Jeux Africains .
Mahmoud Choukri,
ex-président de la Fédération égyptienne d’haltérophilie et
superviseur des sélections nationales d’haltérophilie,
préside la délégation d’Egypte aux JA d’Algérie. Entretien.
« Les haltérophiles continueront à assurer
la suprématie de
l’Egypte »
Al-Ahram
Hebdo : L’Egypte veut s’imposer aux Jeux Africains (JA)
d’Algérie. Mais a-t-elle les moyens de son ambition ?
Mahmoud Choukri :
Bien sûr. Les différentes fédérations égyptiennes ont envoyé
au Comité olympique égyptien leurs prévisions, selon
lesquelles l’Egypte doit remporter 220 médailles, dont 85
d’or, soit un nombre supérieur à celui de l’édition
précédente, lorsque les Egyptiens ont décroché 81 médailles
d’or. Selon le Comité Organisateur des Jeux Africains (COJA),
c’est le Nigeria qui a remporté le titre de la 8e édition
des JA et non pas l’Egypte, car le COJA a accrédité le
résultat publié par le Comité organisateur nigérian, qui a
changé le résultat lors de la cérémonie de clôture des JA
d’Abuja 2003. Ainsi, visons-nous à remporter le titre
africain cette année pour prouver que l’Egypte est le
meilleur pays africain.
— Pensez-vous que la tâche des Pharaons sera facile ?
—
Non, pas du tout. La concurrence pour la première place
africaine sera féroce entre l’Egypte, l’Afrique du Sud, le
Nigeria et l’Algérie. Les pays africains ont connu un grand
progrès. Chaque pays a un système propre qui lui convient.
Par exemple, les pays qui n’ont pas de bon budget pour les
sports ont concentré le leur sur quelques disciplines qui
pourront réaliser de bonnes performances pour le pays, tels
l’athlétisme, la natation et la boxe. Raison pour laquelle,
depuis les JA du Caire en 1991, l’Egypte n’a gagné aucune
édition de ces jeux. En 1995 et en 1997, c’est l’Afrique du
Sud qui a décroché le titre. Tandis qu’en 2003, c’est le
Nigeria qui s’est classé premier.
— En quoi ces jeux se distinguent-ils ?
— A cette édition, pour la première fois, l’équitation a
intégré le programme des JA, une discipline qui n’est pas
très connue en Afrique. Mais malheureusement, l’Egypte, qui
possède de bons cavaliers, ne participera pas à cette
épreuve, à cause des frais élevés du transport des chevaux.
Cette édition possède une autre caractéristique : ces JA
seront qualificatifs pour les Jeux Olympiques (JO) de Pékin
2008 dans 5 disciplines : le judo (7 catégories pour les
hommes et 7 pour les dames), l’aviron (skiff et 2 de couples
poids léger), la natation (en cas d’enregistrer le minima
requis par la Fédération internationale), l’athlétisme (en
cas d’enregistrer le minima requis par la Fédération
internationale) et le water-polo. L’Egypte participera à
toutes ces épreuves, sauf le water-polo. Les athlètes
égyptiens viseront à affirmer leur qualification pour les JO
à travers ces JA.
— Comment l’Egypte a-t-elle préparé ces Jeux africains ?
— Le président du Comité national des sports, Hassan Saqr, a
augmenté le budget de la préparation des athlètes pour les
Jeux africains et les Jeux arabes à 12 millions de L.E. Une
somme qui a permis aux différentes fédérations égyptiennes
de planifier un bon programme de préparation pour leurs
athlètes. Presque toutes les disciplines qui figureront à
ces jeux ont joui d’une préparation parfaite, surtout les
disciplines olympiques qui préparent non seulement les JA,
mais aussi les JO de Pékin 2008.
— L’haltérophilie est la discipline qui rapporte à l’Egypte
le plus grand nombre de médailles aux JA. Les Egyptiens
pourront-ils continuer sur leur lancée ?
— Les haltérophiles égyptiens sont d’un niveau très élevé et
ils continueront à assurer la suprématie de l’Egypte sur le
continent africain. Et cela malgré les problèmes que
l’haltérophilie a vécus durant ces dernières années. Il est
vrai que cette discipline a connu une sorte de recul,
surtout après la déception des Jeux olympiques d’Athènes
2004 jusqu’au début de cette année lorsque les deux stars de
l’équipe nationale, Nahla Ramadan, ex-championne du monde
seniors, et Esmat Mansour, ex-championne du monde juniors,
ont boycotté le camp de préparation de l’équipe et protesté
contre la Fédération égyptienne. Mais depuis cet incident,
le calme a régné au sein de l’équipe nationale et les
athlètes ont commencé à reprendre leur rythme. Dès le début
de l’année, l’équipe a effectué plusieurs stages de
préparation, dont 2 à l’étranger, un en Syrie et un autre au
Kazakhstan. Récemment, le jeune haltérophile Abdel-Rahmane
Mohamad a remporté 3 médailles d’or en catégorie 105 kg lors
des Championnats du monde juniors. Ainsi, la sélection
nationale d’haltérophilie est-elle composée d’un mélange
d’athlètes expérimentés et de jeunes qui pourront réaliser
une bonne performance. En fait, la fédération égyptienne a
promis de remporter 20 médailles, dont 10 d’or. Mais
l’haltérophilie n’est pas la seule discipline capable de
décrocher des médailles ; la lutte, le taekwondo, la
natation et le karaté pourront aussi remporter un grand
nombre de médailles pour le pays.
— Pensez-vous que l’augmentation des primes des médailles,
annoncée par le Comité national des sports, pourra jouer un
rôle dans la performance égyptienne ?
— Sans doute. Les primes sont une chose très importante en
sport, car elles donnent une grande motivation aux athlètes.
Aujourd’hui, les athlètes ne pratiquent pas le sport pour le
simple plaisir, ils ont besoin d’un rendement financier pour
que l’athlète puisse financer sa vie. Le système des primes
a prouvé sa réussite. Il est à noter que les bonnes
performances réalisées par les Egyptiens lors des JO
d’Athènes 2004 (5 médailles, dont une d’or) étaient dues aux
grandes primes annoncées par le ministère de la Jeunesse :
un million de L.E. pour la médaille d’or.
Propos recueillis par Doaa Badr