Al-Ahram Hebdo, Evénement | Bataille pour la survie
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 Semaine du 18 au 24 juillet 2007, numéro 671

 

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Privatisation. Les banques publiques Ahli et Misr peinent à conserver leur place sur le marché égyptien face à la rude et nouvelle concurrence, imposée depuis peu par l’arrivée d’établissements étrangers.

Bataille pour la survie 

« Il m’a fallu 4 jours successifs pour retirer de l’argent à la banque Misr. A chaque fois j’ai dû attendre 4 heures, dans l’espoir que le système informatique serait réparé », se plaint Nadia Sami, fonctionnaire, qui pense sérieusement à déposer ses petites économies dans l’une des nouvelles banques étrangères. La banque Misr, jusqu’à l’heure numéro deux en Egypte, peine en fait à concurrencer avec ces nouveaux établissements ces dernières années.

Les banques étrangères détiennent actuellement 30 % de l’activité bancaire en Egypte, contre seulement 20 % il y a 3 ans. « Cette part pourrait atteindre les 35 % en cas de vente de la Banque du Caire qui détient 6 % du marché bancaire », estime Mohamad Ezzeddine, directeur du département de crédit auprès de la banque NSGB.

Cette tendance est en fait soutenue par le plan de modernisation du secteur bancaire adopté par la Banque Centrale d’Egypte en 2004. Ce plan, inspiré de la Banque mondiale, vise la réduction du nombre des banques publiques en faveur des privées. Mais il ne fait pas l’unanimité. « Cette situation menace l’existence des banques publiques. Car les nouveaux acteurs étrangers offrent de nouveaux services diversifiés », rétorque Mohamad Noureddine, ex-directeur du département des recherches auprès d’Arab Bank.

La concurrence privée-publique est allée même jusqu’au « vol » des cadres des banques publiques. « Les banques étrangères les séduisent par leurs hauts salaires. Ce phénomène va certainement porter atteinte aux banques publiques. Avec une mauvaise performance, il serait ainsi plus convainquant dans l’avenir de les vendre », avertit Mohamad Noureddine.

Il existe aussi deux autres obstacles entravant l’amélioration de la performance des banques publiques. A savoir, un énorme sureffectif et le manque de formation du personnel. Mohamad Barakat, président de la banque Misr, avoue qu’il a dû ouvrir la porte aux retraites anticipées. « 2 000 des 5 000 employés ont quitté la banque le mois dernier », explique-t-il, lors d’un entretien télévisé. Concernant le manque de formation, Sahar Al-Sallab, vice-présidente de la Commercial International Bank (CIB), estime : « Pour réussir à concurrencer, les deux banques publiques devraient allouer une somme annuelle à la formation de leurs employés ». Elle donne l’exemple de la CIB, qui a dépensé plus de 200 millions de L.E. l’année dernière en stages de formation de ses employés. Opinion partagée par Mohamad Noureddine, affirmant que « le gouvernement devrait injecter des sommes suffisantes pour la modernisation technique et administrative des banques publiques ».

Dans l’autre camp, Ahmad Qoura, ex-président de la banque Al-Watani Al-Masri, se montre plus confiant quant à la performance des banques publiques. « Le secteur bancaire était ouvert aux étrangers depuis une trentaine d’années, sans menacer l’existence des banques publiques ». Selon lui, les banques Ahli et Misr sont les plus anciennes en Egypte. Elles possèdent un réseau incomparable de filiales dans le pays, avec 401 filiales pour la banque Ahli et 318 pour la banque Misr. Ainsi, les deux banques possèdent-elles ensemble une part importante du marché, soit 41 %. La Banque Nationale (Ahli), à elle seule, détient le quart du marché.

La banque Misr se prépare déjà depuis deux ans à améliorer sa performance. Elle a ainsi opté pour une augmentation de son capital à travers un crédit conjoint de la Banque mondiale et la Banque de développement africain. Mohamad Kafafi, directeur exécutif de la banque, reconnaît l’ampleur du défi, mais semble tout de même confiant, assurant lors d’un entretien à l’agence Reuters que ces deux dernières années, malgré une légère baisse de sa part de marché, l’activité de la banque augmente, tout comme le nombre de ses clients.

Dahlia Réda et Gilane Magdi

 

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