Jeux Africains .
Riche d’une délégation de 528 personnes, dont 364 athlètes,
l’Egypte dispute l’édition 2007, du 11 au 23 juillet, en
Algérie. Avec un objectif : confirmer son rang de pays le
plus titré de la compétition. Mais la course s’annonce
serrée.
Le continent se rue vers l’or
L’Algérie
accueille du 11 au 23 juillet la 9e édition des Jeux
Africains (JA), un rendez-vous qui sera parmi les plus
relevés depuis Brazzaville, en 1965. Sur le plan de la
participation africaine, le moins que l’on puisse dire est
qu’il s’agit d’un record absolu avec la présence de 52 pays,
après que le Cap-Vert eut confirmé sa présence à Alger.
Donc, plus de 9 000 athlètes et officiels sont attendus. Par
ailleurs, deux pays dépassent le total de 1 000 inscrits à
ces jeux. Il s’agit bien sûr de l’Algérie, avec 1 201
participants, dont 423 athlètes hommes, 320 dames et 448
organisateurs. Le second n’est autre que le Nigeria, avec un
total de 1 060 participants, dont 421 hommes, 292 dames et
347 organisateurs. Viennent ensuite le Cameroun (670),
l’Afrique du Sud (533) et l’Egypte (528). Enfin, au chapitre
des disciplines, c’est l’athlétisme qui tient le haut du
pavé, avec 931 participants, suivi du football (521), du
volley-ball (490), du karaté (456), du basket-ball (430) et
des handisports (424). Vingt-neuf disciplines (23
olympiques, 3 non olympiques et 3 para-olympiques) sont au
programme.
Bien que la délégation égyptienne ne soit pas la plus forte
en nombre, les athlètes égyptiens sont à même d’arracher le
plus grand nombre de médailles. « Nous avons envoyé nos
meilleurs athlètes, ceux qui sont capables de remporter des
médailles. Notre objectif est que chaque athlète de la
délégation égyptienne récolte une médaille », souligne
Khaled Zeineddine, secrétaire général du Comité olympique
égyptien. L’Egypte participera aux 26 des 29 disciplines
enregistrées dans le programme des JA, et sera absente du
kick boxing, de l’équitation et du water-polo. Concernant
l’équitation, la cause réside dans les frais exorbitants du
transport des chevaux, alors que la non participation au
kick boxing et au water-polo reste sans raison.
L’Egypte mise sur certaines disciplines pour remporter le
plus grand nombre de médailles, tels l’haltérophilie, la
lutte, le taekwondo, la boxe, le judo, la natation et le
karaté. Ainsi, ces disciplines ont-elles été une bonne
préparation à ces jeux. « Nous avons bien préparé les JA
avec plusieurs stages, dont 2 à l’étranger, et nous visons
le plus grand nombre de médailles possibles. Mais nous nous
intéressons également à l’amélioration des records
personnels de nos athlètes qui préparent les Championnats du
monde qualificatifs pour les Jeux Olympiques (JO) 2008 »,
souligne Amr Ramadan, entraîneur de l’équipe
d’haltérophilie. D’un autre côté, la boxe veut prouver sa
supériorité africaine avant les éliminatoires africaines
qualificatives pour les JO de Pékin 2008. Forte de la
médaille de bronze obtenue par Tamer Salah (58 kg) aux
Championnats du monde de taekwondo, la sélection disputera
cette compétition pleine de confiance. « Ces jeux seront une
étape de préparation avant les qualifications pour les JO
2008 qui auront lieu dans quelques mois », confie Tamer
Salah.
Les éditions précédentes des JA ont vu la suprématie de
l’haltérophilie, qui a arraché le plus grand nombre de
médailles pour la délégation égyptienne. A Abuja, les
haltérophiles égyptiens ont remporté 33 médailles, dont 18
d’or. Grâce à ce nombre de médailles, ils ont affirmé leur
supériorité africaine. Le taekwondo, la lutte, la natation
et le karaté ont remporté chacun 6 médailles d’or, ce qui a
permis à l’Egypte de se tailler une place d’honneur. Cette
année, les différentes disciplines égyptiennes ont
enregistré 85 médailles d’or, soit un nombre nettement
supérieur à celui réalisé lors de la dernière édition, où
les Egyptiens ont remporté 81 médailles d’or. Leur mission
ne sera pas facile vu l’amélioration des sports africains.
Pour cette édition, les athlètes égyptiens sont plus motivés
côté médailles. Après les excellents résultats obtenus lors
des JO d’Athènes en 2004 (7 médailles dont une d’or), ils
commencent à avoir confiance dans leur capacité et ont
conscience que leur niveau est supérieur au niveau africain.
Ainsi, en Algérie, les Pharaons cherchent-ils à se prouver
avant les JO de Pékin 2008. De plus, ces jeux seront une
bonne opportunité pour les meilleurs athlètes égyptiens de
retrouver leur niveau, tels le champion olympique de la
catégorie 96 kg en lutte gréco-romaine, Karam Gaber, ou
encore l’ex-championne du monde (75 kg), Nahla Ramadan. En
outre, les Egyptiens sont très motivés cette année par
l’augmentation des primes pour les médailles obtenues aux
Jeux africains d’Algérie. En sports individuels, la prime
pour la médaille d’or sera de 25 000 L.E., contre 15 000
L.E. lors de la dernière édition, tandis qu’en sports
collectifs, la prime de l’or passera de 10 000 à 15 000 L.E.
Grand progrès
Depuis le début de cette compétition en 1965, au
Congo-Brazzaville, c’est l’Egypte qui a remporté toutes les
éditions jusqu’à celle du Caire, en 1991. Seul le titre de
1978 en Algérie lui a échappé, car elle s’est retirée des
Jeux 7 jours après leurs débuts pour des raisons de
sécurité. Avec 4 titres, l’Egypte est donc le pays le plus
titré de ces jeux (1965, 1973, 1978 et 1991). Cependant, il
est à noter que le niveau des pays africains a vu une nette
progression durant ces dernières années. Aux JA de Harare en
1995, l’Egypte a terminé 2e derrière l’Afrique du Sud. Et à
ceux de Johannesburg, en 1999, l’Egypte s’est contentée de
la 3e place derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria. Tandis
qu’à la dernière édition des JA, qui s’est déroulée à Abuja
en 2003, le résultat a pris deux figures. Selon les
Egyptiens, c’est l’Egypte qui a remporté cette édition, avec
215 médailles (81 d’or, 62 d’argent et 72 de bronze). Et
cela même si après la fin des épreuves, le Comité
organisateur nigérian, après une panne électrique survenue
lors de la cérémonie de clôture, a octroyé 7 médailles d’or
de plus à ses sportifs. Ce qui les classe en tête du tableau
final devant l’Egypte. Cette fois-ci, les Egyptiens n’ont
aucune intention de laisser échapper le titre africain. Mais
la mission ne sera pas facile. « Auparavant, l’Egypte était
le meilleur pays africain sans aucune concurrence, mais
aujourd’hui, la carte sportive du continent africain a
beaucoup changé », souligne Khaled Zeineddine. Car ces
dernières années, le sport a connu un grand progrès sur le
continent africain. Les pays africains commencent à
remporter des médailles dans les différents Championnats du
monde et dans les JA. L’athlétisme, la natation, le judo, la
boxe et le taekwondo ont permis à l’Afrique de réaliser de
bonnes performances internationales. Il est à noter que
récemment, le Mali a raflé une médaille d’or aux
Championnats du monde de taekwondo par le biais de son
athlète Daba Modibo Kéita. En fait, dès le début de la
participation de l’Afrique du Sud aux compétitions
africaines et internationales en 1991, les médailles ont été
abondantes. Donc durant les prochains JA, l’Afrique du Sud
représentera un grand défi pour l’Egypte, tout comme le
Nigeria et l’Algérie, qui joue à domicile.
L’Afrique du Sud enverra une délégation de 392 personnes en
Algérie. Ces athlètes la représenteront dans 26 disciplines
de la 9e édition des Jeux africains quadriennaux. « Les Jeux
africains contribuent à la promotion de l’esprit olympique
et constituent un grand rendez-vous pour les athlètes
africains », a indiqué le président de la Confédération
sud-africaine des sports et le comité olympique (Sascoc),
Moss Mashishi, avant d’ajouter : « Pour nous, les 13 jours,
du 11 au 23 juillet, représentent une partie importante et
intégrale du cycle quadriennal, qui comprend les Jeux du
Commonwealth, les Jeux mondiaux universitaires, les Jeux
africains, et enfin les Jeux olympiques ». L’Afrique du Sud
s’est classée à la première position de la liste des
médailles dans les JA organisés au Zimbabwe en 1995 et sur
son propre territoire en 1999, et à la troisième place, en
2003, au Nigeria.
Le Nigeria, qui participera à ces jeux avec une délégation
composée de 700 personnes, représente un autre défi pour l’Egypte.
D’une part, les Egyptiens veulent prouver leur supériorité
sur les Nigérians. D’autre part, le Nigeria veut à son tour
prouver qu’il méritait la première place aux JA d’Abuja en
2003. Mais il ne faut pas oublier l’Algérie, qui joue sur
son propre terrain. Ayant participé à l’ensemble des JA,
elle essayera, cette fois-ci, de ne pas se contenter de leur
organisation, mais de réussir une très bonne performance sur
le plan sportif. Les responsables sportifs algériens ont mis
la barre très haut en pronostiquant la deuxième place. Il
est clair qu’il s’agit d’un autre défi lancé par le pays,
même si la présence des délégations nigériane et égyptienne
ne va pas rendre la tâche facile. Toujours est-il que les
pouvoirs publics n’ont pas lésiné sur les moyens, notamment
financiers, pour offrir les meilleures conditions de
préparation aux différentes équipes algériennes, surtout que
l’Algérie sera engagée dans les 27 disciplines arrêtées pour
ces 9es Jeux africains.
Doaa
Badr