Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Bush fait cavalier seul
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 18 au 24 juillet 2007, numéro 671

 

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Iraq. Bien qu’un rapport d’étape ait dressé au mieux un tableau mitigé de la situation, George Bush refuse toujours d’évoquer un retrait des effectifs déployés dans ce pays. 

Bush fait cavalier seul 

La situation sécuritaire ne connaît aucune amélioration, les Républicains sont de plus en plus impatients et les pressions s’accentuent de la part des Démocrates sur le président américain pour obtenir un retrait des troupes. Et pourtant, celui-ci fait la sourde oreille et parfois même inverse les faits. Si le rapport d’étape publié par la Maison Blanche —avant le rapport définitif attendu mi-septembre — a jugé « insatisfaisants » les progrès en Iraq, pour près de la moitié des objectifs assignés à Bagdad par le Congrès, M. Bush a voulu y voir une preuve de la validité de sa stratégie. « Ce rapport montre que les circonstances peuvent changer, que des progrès peuvent être faits et que la bataille en Iraq peut être gagnée », a-t-il dit samedi. George W. Bush a cité la province d’Anbar, où la situation sécuritaire s’est selon lui « améliorée » depuis que des tribus locales ont rejoint les forces de la coalition pour combattre Al-Qaëda. Il a affirmé que les forces américaines tentaient de « reproduire » ce schéma dans d’autres zones, en particulier à Bagdad.

Pourtant, le document relève notamment que le gouvernement iraqien a échoué à préparer ses forces pour les opérations de sécurité dans ce pays ravagé par les violences. Ce document a observé aussi que le Parlement iraqien n’a pas réussi à adopter une loi décisive sur l’industrie pétrolière du pays qui pourrait atténuer les hostilités entre les chiites et la minorité sunnite du pays. Il est aussi critique à l’égard du gouvernement Maliki, qui n’a pas réussi, selon lui, à obtenir une loi facilitant l’accès à des postes publics aux anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein. Ces aspects sont considérés par Washington comme des points essentiels pour la réconciliation nationale en Iraq, plus de quatre ans après l’invasion américaine, en mars 2003.

Si le président Bush est tenace dans la défense de sa stratégie en Iraq, le premier ministre iraqien, Nouri Al-Maliki, ne l’est pas moins. Pour ce dernier, le rapport d’étape de la Maison Blanche n’est « pas tout à fait juste », laissant entendre que le document n’avait peut-être pas pris en compte « tous les problèmes avec précision ». Al-Maliki a estimé samedi que le rapport d’étape américain sur l’Iraq était « positif » mais pas tout à fait juste, soulignant que les forces iraqiennes étaient prêtes à prendre le contrôle des opérations de sécurité dans le pays. « Cependant, les forces de sécurité ont besoin de davantage d’équipements et de formation », a-t-il dit, soulignant qu’elles avaient gagné en confiance en exerçant un rôle plus important dans la gestion des opérations.

Mais, ni les propos de Bush ni ceux d’Al-Maliki sont à même de convaincre l’opinion publique. Analystes et politologues sont bien conscients que la situation est dramatique et incontrôlable par les Iraqiens aussi bien que par leurs alliés américains. « Les armées fuient les régions où les soldats américains sont déployés pour d’autres que les forces d’occupation n’arrivent pas à atteindre. Preuve de l’inefficacité de leurs opérations. Bien plus, les conflits interethniques font ravage et augurent une guerre civile et la chute du gouvernement d’Al-Maliki », souligne-t-on.

 

La grogne gagne les Etats-Unis

Ce constat n’est pas seulement l’avis des observateurs, mais aussi des Républicains eux-mêmes. Deux influents sénateurs républicains ont déposé, vendredi, un projet de loi exigeant que le président présente à la mi-octobre un plan prévoyant à partir de fin 2007 un retrait des soldats américains d’Iraq. Selon le texte mis au point par Richard Lugar et John Warner, le président devrait présenter au Congrès un nouveau plan une fois connue l’évaluation définitive de la situation sur le terrain que le commandant des forces américaines en Iraq, le général David Petraeus, doit présenter le 15 septembre.

L’initiative des deux sénateurs républicains révèle que les Républicains sont de plus en plus convaincus que l’Iraq est devenu une cause perdue et que d’ici septembre et la publication du rapport définitif, la marge de manœuvre du président risque d’être sérieusement réduite. Les Républicains craignent ne pas pouvoir récolter des voix lors des prochaines élections présidentielles et législatives. Ils ont donc opté pour critiquer la politique de Bush et demander le retrait progressif des troupes américaines pour ne pas perdre leur légitimité.

Les Américains ont perdu plus de 3 600 hommes, des dizaines de milliers d’Iraqiens sont morts, et les sondages montrent que la guerre devient de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis : plus des deux tiers (68 %) des Américains désapprouvent la stratégie de George W. Bush, selon un sondage publié par le magazine Newsweek. Côté démocrate, les critiques fusent également de toutes parts, sans pourtant présenter une solution. Le problème, c’est que « beaucoup d’élus démocrates sont peu enclins à prendre la question iraqienne à bras-le-corps ou à prôner une alternative claire à la politique du président (...) pour ne pas avoir à assumer la responsabilité de ce qui pourrait mal tourner », note Jon Alterman, spécialiste du Proche-Orient et membre du groupe de réflexion CSIS, établi à Washington. « Ils disent que le président nous a mis dedans et qu’il peut nous en sortir. Ce que je trouve étonnant aujourd’hui, c’est qu’au sein de l’opposition, on ne voit pas d’alternative claire », conclut-il .

Rania Adel

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