Al-Ahram Hebdo, Egypte | Le Vatican, d’une crise à l’autre
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 18 au 24 juillet 2007, numéro 671

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Religion . Un document signé par le pape Benoît XVI affirmant que l’Eglise catholique est « la seule représentante du christ dans le monde » suscite des réactions controversées dans les milieux chrétiens en Egypte.

Le Vatican, d’une crise à l’autre

A peine la polémique provoquée par le discours du pape Benoît XVI sur l’islam et le prophète Mohamad apaisée que le chef du Vatican vient de provoquer un autre « brouhaha » dans les milieux chrétiens cette fois-ci. Un document de congrégation pour la doctrine de la foi chrétienne émis par l’Eglise catholique affirme que celle-ci est « l’unique véritable église du Christ » et que « les Eglises orientales qui ne reconnaissent pas le pape comme successeur de Pierre (l’apôtre qui a répandu la foi chrétienne en Occident) souffrent d’une déficience ». Le document estime que les communautés protestantes qui développent une autre conception de l’eucharistie et du sacerdoce ne peuvent être appelées « Eglises ». La publication de ce document a soulevé des réactions controversées en Egypte tant dans les milieux orthodoxes que protestants. L’Eglise copte orthodoxe a été la première à monter au créneau critiquant le Vatican. « De telles paroles attisent les tensions et suscitent des émotions négatives chez l’autre. Quelle est l’importance de publier un tel document qui ne fait que rompre toute union entre les différentes confessions chrétiennes ? », a déclaré le pape Chénouda III, chef de l’Eglise copte orthodoxe. La publication de ce document est venue élargir les différends théologiques et historiques déjà profonds qui existaient entre l’Eglise catholique de Rome et les Eglises orientales. « Nous pensons que ce document fait revenir les chrétiens à l’ère de la foi obscurantiste, à l’époque où l’Eglise catholique affirmait détenir la source unique d’indulgence (rémission du péché devant Dieu accordée uniquement par le pape et annulée en 1967 par le pape Paul VI) », assure Morqos Aziz, père de l’église Suspendue au Vieux-Caire. Les responsables de l’Eglise copte dénoncent, en effet, ce qu’ils estiment être une volonté de l’Eglise catholique d’imposer son leadership. Une conception qu’ils considèrent comme contraire à l’esprit même du christianisme. « Même si le pape Benoît XVI pense posséder la vérité absolue, et même s’il est entièrement convaincu que son Eglise est la seule Eglise du Christ, il est censé respecter les principes du Christ selon lesquels il ne faut pas se poser en juge afin de ne pas être jugé, car c’est de la façon dont vous jugez autrui qu’on vous jugera », lâche Youssef Sidhom, rédacteur en chef de l’hebdomadaire chrétien Watani, qui pense qu’il s’agit d’une violation des principes du respect d’autrui quelle que soit sa confession.

Arrivé en 2005 à la tête du Vatican, le pape Benoît XVI est connu pour ses positions plus radicales que celles de son prédécesseur Jean-Paul II qui s’est rendu en Egypte. Le récent document signé par le pape s’inscrirait, selon certains, dans le cadre de son plan visant à reconquérir sa place en Europe. L’Eglise copte orthodoxe n’était pas la seule à réagir contre le pape du Vatican. L’Eglise protestante s’est également élevée contre le document qui, selon elle, « porte atteinte à tous les efforts déployés durant les dix dernières années par les différentes confessions religieuses pour réaliser une certaine union et créer de nouveaux moyens de dialogue ». Le chef de l’Eglise protestante en Egypte, Safwat Al-Bayadi, a qualifié ce texte d’« intolérant » et de « non respectueux ». « Personne ne peut exclure quelqu’un de la grâce de Dieu car la porte du salut est ouverte à tous et Dieu en est le seul juge. Le problème du catholicisme est qu’il croit au caractère infaillible du pape. Ce qui est totalement erroné. Seul Dieu est infaillible. Le pape est un être humain, et donc sujet à commettre des erreurs », affirme Al-Bayadi. De l’autre côté de la barre, l’Eglise catholique en Egypte, présidée par le patriarche Antonios Naguib, essaye de justifier la position du Vatican dans une déclaration publiée samedi 14 juillet. Dans celle-ci, le patriarche affirme que ce document « est dirigé essentiellement aux catholiques », que son but est de leur définir les consignes de l’Eglise catholique et de leur montrer que leur Eglise représente tous les principes que le Christ a voulu y mettre. « Les fondements du catholicisme respectent toutes les Eglises et les considèrent comme des Eglises sœurs. Quant aux protestants, le document les considère comme des communautés religieuses du fait qu’ils ne reconnaissent pas la conception du sacerdoce (l’un des principes essentiels dans la foi catholique et orthodoxe) », explique-t-il. Des arguments qui ne semblent convaincre ni les coptes ni les protestants, qui attendent des éclaircissements du Vatican .

Marianne Youssef

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.