Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Timide pas vers une reprise du dialogue
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 Semaine du 18 au 24 juillet 2007, numéro 671

 

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Liban. La réunion interlibanaise de Celle Saint-Cloud, près de Paris, a simplement permis de renouer le dialogue interrompu entre les protagonistes de la crise libanaise. Le plus dur reste à faire pour sortir le pays de la paralysie politique. 

Timide pas vers une reprise du dialogue

Neuf mois après le déclenchement de la crise interlibanaise, rien n’augure encore une solution prochaine à même de mettre fin au blocage politique au pays du Cèdre. Après les multiples médiations de la Ligue arabe et les va-et-vient de son secrétaire général, Amr Moussa, c’était cette semaine au tour de la France de tenter une intervention pour réconcilier les différentes parties libanaises. C’est donc le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a pris l’initiative de réunir les protagonistes libanais, samedi et dimanche derniers, près de Paris. Une table ronde qui a permis simplement de briser la glace en renouant le dialogue entre la majorité et l’opposition libanaise, rompu depuis la démission, en novembre 2006, des six ministres représentant l’opposition. La réunion, à laquelle ont assisté une trentaine de délégués représentant 14 formations politiques pro-gouvernementales ou d’opposition, n’a donc pas donné grand-chose. Pas de communiqué final ni de résultats concrets à cette réunion dite informelle. « Il y a eu des avancées importantes dans le dialogue entre les représentants des communautés libanaises », a simplement dit le ministre français des Affaires étrangères, qualifiant la rencontre d’« utile ». « Ce dialogue se poursuit entre les Libanais sur le territoire libanais (...). Je crois qu’ils ont brisé la glace. Je crois qu’ils étaient très heureux de se parler », a ajouté le ministre. Toujours selon M. Kouchner, les 14 formations présentes à ces entretiens ont « réaffirmé leur attachement au plein respect des fondements de l’Etat libanais, à la souveraineté, à l’indépendance » et ont aussi exprimé « le rejet de toute tutelle extérieure ». Les délégués présents à Celle Saint-Cloud (ouest de Paris) se sont aussi déclarés favorables à l’élaboration « d’un code d’honneur dans l’utilisation des médias » et ont rejeté « la violence comme moyen politique ».

 

Paris soutient Siniora

Si ces déclarations ne signifient pas grand-chose au bout du compte, Paris, qui a toujours eu un intérêt particulier envers Beyrouth, compte poursuivre ses efforts. M. Kouchner, qui a déclaré après la réunion qu’elle avait permis « d’amorcer un dialogue » entre les différentes parties, a également annoncé qu’il se rendrait à Beyrouth le 28 juillet pour en constater les progrès. Avant lui, c’est l’émissaire français Jean-Claude Cousseran qui se rendrait à nouveau à Beyrouth ce mercredi. Et pendant que les protagonistes libanais étaient réunis en France, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, était lui au Liban pour réaffirmer le soutien de la France au « gouvernement légitime » du premier ministre libanais, Fouad Siniora. Un soutien que M. Morin a qualifié de « sans faille, absolu, pour le combat qu’il (M. Siniora) mène en faveur des institutions légitimes du Liban ». « J’ai rappelé la position de la France, qui souhaite à la fois l’unité et la souveraineté du Liban », a déclaré à la presse Hervé Morin après ses rencontres avec les responsables libanais.

Or, le soutien français n’est sans doute pas suffisant pour sortir de l’impasse. Dans un climat alourdi par les attentats et les combats avec des combattants islamistes soupçonnés d’être proches d’Al-Qaëda dans le camp de Nahr Al-Bared, cette crise politique menace de s’aggraver à l’approche de l’élection présidentielle prévue à partir du 25 septembre.

Sur le terrain, en effet, la situation est loin d’être calme. Lundi, une explosion a légèrement endommagé un véhicule de la Force Intérimaire des Nations-Unies au Liban (Finul) dans la localité de Qasmiyé, dans le sud du Liban. Alors que dans le nord, les combats ont doublé d’intensité en début de semaine à Nahr Al-Bared, où l’armée libanaise a annoncé dimanche avoir pris des « positions stratégiques ». Depuis jeudi dernier, l’armée a lancé la phase finale de la bataille contre le groupe islamiste sunnite, qui se dit proche par l’idéologie d’Al-Qaëda et s’était infiltré en 2006 dans cet immense camp de réfugiés proche de la frontière syrienne.

Cette tension, à laquelle s’ajoutent les nombreux attentats visant des personnalités politiques, ne fait que compliquer la crise politique, qui a, pour toile de fond, le rôle de la Syrie voisine et qui ne peut être réglée sans un compromis avec Damas .

Abir Taleb

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