Soudan .
La conférence internationale sur le Darfour, organisée sous
l’égide des Nations-Unies et de l’Union Africaine en Libye,
s’est terminée sur une note d’entente.
Une décrispation, en attendant plus
Les
émissaires de la communauté internationale au Soudan ont
annoncé, lundi à Tripoli, qu’ils rencontreraient les chefs
des mouvements rebelles soudanais, du 3 au 5 août à Arusha
(Tanzanie), pour se mettre d’accord sur le début des
négociations avec le gouvernement soudanais. Des invitations
devraient être ensuite adressées avant la fin du mois d’août
aux mouvements rebelles et au gouvernement soudanais pour
entamer les négociations, a annoncé l’envoyé spécial de
l’Onu au Soudan, le Suédois Jan Eliasson, à la clôture d’une
conférence sur le Darfour.
Une réunion entre rebelles et gouvernement devrait avoir
lieu en septembre, a précisé M. Eliasson. « Nous sommes très
contents. Cette réunion s’est achevée par un message fort de
paix et de début de négociations », a-t-il déclaré au cours
d’une conférence de presse. « Je pense que nous apercevons
maintenant la lumière au bout du tunnel. C’est le moment de
vérité et des sérieuses préparations des négociations »,
a-t-il dit. Il avait souligné à l’ouverture de la réunion
qu’« il est temps de se concentrer sérieusement sur les
négociations et d’unifier les mouvements rebelles » en vue
de leur implication dans le processus politique.
M. Eliasson et son homologue africain, Salim Ahmad Salim,
ont présidé la réunion de Tripoli qui marque la fin de la
phase de convergence des initiatives diplomatiques et le
début d’un processus de pré-négociations.
La conférence de Tripoli, qui avait débuté dimanche, a donné
l’occasion pour les deux hommes de confirmer le leadership
de l’UA et de l’Onu dans le processus politique au Darfour,
M. Eliasson appelant à la « discipline » et à la
coordination des différentes initiatives diplomatique, sous
l’égide des deux organisations. Les représentants de 18 pays
et organisations internationales ont assisté à cette
conférence sur le Darfour, destinée à accélérer le processus
politique pour rétablir la paix dans cette région de l’ouest
du Soudan déchirée par la guerre civile.
M. Salim a, lui, fait état d’une « situation catastrophique
» au Darfour. « Chaque jour qui passe apporte des
souffrances et des destructions au Darfour, mais aussi une
radicalisation sur le terrain », a-t-il dit, déplorant une
militarisation croissante dans les camps de réfugiés qui «
complique la résolution du conflit ».
L’émissaire africain a souligné, d’autre part, la nécessité
d’impliquer dans les négociations de paix la société civile
et les populations du Darfour, qui « se sentent
marginalisées ».
Quatre missions
Depuis le lancement de l’initiative commune de l’Onu et de
l’UA, il y a plus de cinq mois, l’émissaire onusien et son
homologue africain ont effectué quatre missions au Soudan et
multiplié les contacts avec les pays de la région et les
groupes rebelles pour préparer la relance des négociations.
Lors d’une première séance, à huis clos, « les délégations
se sont prononcées sur l’urgence d’aller (...) vers la
préparation active de la phase de négociations qui doit
avoir lieu le plus rapidement possible », a indiqué à l’AFP
le commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, Saïd
Djinnit. Des représentants des rebelles soudanais, dont deux
émissaires du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM)
de Khalil Ibrahim, se sont trouvés à Tripoli à l’invitation
du pays hôte mais n’ont pas participé à la réunion.
Une brève rencontre, en marge de la conférence, a toutefois
eu lieu entre représentants de l’Onu, de l’UA, des pays
voisins et les rebelles, selon le vice-ministre libyen aux
Affaires étrangères, Ali Abdelsalam Triki. « Nous les avons
écoutés. Ils sont d’accord pour commencer les négociations
», a-t-il dit à l’AFP. En prélude à ces négociations, cinq
factions rebelles du Darfour ont annoncé samedi à Asmara la
création d’un nouveau mouvement destiné à présenter un front
commun dans les négociations avec Khartoum.
La conférence de Tripoli s’est tenue préalablement à une
décision de l’Onu sur le financement d’une opération hybride
de maintien de la paix au Darfour, qui consistera à
remplacer la force africaine de 7 000 hommes mal financés et
mal armés par une force robuste de plus de 20 000 hommes
financée par la communauté internationale. L’opération
hybride est jugée nécessaire pour une stabilisation de la
situation sur le terrain, sans laquelle la recherche d’une
solution politique serait plus difficile.
Le conflit au Darfour, qui dure depuis plus de quatre ans, a
fait plus de 200 000 morts et 2 millions de déplacés, selon
des organisations internationales, des chiffres contestés
par Khartoum .
Rania
Adel