Maigres attentes
La réunion interlibanaise de Paris, destinée à renouer
le dialogue après plus de sept mois de crise politique,
se tiendra finalement du 14 au 17 juillet, en présence
du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner,
qui tentera de jouer un rôle de médiateur entre les
parties libanaises. Celles-ci devraient à l’occasion
renouer le « dialogue national » organisé par le
président du Parlement, Nabih
Berri, avec les 14 principales personnalités politiques
libanaises. Ce sont des représentants de ces
personnalités qui participeront à la conférence de la
Celle Saint-Cloud, en région parisienne.
L’organisation de cette conférence, évoquée depuis
plusieurs semaines à l’initiative de M. Kouchner, a pour
objectif de renouer le dialogue entre le gouvernement de
Fouad Siniora, appuyé par
l’Occident, et l’opposition dirigée par le Hezbollah,
allié de la Syrie et de l’Iran. Mais ni la majorité
anti-syrienne ni l’opposition ne s’attendent à des
progrès significatifs de cette réunion. « Ce sera une
rencontre de responsables de second niveau, si l’on peut
dire, et il n’y aura pas d’attente extrêmement exagérée
», a déclaré récemment M. Siniora.
La crise politique et institutionnelle au pays du Cèdre,
sans précédent depuis la fin de la guerre civile en
1990, a éclaté en novembre 2006 avec la démission de
cinq ministres chiites et d’un ministre chrétien,
membres de l’opposition. Elle pourrait encore s’aggraver
dans les semaines à venir, à l’approche de l’élection
présidentielle prévue le 25 septembre. Au Liban, le
président est élu par le Parlement, et, faute d’accord
notamment sur la composition d’un gouvernement d’union,
l’opposition menace de ne pas participer au scrutin,
voire de former un « second gouvernement » parallèle.
La crise s’est également cristallisée autour du tribunal
international chargé de juger les assassins présumés de
l’ancien premier ministre Rafiq
Hariri. La coalition au pouvoir, dirigée par son fils,
Saad Hariri, accuse l’opposition d’avoir fait obstacle à
sa mise sur pied afin de protéger Damas, soupçonné de
plusieurs attentats au Liban, dont celui qui a coûté la
vie à Hariri en février 2005. La Syrie rejette ces
accusations. Le Conseil de sécurité a finalement
approuvé unilatéralement ses statuts en mai, et la
nouvelle juridiction a officiellement vu le jour le 10
juin dernier.
Toutes les tentatives extérieures de médiation ont
échoué. La dernière en date, menée par la Ligue arabe en
juin, a été infructueuse. Ce qui a fait dire à des
diplomates impliqués dans la médiation que la solution
n’est plus entre les mains des Libanais mais entre
celles des puissances étrangères qui soutiennent l’un ou
l’autre camp .