Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, Une situation libanaise complexe
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 Semaine du 11 au 17 Juillet 2007, numéro 670

 

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Opinion

Une situation libanaise complexe

Salama A. Salama

Les observateurs, toutes tendances confondues, sont d’accord : la situation au Liban est extrêmement complexe et confuse. Deux choix se présentent : ou bien tenter de préserver le statu quo jusqu’à ce qu’un nouveau tournant décisif intervienne, sinon une explosion qui viendrait dénouer cet enchevêtrement. Ainsi la voie serait-elle ouverte à un dialogue raisonnable et fructueux. L’autre solution est que le Liban fasse l’objet d’une ingérence internationale faisant de ce pays le Kosovo du Proche-Orient.

La crise libanaise peut être résumée ainsi : il y a une partie qui tente de sauver le Liban pour lui éviter de tomber dans le piège des conflits et des litiges régionaux, où sont impliqués la Syrie, l’Iran et le Hezbollah d’un côté et Israël, les Etats-Unis et l’Europe de l’autre. Et puis, il y a une autre qui essaye d’entraîner le pays dans les méandres d’un conflit stratégique international visant à redessiner le Proche-Orient et ses zones d’influence.

Il semble que la première partie — soutenue partiellement par l’Egypte et l’Arabie saoudite — est la plus faible dans ce bras de fer que le gouvernement Siniora a tenté dès le départ d’instaurer. Cependant, cette politique ne s’est pas attiré de soutien suffisant de la part de la Syrie ni des forces de la majorité sous la houlette de Hariri suite aux différends qui les opposent. Ceci a eu lieu à l’heure où l’autre partie a exploité les conjonctures locale, régionale et internationale pour désagréger le front libanais et approfondir davantage ses divergences. Cette partie a réussi à saper le minimum d’entente qui a émergé à la suite de l’invasion israélienne l’été dernier. Elle a réussi en plus de reproduire les divergences, les litiges et la manipulation de la Constitution d’une manière plus aiguë qu’auparavant.

Ceux qui sont le plus frappés par la surprise ce sont les Libanais, même s’ils sont les plus résignés à la réalité qu’ils vivent et qui est excessivement embrouillée. Les Libanais voient aujourd’hui le dialogue comme un simple moyen d’acquérir un gain par ci et par là en attendant de voir l’impossible se réaliser. Sinon les efforts déployés par Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, auraient porté leurs fruits. Surtout qu’ils avaient mené à une certaine entente préliminaire en ce qui concerne les prochaines présidentielles prévues en septembre prochain et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mais une fois le secrétaire général de la Ligue arabe parti, les discours sur de nouveaux scénarios, dont l’éventuelle formation d’un deuxième gouvernement d’opposition à l’instar de la Palestine, ont repris. Une situation qui entraînerait inévitablement le chaos total et la paralysie. J’ai eu l’occasion d’écouter un grand responsable libanais, qui était en visite au Caire, faire le diagnostic du cas libanais, à la suite duquel j’étais pris par un pessimisme sans précédent sur ce qui peut éventuellement se produire les jours qui viendront. Il est étonnant que tout le monde estime que l’issue dépend exclusivement de la volonté des Libanais eux-mêmes. Il n’en demeure pas moins que le fait d’établir une comparaison entre la situation au Liban et en Palestine est une erreur. La démocratie libanaise a accumulé au fil de ses expériences un crédit raisonnable qui a préservé au pays son indépendance et sa souveraineté même dans les moments les plus difficiles. Le Liban, de son côté, n’est pas exposé quotidiennement à des violations et des agressions atroces perpétrées par les forces de l’occupation israélienne. D’autant plus que les forces syriennes ont quitté le territoire libanais perdant une bonne partie de leur influence. Beaucoup d’ailleurs ont prétexté qu’elles étaient la raison principale derrière la corruption de la vie politique libanaise. Cependant, le départ des troupes syriennes n’a fait que compliquer davantage la situation, quel est donc le mal capital ?

S’explique-t-il par une faiblesse intrinsèque aux forces politiques libanaises, chacune d’entre elles s’attachant à imposer ses conditions pour satisfaire les pressions étrangères. Ceci s’est manifestement révélé dans la résolution américaine imposant des sanctions à des personnalités syriennes et libanaises. Il faut savoir dans tous les cas que le règlement de la crise libanaise repose en grande partie sur l’entente syro-libanaise.

Les Libanais s’attendent-ils à une médiation franco-américaine ? Sarkozy réussirait-il là où Amr Moussa a échoué ? Ou bien c’est la chute de la capacité de résistance libanaise qui a laissé la porte grand ouverte aux complots extérieurs ?  

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