Privatisation .
Annoncée soudainement, la mise en vente très prochaine de la
Banque du Caire a créé la surprise et déchaîné les critiques
dans un marché qui séduit les étrangers.
La Banque du Caire, salvatrice de l’Egypte
La
Banque du Caire a été fondée deux mois seulement avant la
Révolution de juillet 1952, soit le 15 mai de cette même
année. Il s’agissait alors d’une société anonyme dotée d’un
capital de 500 000 livres égyptiennes, appartenant à un
groupe d’investisseurs égyptiens, dont trois
Wafdistes députés :
Abdel-Hamid
Séragueddine, et son frère Fouad
Séragueddine, Maurice Doss,
député de la circonscription de
Mankabad, du gouvernorat d’Assiout et
Abdel-Latif
Al-Marzili, le directeur d’affaires du prince
Wahid
Yousri, appartenant à la résistance contre les
Anglais. La Banque du Caire est alors la deuxième banque
égyptienne fondée avec un capital entièrement égyptien,
tandis que la majorité des établissements bancaires œuvrant
en Egypte à l’époque étaient étrangers.
Après le déclenchement de la Révolution de juillet 1952 et
la nationalisation du Canal de Suez en 1956, le pays connaît
une grave crise économique en raison du blocus imposé. Les
banques étrangères ainsi que les filiales des banques
étrangères présentes en Egypte refusent donc de financer
l’importation des denrées élémentaires et des médicaments.
Bien plus, celles-ci n’achètent pas la récolte de coton des
paysans, une catastrophe pour un pays dont 90 % de
l’économie dépendait de cette culture. Les banques
étrangères avaient l’habitude de financer les commerçants
égyptiens pour qu’ils achètent le coton des paysans et se
chargent de l’exporter. La direction politique égyptienne a
alors recours aux deux banques égyptiennes, la banque Misr
et la Banque du Caire. A elles deux, elles financent l’achat
de l’ensemble de la récolte de coton pour un montant de 2
millions de livres égyptiennes, soit 4 milliards selon les
prix d’aujourd’hui. C’est ainsi qu’elles ont sauvé les
paysans égyptiens ainsi que tout le pays d’un véritable
marasme .
Osman
Fekri