OCDE . L’Egypte est devenue membre du Comité sur l’investissement international et les entreprises multinationales. Elle s’engage, du coup, à entreprendre plus de réformes.

 

L’Egypte se rapproche du club

 

Le mercredi 11 juillet, l’Egypte est devenue le premier pays arabe et africain à signer la Déclaration de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) sur l’investissement international et les entreprises multinationales. Un fait que le gouvernement égyptien, en particulier le ministre de l’Investissement, et quelques économistes libéraux ont accueilli avec grande satisfaction. Samir Radwan, directeur exécutif du Conseil égyptien de la concurrence, s’enthousiasme à rappeler l’expérience malaysienne : quand l’ex-premier ministre malaysien, Mahatir Mohamad, avait signé cette déclaration, il avait affirmé que la liste des conditions pour qu’un pays soit membre à part entière de l’OCDE serait sa Feuille de route. Depuis, la Malaisie est l’un des pays les plus performants parmi les pays en développement.

L’Egypte est le 40e pays à adhérer à ce comité du club des pays riches, constitué principalement des 30 plus grandes puissances économiques du globe. Samir Radwan estime l’événement « historique pour l’économie égyptienne ». Il appelle ainsi le gouvernement égyptien à adopter, par exemple, la réglementation sociale imposée aux pays membres du club des riches, beaucoup humaine que les textes égyptiens. Il en est de même pour les normes concernant les infrastructures.

Un rapport élaboré pour soutenir l’adhésion de l’Egypte à la Déclaration de l’OCDE salue « les réformes importantes » entreprises depuis l’arrivée du premier gouvernement Nazif en juillet 2004, qui est aussi la date de naissance du ministère de l’Investissement, avec à sa tête Mahmoud Mohieddine, jeune et dynamique, mais surtout jugé trop « libéral ». Le rapport de l’OCDE souligne surtout l’introduction du principe d’égalité de traitement pour les investissements étrangers par rapport aux nationaux, la libéralisation complète de l’investissement dans les produits manufacturés (à l’exception des industries liées à la défense) et l’autorisation pour les étrangers d’exercer dans les domaines des services financiers et des télécommunications.

Ainsi, le gouvernement est-il félicité pour la multiplication des Investissements Etrangers Directs (IED) entre 2000/01 et 2006/2007 : « Le flux moyen des IED vers l’Egypte a crû de 100 % par an depuis 2001/02, contre une moyenne globale de 7 % et de 17 % pour les pays en développement », reconnaît-on dans le rapport.

Cependant, pour l’OCDE, davantage de « libéralisation » est indispensable. Entre autres, l’Egypte est ainsi priée de supprimer les restrictions toujours imposées sur les IED, comme les limitations sur la présence d’étrangers dans les secteurs de la construction, du transport, des services postaux, et les adjudications gouvernementales. Ou encore, la création des filiales d’entreprises étrangères dans l’assurance et la comptabilité. De même, l’Egypte est appelée à mettre fin au monopole étatique sur les télécommunications et l’électricité. Le gouvernement, qui mène actuellement des négociations avec l’Union européenne concernant la libéralisation de ces services, s’est déjà engagé devant l’OCDE à appliquer une échéance à la suppression, progressive, des restrictions imposées sur plusieurs services, construction et télécoms en tête. Des engagements examinés régulièrement par toutes les parties de la déclaration. Mais qui font aussi l’objet d’une croissante opposition de la part des professions visées .

Marwa Hussein