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 Semaine du 18 au 24 juillet 2007, numéro 671

 

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Pakistan . Les islamistes ont mis le président Pervez Musharraf dans leur collimateur, après l’attaque sanglante menée contre la Mosquée rouge.

Dans la logique du jusqu’au-boutisme

L’assaut contre la Mosquée rouge fondamentaliste d’Islamabad, la semaine dernière, semble être une victoire illusoire pour les autorités pakistanaises, car il n’a fait que plonger le pays de nouveau dans l’abîme de la violence. A vrai dire, le Pakistan connaît ces jours-ci un tournant assez dangereux, peut-être l’un des plus dangereux de son histoire. Depuis qu’il avait ordonné la semaine dernière l’assaut de la Mosquée rouge, qui a fait 86 morts, dont 75 islamistes, le président pakistanais Pervez Musharraf, allié des Etats-Unis dans la « guerre contre le terrorisme », est la cible de la colère des islamistes qui se sont afflués par milliers dans les rues des principales villes du pays, en brûlant l’effigie du président, appelant à le « détruire » en représailles à l’assaut contre la mosquée. A Islamabad, des milliers d’islamistes ont appelé à la guerre sainte et scandé « Gloire aux martyrs de la Mosquée rouge » au cours d’une manifestation organisée par la principale alliance des partis fondamentalistes, le Muttahida Majlis-e-Amal (MMA). Parallèlement, quatorze personnes, dont onze soldats, ont été tuées et plus de quarante autres blessées dans un nouvel attentat suicide qui a visé, dimanche, un convoi militaire dans le nord-ouest du Pakistan. Cette nouvelle attaque survient au lendemain de l’attentat suicide qui a tué samedi au moins 24 soldats quand un kamikaze avait alors précipité une voiture bourrée d’explosifs contre un convoi militaire dans le Waziristan du Nord, une région tribale du Pakistan frontalière de l’Afghanistan.

Selon les experts politiques, ces attentats sont une sorte de riposte à l’assaut. Mohamad Abdel-Salam, analyste politique, explique que Musharraf, par cet assaut, a fait d’une pierre deux coups : « Premièrement, Musharraf a dû battre d’une main de fer pour faire comprendre aux islamistes qu’il est décidé cette fois-ci à mener la guerre contre eux. Il n’avait pas le choix. Il était obligé d’attaquer la mosquée, abstraction faite des conséquences car sinon, les islamistes allaient poursuivre de plus belle leur défi contre son régime, ils pourraient aller jusqu’à s’emparer d’un ministère ou d’une institution importante. En ce moment, Musharraf serait paralysé et perdrait de son autorité. Le fait même que ces fondamentalistes étaient cachés dans une mosquée ne l’a même pas empêché de déclencher l’attaque ». Deuxièmement, Musharraf voulait donner un signal aux Etats-Unis qu’il se prépare à mener une sérieuse campagne contre les islamistes pour qu’ils lui donnent une assistance et des munitions en signe de soutien, continue Abdel-Salam. Les Etats-Unis avaient approuvé l’assaut le même jour, qualifiant de « responsable » l’attitude du gouvernement.

Décidé à poursuivre son chemin en dépit de tous les dégâts prévisibles, le président pakistanais a affirmé, cette semaine, que l’assaut était « inévitable ». « Je suis attristé par les pertes de vies humaines au cours de l’opération, mais nous sommes résolus à éliminer l’extrémisme et le terrorisme du moindre coin du pays », a déclaré le président. Lors de son discours, le général-président a demandé aux milliers d’écoles coraniques que compte le pays de prêcher la modération, appelant les imams de ces écoles à enseigner les véritables valeurs de l’islam et à éloigner l’extrémisme de leurs esprits.

En riposte à cette politique de Musharraf, le numéro deux d’Al-Qaëda, Aymane Al-Zawahri, a appelé à la guerre sainte contre le régime pakistanais. « Si vous ne vous révoltez pas, Musharraf va vous anéantir. Musharraf ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas éradiqué l’islam du Pakistan », a déclaré Al-Zawahri, qualifiant l’assaut contre la mosquée d’« agression criminelle ». Al-Qaëda et les Talibans afghans ont même appelé à des attentats contre des objectifs gouvernementaux pour affaiblir le régime de Musharraf. « La fin du défi de la Mosquée rouge n’est qu’un début d’une période d’instabilité, de violence et de chaos qui peut durer longtemps et avoir de graves séquelles sur le peuple et le gouvernement à la fois », pronostique Abdel-Salam .

M. Ch.

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