Sécurité.
Un important déploiement policier relevé dans les stations
de métro et autres lieux publics lance des spéculations sur
des menaces terroristes en Egypte.
Haute alerte
Deux camions venant de Libye chargés de produits hautement
explosifs sont entrés dans le pays à travers les frontières
... des lettres et des appels téléphoniques avec menaces
d’effectuer des attentats contre les touristes et les
Egyptiens : des informations qui ont suscité un état
d’inquiétude et qui ont obligé les autorités à renforcer les
mesures de sécurité dans le pays, notamment les stations de
métro, les gares ferroviaires, l’aéroport du Caire et les
centres commerciaux. S’agit-il de simples rumeurs ou
d’informations réelles ? Le gouvernement n’a pas tranché.
S’il n’a rien confirmé de manière officielle, il n’a fait
non plus aucun démenti. « Les mesures de sécurité que les
gens sentent actuellement ne sont qu’une sorte de
réactivation des procédures qu’applique souvent le ministère
de l’Intérieur », explique le général Hamdi Abdel-Kérim, le
directeur du département général des médias et des relations
publiques du ministère. Il explique que le ministère traite
n’importe quelle menace d’une manière sérieuse même s’il
s’agit de canulars, surtout que l’Egypte connaît
actuellement une affluence touristique. Ces mesures de
sécurité sont clairement ressenties par les citoyens. Par
exemple, dans la plupart des stations de métro, on trouve
des postes de contrôle où l’on exige parfois des passagers
leurs cartes d’identité. Certains sont même fouillés. Même
situation à la gare centrale du Caire où des agents de la
sécurité accompagnés de chiens policiers ne cessent de
circuler. Etat d’urgence aussi et fouilles partout, dans les
salles d’attente et celles de départ, dans les garages ainsi
que dans tous les accès de la zone de l’aéroport.
Ces mesures de sécurité ont porté leurs fruits pour le
moment, mais pas contre, des terroristes présumés mais des
criminels de droit commun, ainsi des repris de justice, des
trafiquants de drogue et des dealers ont été arrêtés. Les
perquisitions dans les garages et parkings ont révélé des
voitures abandonnées qui se sont avérées être volées. De
toute façon, l’alerte est prise au sérieux. Mais selon une
source policière qui a requis l’anonymat, tous les registres
où sont inscrites les voitures qui ont franchi les points
d’accès frontaliers, surtout celles en provenance de la
Libye, ont été vérifiés. Il s’est avéré que ces véhicules
n’avaient rien de suspect.
La même source explique que le ministère a renforcé les
mesures de sécurité par précaution, aucune erreur n’étant
admise. Quant aux observateurs, ils affirment que c’est
normal que le ministère de l’Intérieur traite sérieusement
les menaces au lieu de les négliger et que survienne alors
une catastrophe. Ils font ainsi allusion au massacre du
temple de Deir
Al-Bahari en 1997. Le ministère
avait reçu des menaces mais aucune mesure n’a été prise.
Mais pour Diaa Rachwan, chercheur au Centre d’Etudes
Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, ces mesures de
sécurité obéissent à des desseins politiques. « Je pense que
ces mesures ont été prises car la nouvelle loi
antiterroriste est en train d’être élaborée et elle sera
présentée prochainement au Parlement. Donc, c’est peut-être
une manière pour faire sentir aux citoyens la nécessité de
cette loi », estime Rachwan.
Il est à noter que ces mesures coïncident avec l’annonce de
l’arrestation en avril dernier de 35 personnes soupçonnées
d’avoir des liens avec l’organisation terroriste d’Al-Qaëda.
Mais ce rapprochement est nié par le ministère de
l’Intérieur, qui affirme que ces 35 membres ne font pas
partie d’Al-Qaëda, mais ils adoptent ses idées djihadistes.
Pour Diaa Rachwan, ce lien est complètement loin de la
vérité : « Al-Qaëda ne s’est pas infiltrée en Egypte tandis
que les groupes arrêtés de temps en temps sont individuels,
sans rapport avec la nébuleuse ».
Chérine
Abdel-Azim