Politique.
Arab Insight est un périodique
américain gratuit élaboré entièrement par des chercheurs
arabes. Au sommaire du premier numéro, l’islam et
l’Amérique.
Mieux connaître l’autre
Thème cher aux Américains, peut-être encore à la mode depuis
ce 11 septembre, l’islam. Le périodique publié par le World
Security
Institute à Washington y revient sur les 112 pages de
sa première édition. Thème infiniment riche qui englobe
l’islam militant et l’islam politique dans les quatre coins
du monde arabe. Ici, on dissèque cette généralisation au
sujet des partis ou mouvements islamistes. Déjà sur sa
couverture plastifiée et sobre s’annonce le sommaire : deux
parties avec quatre articles chacune. « La politique
américaine et les islamistes » et « L’islam en dehors de la
mosquée ». L’occasion de revenir sur les Frères musulmans d’Egypte,
les chiites d’Iraq, ou les islamistes de l’Afrique du Nord.
La nouveauté n’est cependant pas dans le thème ou les sujets
traités mais dans leurs auteurs. Des noms rarement
exploités, des chercheurs plutôt jeunes « du moins selon la
notion arabe », précise Mohamed
Al-Menchawi, le rédacteur en chef qui dirige aussi
Taqrir Washington, une revue en
arabe publiée par le même institut américain. Si
Taqrir s’efforce de porter une
image pragmatique et réelle de l’Amérique en arabe pour le
monde arabe, Arab Insight a pris
à son compte de déchiffrer le tableau complexe des Arabes et
le présenter aux intellectuels, preneurs de décisions et
responsables américains, dans leur langue et à travers de
nouvelles voix.
Des voix qui ne disent pas forcément ce que l’Oncle
Sam veut entendre ou avait
l’habitude de l’entendre. Initiative inouïe. La démarche est
peut-être simple et ambitieuse, mais l’objectif ne l’est
pas. Menchawi le résume par «
une tentative susceptible d’influencer la politique
américaine ». Une sorte de lobbying qui passerait non pas
par des pressions, mais par une meilleure appréhension de
l’autre. Ainsi, pour son 2e numéro qui sortira la veille de
l’anniversaire du 11 septembre, Arab
Insight tentera-t-il de répondre à la question qui ne cesse
de revenir : « Est-ce que nous haïssons l’Amérique ? »
.
Samar
Al-Gamal