Al-Ahram Hebdo, Sports |Mahmoud Choukri, « Les haltérophiles continueront à assurer la suprématie de l’Egypte »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 11 au 17 Juillet 2007, numéro 670

 

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Sports

Jeux Africains . Mahmoud Choukri, ex-président de la Fédération égyptienne d’haltérophilie et superviseur des sélections nationales d’haltérophilie, préside la délégation d’Egypte aux JA d’Algérie. Entretien. 

« Les haltérophiles continueront à assurer
la suprématie de l’Egypte »
 

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte veut s’imposer aux Jeux Africains (JA) d’Algérie. Mais a-t-elle les moyens de son ambition ?

Mahmoud Choukri : Bien sûr. Les différentes fédérations égyptiennes ont envoyé au Comité olympique égyptien leurs prévisions, selon lesquelles l’Egypte doit remporter 220 médailles, dont 85 d’or, soit un nombre supérieur à celui de l’édition précédente, lorsque les Egyptiens ont décroché 81 médailles d’or. Selon le Comité Organisateur des Jeux Africains (COJA), c’est le Nigeria qui a remporté le titre de la 8e édition des JA et non pas l’Egypte, car le COJA a accrédité le résultat publié par le Comité organisateur nigérian, qui a changé le résultat lors de la cérémonie de clôture des JA d’Abuja 2003. Ainsi, visons-nous à remporter le titre africain cette année pour prouver que l’Egypte est le meilleur pays africain.

— Pensez-vous que la tâche des Pharaons sera facile ?

— Non, pas du tout. La concurrence pour la première place africaine sera féroce entre l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie. Les pays africains ont connu un grand progrès. Chaque pays a un système propre qui lui convient. Par exemple, les pays qui n’ont pas de bon budget pour les sports ont concentré le leur sur quelques disciplines qui pourront réaliser de bonnes performances pour le pays, tels l’athlétisme, la natation et la boxe. Raison pour laquelle, depuis les JA du Caire en 1991, l’Egypte n’a gagné aucune édition de ces jeux. En 1995 et en 1997, c’est l’Afrique du Sud qui a décroché le titre. Tandis qu’en 2003, c’est le Nigeria qui s’est classé premier.

— En quoi ces jeux se distinguent-ils ?

— A cette édition, pour la première fois, l’équitation a intégré le programme des JA, une discipline qui n’est pas très connue en Afrique. Mais malheureusement, l’Egypte, qui possède de bons cavaliers, ne participera pas à cette épreuve, à cause des frais élevés du transport des chevaux. Cette édition possède une autre caractéristique : ces JA seront qualificatifs pour les Jeux Olympiques (JO) de Pékin 2008 dans 5 disciplines : le judo (7 catégories pour les hommes et 7 pour les dames), l’aviron (skiff et 2 de couples poids léger), la natation (en cas d’enregistrer le minima requis par la Fédération internationale), l’athlétisme (en cas d’enregistrer le minima requis par la Fédération internationale) et le water-polo. L’Egypte participera à toutes ces épreuves, sauf le water-polo. Les athlètes égyptiens viseront à affirmer leur qualification pour les JO à travers ces JA.

— Comment l’Egypte a-t-elle préparé ces Jeux africains ?

— Le président du Comité national des sports, Hassan Saqr, a augmenté le budget de la préparation des athlètes pour les Jeux africains et les Jeux arabes à 12 millions de L.E. Une somme qui a permis aux différentes fédérations égyptiennes de planifier un bon programme de préparation pour leurs athlètes. Presque toutes les disciplines qui figureront à ces jeux ont joui d’une préparation parfaite, surtout les disciplines olympiques qui préparent non seulement les JA, mais aussi les JO de Pékin 2008.

— L’haltérophilie est la discipline qui rapporte à l’Egypte le plus grand nombre de médailles aux JA. Les Egyptiens pourront-ils continuer sur leur lancée ?

— Les haltérophiles égyptiens sont d’un niveau très élevé et ils continueront à assurer la suprématie de l’Egypte sur le continent africain. Et cela malgré les problèmes que l’haltérophilie a vécus durant ces dernières années. Il est vrai que cette discipline a connu une sorte de recul, surtout après la déception des Jeux olympiques d’Athènes 2004 jusqu’au début de cette année lorsque les deux stars de l’équipe nationale, Nahla Ramadan, ex-championne du monde seniors, et Esmat Mansour, ex-championne du monde juniors, ont boycotté le camp de préparation de l’équipe et protesté contre la Fédération égyptienne. Mais depuis cet incident, le calme a régné au sein de l’équipe nationale et les athlètes ont commencé à reprendre leur rythme. Dès le début de l’année, l’équipe a effectué plusieurs stages de préparation, dont 2 à l’étranger, un en Syrie et un autre au Kazakhstan. Récemment, le jeune haltérophile Abdel-Rahmane Mohamad a remporté 3 médailles d’or en catégorie 105 kg lors des Championnats du monde juniors. Ainsi, la sélection nationale d’haltérophilie est-elle composée d’un mélange d’athlètes expérimentés et de jeunes qui pourront réaliser une bonne performance. En fait, la fédération égyptienne a promis de remporter 20 médailles, dont 10 d’or. Mais l’haltérophilie n’est pas la seule discipline capable de décrocher des médailles ; la lutte, le taekwondo, la natation et le karaté pourront aussi remporter un grand nombre de médailles pour le pays.

— Pensez-vous que l’augmentation des primes des médailles, annoncée par le Comité national des sports, pourra jouer un rôle dans la performance égyptienne ?

— Sans doute. Les primes sont une chose très importante en sport, car elles donnent une grande motivation aux athlètes. Aujourd’hui, les athlètes ne pratiquent pas le sport pour le simple plaisir, ils ont besoin d’un rendement financier pour que l’athlète puisse financer sa vie. Le système des primes a prouvé sa réussite. Il est à noter que les bonnes performances réalisées par les Egyptiens lors des JO d’Athènes 2004 (5 médailles, dont une d’or) étaient dues aux grandes primes annoncées par le ministère de la Jeunesse : un million de L.E. pour la médaille d’or.

Propos recueillis par Doaa Badr

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