Al-Ahram Hebdo, Evénement | Une corde très sensible est touchée 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 18 au 24 juillet 2007, numéro 671

 

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Privatisation .  Annoncée soudainement, la mise en vente très prochaine de la Banque du Caire a créé la surprise et déchaîné les critiques dans un marché qui séduit les étrangers.  

Une corde très sensible est touchée  

« Pourquoi décider de vendre 8 mois seulement après la vente de la Banque d’Alexandrie ? ». La question est sur toutes les lèvres. Car le gouvernement a étonné le milieu des affaires la semaine dernière en annonçant la cession de 80 % du capital de la Banque du Caire, quatrième banque égyptienne. Les 15 % des actions restantes seront échangées en Bourse et les 5 % autres vendues aux employés. Et le gouvernement semble très pressé puisque, a-t-il dit, la vente aura lieu au maximum dans un an. « A la fin de cette semaine, nous allons choisir l’organisme qui sera chargé de la vente, parmi 42 institutions égyptiennes et internationales », annonce Mohamad Kafafi, vice-président de la banque Misr, détentrice de 100 % du capital de la Banque du Caire.

Il s’agit là d’un changement soudain dans le plan de réforme bancaire annoncé il y a trois ans par le gouverneur de la Banque Centrale d’Egypte (BCE). Cette dernière avait précédemment décidé que la Banque du Caire soit entièrement acquise par la banque Misr (numéro deux du marché), afin de pouvoir mener à bien une restructuration financière et technique (voir chronologique).

L’annonce de la mise en vente a déclenché une forte polémique. Beaucoup ont manifesté leur inquiétude de voir des étrangers, qui occupent déjà 29 % du marché bancaire égyptien, s’accaparer d’une plus grande part encore. Le mouvement « Non à la vente de l’Egypte » a même appelé les dépositaires de la Banque du Caire à retirer leurs fonds en signe de protestation générale. De son côté, le quotidien officiel Al-Akhbar s’est emparé de la question dans une enquête, se demandant où le gouvernement s’arrêtera. Mohamad Noureddine, ex-directeur du département des recherches auprès de la Banque arabe, estime quant à lui que le gouvernement se plie aux recommandations de la Banque mondiale qui a conseillé de ramener le nombre des banques publiques de quatre à deux. « Cette décision est purement économique et ne prend pas en compte l’intérêt politique. Le nouvel acheteur s’emparera de 6 % du marché. Cela pourrait élever la part des étrangers à plus du tiers du marché », affirme Noureddine. Celui-ci préférerait que la Banque du Caire soit vendue à des banques égyptiennes privées. Il les appelle ainsi à participer à l’enchère. « La Banque du Caire est une chance pour les banques égyptiennes surtout que ses mauvaises créances ont été transmises à la banque Misr », dit-il.

Alternatives avancées

Mais le gouverneur de la BCE ne se montre pas préoccupé de l’augmentation de la part de marché des étrangers. « L’important est d’avoir une banque centrale compétente pour limiter les manipulations du marché, ainsi que d’avoir deux banques publiques fortes pour concurrencer les étrangers », a estimé Farouq Al-Oqda, lors d’une conférence de presse, sans trop convaincre son audience. En fait, beaucoup d’experts bancaires craignent que les deux banques publiques restantes ne soient pas épargnées par la vente dans quelques années.

Autre argument avancé par Al-Oqda : l’impossibilité de financer les coûts de l’acquisition de la Banque du Caire par la banque Misr. « Ces coûts s’élèvent à 20 milliards de L.E. Ni la banque Misr, ni le budget de l’Etat ne peut l’assumer ». C’est pourquoi la BCE a fini par annoncer la vente de la Banque du Caire.

Même si plusieurs autres alternatives ont été avancées.

Sahar Al-Sallab, vice-présidente de la Commercial International Bank (CIB), interrogée par l’Hebdo, estime qu’un autre scénario aurait pu être envisageable : « L’idée de privatiser l’administration pouvait être une solution pour sortir de la crise », dit-elle. Opinion partagée par Ahmad Qoura, ex-PDG de la banque Al-Watani Al-Masri, qui explique que de nombreuses banques saoudiennes souffraient il y a quatre ans d’un problème de créances douteuses, ainsi que d’une faible performance. « Ce qui a mené le gouvernement saoudien, qui refuse de vendre ses banques, à privatiser uniquement la gestion en chargeant des cadres bancaires étrangers de restructurer la banque pour la rendre plus performante », expose-t-il. « On aurait aussi pu vendre une autre tranche de l’unique opérateur de téléphonie fixe, Telecom Egypt pour sauver la Banque du Caire », a fait remarquer Labiba Chahine, journaliste, lors d’une question adressée à Al-Oqda et qui n’a suscité aucune réponse de sa part. Il y avait également la possibilité de sacrifier trois milliards de dollars des réserves internationales en devises, qui ont atteint dernièrement un record de 27 milliards de dollars, avant de céder cet établissement, voire monument, bancaire national .

Dahlia Réda et Gilane Magdi

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La Banque du Caire en chiffres

Capital : 500 millions de L.E.

Nombre d’agences : 200.

Total de dépôts : 29 milliards de L.E.

Part du marché : 6 %.

Effectif : 8 500 personnes.

Le pêle-mêle des décisions

Novembre 2005          

La Banque Centrale Egyptienne (BCE) annonce la fusion de la Banque du Caire avec la banque Misr.

Juin 2006

Début des études d’évaluation du coût de la fusion.

Janvier 2007

La BCE annonce qu’au lieu de la fusion, la banque Misr absorbera la Banque du Caire. Celle-ci conservera son nom et ses agences.

Juin 2007        

Début d’un plan de retraite anticipée à la Banque du Caire pour ramener son personnel de 8 500 à 4 300 personnes.

Début juillet 2007       

L’hebdomadaire Al-Mal dévoile la vente des parts de la Banque du Caire dans des entreprises publiques. Les recettes, évaluées à 4 milliards de L.E., sont inscrites à l’actif de la banque Misr.

9 juillet 2007

Le gouverneur de la Banque Centrale annonce la prochaine mise en vente de 80 % de la Banque du Caire.

16 juillet 2007 

Le gouverneur de la Banque Centrale annonce que la Banque du Caire est « partiellement fusionnée » à la banque Misr (et non acquise). Ce qui veut dire que la banque Misr s’est accaparée d’une partie des actifs de la Banque du Caire. A savoir 20 agences, des parts dans 3 banques arabes ainsi que dans quelques sociétés égyptiennes et étrangères.

 




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