Al-Ahram Hebdo, Opinion | Ahmed YoussefAl-Qoreï, Israël, le processus de paix et le partenaire palestinien
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 Semaine du 11 au 17 Juillet 2007, numéro 670

 

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Opinion

Israël, le processus de paix et le partenaire palestinien

Ahmed YoussefAl-Qoreï
Politologue
 

Le mouvement national palestinien, dans sa globalité, traverse une période difficile. Si Sharon entendait ce qui se passe entre les factions palestiniennes aujourd’hui, il sortirait immédiatement de son coma. En effet, l’union du rang palestinien au cours des années de son mandat (de février 2001 à janvier 2006) représentait la pierre d’achoppement qui l’a empêché d’exécuter son plan criminel. Lorsqu’il a échoué à dicter ses conditions, il a renversé la table des négociations et a commencé à exécuter des arrestations et des assassinats parmi les cadres du Fatah et du Hamas. Par la suite, il a présenté son plan unilatéral et a déclaré avec arrogance qu’il allait tracer unilatéralement les frontières d’Israël sous prétexte de l’absence de partenaire palestinien capable d’accepter ses conditions draconiennes.

Lorsque Sharon est entré dans le coma, son adjoint Olmert a accédé au poste de premier ministre. Mais il n’a pas réussi à suivre sa ligne et les résultats dévastateurs de la guerre contre le Liban ont eu un coup fatal sur sa carrière alors qu’il croyait pouvoir devenir un Sharon n°2.

Quoi qu’il en soit, ce qui s’est passé chez les cadres du Fatah et du Hamas était une aubaine pour Olmert qui vacillait à la tête du gouvernement israélien. Il s’est alors empressé d’améliorer son image et a commencé à émettre des déclarations donnant l’impression qu’il est solidaire avec le Fatah contre le Hamas. C’est ainsi qu’il a déclaré que la formation d’un gouvernement palestinien modéré permettrait la reprise des négociations afin de parvenir à un accord permanent. Les déclarations d’Olmert sont une explication erronée de la réalité palestinienne. En effet, le président Abou-Mazen était honnête en déclarant que toute personne ayant brandi l’arme contre l’autre partie était responsable de la conjoncture actuelle. En personne responsable, il a promulgué la décision de la formation du nouveau gouvernement d’urgence sous la présidence du Dr Sallam Fayad.

Ceci signifie que la durée de vie du gouvernement d’urgence palestinien qui ne dépasse pas les 30 jours ne suffira pas pour instaurer un processus de paix permanent qui devait exister depuis 40 ans, depuis la promulgation de la résolution 242 en novembre 1967. Ceci signifie aussi que les déclarations d’Olmert sont absurdes et malhonnêtes. Elles ont pour seul objectif d’améliorer la position de son parti qui connaît des moments difficiles surtout après la victoire de Barak à la tête du Parti travailliste. De plus, ce dernier entrera certainement en concurrence avec Netanyahu (le président du Likoud). Ce sera la deuxième concurrence du genre après les élections de 1995. Mais les raisons de la réussite de Netanyahu sont plus grandes aujourd’hui car l’électeur israélien veut désormais un extrémiste, sanglant, expansionniste et à la mauvaise langue pour accélérer le dernier acte du processus de paix sur l’autel des massacres interpalestiniens.

Nous avons suffisamment entendu de déclarations et de promesses américaines et israéliennes. De plus, nous n’accorderons pas beaucoup d’importance aux déclarations d’Olmert car la légitimité palestinienne ne peut se lancer dans des négociations dans les conjonctures actuelles car le monde arabe et islamique continue à espérer l’union du rang palestinien à cause de nombreux facteurs.

Premièrement, le peuple palestinien est plus nombreux, plus fort et plus insistant que les deux ailles du Fatah et du Hamas qui s’entre-tuent et qui ont détruit ensemble un énorme édifice palestinien bâti depuis plus de 42 ans. Les affrontements entre les cadres du Fatah et du Hamas ne signifient pas qu’ils se sont propagés à toutes les classes, les institutions, les organisations et les forces du peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie. En effet, le Fatah et le Hamas ne sont que deux factions des nombreuses factions palestiniennes, plus d’une dizaine.

Deuxièmement, l’image palestinienne face à l’opinion publique internationale s’est fort détériorée après les affrontements entre le Fatah et le Hamas. Par conséquent, la mission du comité arabe formé à la suite du sommet de Riyad pour faire la propagande de l’initiative arabe est devenue extrêmement difficile. Le comité doit alors faire marche arrière et déclarer sa dissolution car il se devait de faire la propagande d’une initiative formée de 7 points essentiels dont le plus important est « l’instauration d’un Etat palestinien indépendant souverain sur les territoires palestiniens du 4 juin 1967 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza avec pour capitale Jérusalem Est ».

Personne n’écoutera un comité chargé de faire la propagande de l’Initiative de paix arabe alors que le sang continue à couler en Palestine. Pour sortir de cette crise, il vaudrait mieux que le comité retourne en Cisjordanie et à Gaza afin de concilier les conjonctures palestiniennes avant de jouer son rôle dans la propagande du processus de paix dans la région.

Troisièmement, le mouvement de résistance palestinienne avec toutes ses factions et ses ailes qu’elles soient sous l’ombrelle de l’OLP ou pas n’a pas essayé de profiter des leçons des mouvements de libération arabes, africains ou asiatiques qui ont réussi à réaliser l’indépendance de leurs pays après avoir réalisé l’union du rang national entre les divers fronts et factions sans faire couler le sang. Il suffit de faire allusion à l’expérience de la révolution algérienne et de l’Afrique du Sud. Par contre, dans les pays qui ne sont pas parvenus à réaliser prématurément l’union du rang national, les premières années d’indépendance ont été sanglantes comme dans le cas de l’Angola.

Enfin, libérer le secteur de Gaza ou la Cisjordanie sans Jérusalem ne réalisera pas l’espoir aspiré par la nation. Jérusalem est la question la plus importante et Jérusalem ne redeviendra arabe qu’avec l’union du rang et l’union de la nation .

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