Initiative.
Huit ONG, aidées par différentes agences internationales,
encouragent l’utilisation du vélo pour les courts trajets
dans les quartiers populaires afin de lutter contre la
pollution des moyens de transport à moteur.
Pédalez, c’est tellement propre !
Le
vélo semble revenu au goût du jour. Employés, instituteurs,
écoliers, étudiants de différents quartiers populaires de
Guiza et autres gouvernorats d’Egypte l’utilisent de plus en
plus pour leurs courts trajets quotidiens. Un phénomène
rendu possible par le travail du Programme des Nations-Unies
pour l’Environnement (PNUE) et le Fonds pour l’Environnement
Mondial (FEM). Leur projet « Vélo » a pour objectif de mieux
maîtriser les déplacements afin de réduire l’usage des
automobiles et autres engins à deux roues motorisés et, par
conséquent, d’améliorer la qualité de l’air. « 58 % des
déplacements dans les quartiers populaires sont d’une
distance inférieure à 5 km. Il apparaît alors possible
d’utiliser un moyen de transport non polluant tel que le
vélo », affirme Emadeddine Adli, le coordinateur national du
programme Micro-crédits du FEM. Il ajoute que ce projet,
appliqué dans les pays européens, asiatiques et même
africains, lui tient à cœur depuis longtemps. « Ces
continents s’alarment du réchauffement planétaire, ils
cherchent des solutions pratiques. Et puisque les gaz
d’échappement des véhicules produisent une quantité
importante de dioxyde de carbone, réduisons-la en ayant
recours à un moyen de transport propre », ajoute Adli.
Pour réaliser ce projet, Adli s’est attelé à convaincre huit
ONG, trois au Caire et à Guiza et les autres dans les
gouvernorats de la Haute-Egypte, d’implanter davantage un
mode de transport compatible avec le respect de
l’environnement et massivement utilisé dans les années 1960,
70 et 80. Chaque ONG a mis en place une campagne de
promotion du vélo dans sa région. Chacun des projets a coûté
800 L.E. Le prix de chaque vélo varie entre 125 et 150 L.E.
Pour garantir la durabilité du projet, chaque bénéficiaire
paie à crédit pendant un an et sans intérêt son vélo.
L’argent reçu au fur et à mesure permet d’acheter d’autres
vélos pour d’autres bénéficiaires.
Le projet a en fait vu le jour en 2003. Mais il n’a commencé
à porter ses fruits que lors de ces six derniers mois grâce
à l’Association de développement des femmes (ADEW), présidée
par Imane Beibars. « 300 personnes ont profité du projet ces
6 derniers mois et 600 autres recevront leur vélo la semaine
prochaine », note Imane Beibars. Avant de recevoir son vélo,
il faut remplir une fiche personnelle et préciser la raison
pour laquelle on en veut un. « Notre responsabilité est de
s’assurer que les informations sont justes et que le
bénéficiaire ne cherche pas à ouvrir un magasin de vélos,
par exemple », dit-elle. Et d’ajouter que pour encourager
les habitants à profiter du projet, il était important de
les convaincre que le vélo est le moyen de transport le
moins cher qui soit. « Le vélo ne me coûte presque rien. Je
dois payer 2 L.E. au minimum par jour pour faire en microbus
un trajet que je peux faire à vélo. Ce qui représente 60
L.E. par mois. En plus, avec un vélo, j’évite les
embouteillages », explique un habitant du Vieux-Caire. « Et
si un ennui mécanique survient, je peux confier mon vélo à
un magasin et le récupérer en quelques heures pour seulement
50 piastres ! », ajoute un habitant du quartier de Boulaq.
Une telle initiative peut certainement améliorer la qualité
de l’air. Mais il faudra aller plus loin pour faire la
différence, surtout dans la capitale .
Manar
Attiya