de Cisjordanie, sous contrôle
de l’Autorité palestinienne, et ils devront dormir chaque
nuit dans les QG des services de sécurité. Pour
Zakaria
Zoubeidi, ce geste a pour objectif de soutenir le
président Abbass. « Les Brigades
Al-Aqsa sont au côté du
président Abou-Mazen (Mahmoud
Abbass) et soutiennent le
gouvernement de Salam Fayyad
pour qu’il ait une chance d’assurer la sécurité et de mettre
fin au chaos dans les rues », a-t-il dit.
Soutenir le président Abbass,
tel est donc le mot-clé. Pour l’Etat hébreu, qui craint une
contagion islamiste en Cisjordanie après la prise de
contrôle de la bande de Gaza par le Hamas le 15 juin,
Mahmoud Abbass est l’unique
salut. Loin de là pour autant une relance du processus de
paix .
Abir
Taleb