Atelier .
Journalistes et scientifiques viennent de se réunir au Caire
à l’initiative du Forum Arabe pour les Médias de
l’Environnement et du Développement (FAMED). Compte rendu.
Expliquer pour mieux vulgariser
« Les médias et les causes des changements climatiques ».
Tel était le thème de l’atelier organisé le 8-9 juillet 2007
au Caire par le Forum Arabe pour les Médias de
l’Environnement et du Développement (FAMED), en coopération
avec l’Institut régional d’Al-Ahram
pour la presse, et sous le patronage du ministre de
l’Environnement, Magued Georges.
Ce dernier a inauguré l’atelier en présence de l’ambassadeur
britannique, Derek
Plumbly, et le Dr
Moustapha Kamal
Tolba, expert international et
ancien directeur exécutif du Programme des
Nations-Unies pour
l’Environnement (PNUE). Cinquante-cinq participants, dont 25
venant des gouvernorats, ont représenté les différents
médias du pays durant l’atelier. « Le FAMED essaye d’attirer
l’attention des médias sur les sujets importants de
l’environnement et du développement, et de leur donner la
chance de discuter de ces sujets avec les experts les plus
renommés », commente Randa
Fouad, présidente du FAMED. Elle ajoute que cet atelier a
regroupé des représentants des différents gouvernorats
égyptiens qui seront victimes des changements climatiques.
L’Institut régional d’Al-Ahram a
commencé à aborder les problématiques de l’environnement il
y a quelques années. « Le rôle de l’institut est de donner
une opportunité aux représentants des médias de se former
aux sujets d’actualité et de leur expliquer comment les
traiter d’une manière la plus à même de toucher le public »,
déclare le Dr Howaïda
Moustapha, conseillère de
l’Institut régional d’Al-Ahram
pour la presse. Quant au Dr Tolba,
il avoue que très peu de journalistes égyptiens sont
capables de traiter des sujets sur l’environnement. « Le
thème de cette rencontre est très important pour deux
raisons : d’abord, le changement climatique est le sujet qui
s’est imposé dans la communauté internationale, surtout
cette dernière année. Ensuite, l’atelier permet un
rapprochement entre médias et spécialistes, qui sont souvent
incapables de transférer au
public une matière scientifique sèche », indique le Dr
Tolba. Pour lui, la plupart des
journalistes traitant de sujets scientifiques commettent de
nombreuses erreurs scientifiques, abordent des sujets d’une
manière superficielle ou versent dans l’exagération pour
attirer les lecteurs. « Or, il faut des journalistes
environnementaux au vrai sens du terme, qui soient capables
de vulgariser la matière scientifique pour atteindre le
néophyte et lui transmettre l’information sur différents
sujets environnementaux », estime le Dr
Tolba. Cependant, le journaliste expérimenté
Makram Mohamad Ahmad, qui a
présidé la première session de l’atelier, a fortement
critiqué les journalistes et l’hypocrisie régnante. « Les
journalistes dans la plupart des journaux égyptiens ne sont
pas bien formés, et cela ne soucie ni le ministère ni même
le syndicat. Pourtant, une bonne formation est essentielle
pour couvrir les sujets relatifs à l’environnement de
manière professionnelle », a-t-il dit.
La question du changement climatique a été abordée lors de
plusieurs sessions durant l’atelier, dont une sur la
situation de l’Egypte vis-à-vis des conventions et des
accords internationaux, présentée par le Dr
Al-Sayed
Sabri, surveillant de l’unité du changement
climatique au sein de l’Agence Egyptienne pour les Affaires
de l’Environnement (AEAE). Le Dr
Diaeddine Al-QoussI,
conseiller du ministre de l’Irrigation et des Ressources
hydrauliques, a parlé des effets du changement climatique
sur le réservoir hydraulique de l’Egypte. Le Dr Mohamad
Al-Raïe, professeur
à l’Institut des hautes études et
des recherches dépendant de l’Université d’Alexandrie, a,
lui, parlé des menaces qu’exercera le changement climatique
sur les côtes égyptiennes. Des sessions pour se former à la
manière d’aborder les sujets environnementaux ont été
animées par des journalistes expérimentés dans le
journalisme environnemental, comme
Fawzi Abdel-Halim,
Mohamad Abdel-Maqsoud et Suzanne
Zaki.
A vrai dire, la formation des journalistes est primordiale
pour améliorer leurs capacités et leur ouvrir les yeux aux
causes importantes menaçant la planète et leur pays. Mais il
faut ensuite savoir profiter de leur
travail .
Dalia
Abdel-Salam