Exposition .
New Cairo Atelier a réuni les œuvres de trois familles
d’artistes. Une manière d’explorer leurs mondes et de
comparer les sensations.
Air de famille
Le
New Cairo Atelier, inauguré en octobre dernier, a décidé
apparemment de faire dans l’originalité en choisissant
durant cette saison d’organiser une expo familiale. Waël
Darwich et sa femme Hind Al-Falafili, Mohamad Abdel-Moneim
et sa femme Aya Fouad sans oublier leur fille Aani, et enfin
le dessinateur Alaa Loutfi et sa femme Nachwa Abdel-Fattah,
directrice de la galerie, ainsi que leur fils Ahmad.
« Ces familles se connaissaient déjà entre elles. La plupart
de ces artistes ont déjà exposé au New Cairo Atelier. Et les
œuvres de certains parmi eux font partie de la collection
permanente de la galerie. J’ai remarqué que les styles des
partenaires-peintres se ressemblent parfois », explique
Nachwa Abel-Fattah. C’est bien compris, tout se passe en
famille depuis déjà un moment. « Vu que la galerie vient
d’ouvrir ses portes en octobre dernier, je préfère organiser
des expositions en duo ou collectives. Ainsi, le public de
la galerie n’est-il pas propre à un seul artiste ».
Hind Al-Falafili et son mari Waël Darwich forment un couple
à part. A travers un seul et grand tableau, le pinceau de
Hind soutenu par les lignes de son crayon noir dresse une
scène de la vie quotidienne riche en couleurs : une femme
modeste en train de faire la lessive face à ses enfants. Une
œuvre qui baigne dans la réalité et qui s’oppose à
l’abstraction caractérisant les quatre petits tableaux de
son mari Darwich. Ce dernier évoque toujours des dualités :
un homme et une femme, un homme et son ombre ou des chimères
peintes à l’huile. Les couches de couleurs et les outils
utilisés par l’artiste donnent lieu à une texture assez
rêche.
Les tableaux de Alaa Loutfi et de sa femme Nachwa
Abdel-Fattah planent dans un autre univers. Lui excelle dans
les aquarelles avec un vieux navire en mouvement et des
femmes mythiques. Il s’inspire sans doute des contes pour
enfants publiés dans les magazines pour lesquels il
travaille. Elle, par contre, fait dans la nature usant d’un
style plus abstrait.
La troisième famille Mohamad Abdel-Moneim, sa femme Aya
Fouad et leur fille Aani esquissent des portraits aux
couleurs sobres. Une seule couleur pour le visage marque le
tableau avec quelques modestes ornementations. Les traits du
portait sont clairs chez Aya alors qu’ils sont plus
ombrageux chez Mohamad.
Mais comme à chaque exposition la gageure pour la directrice
est d’attirer un plus large public, étant donné que la
galerie se situe dans la nouvelle cité d’Al-Qahira
Al-Guédida (le Nouveau Caire) loin de l’ambiance plus
intellectuelle du centre-ville.
May
Sélim