Baccalauréat .
Grogne des correcteurs, examens difficiles, triche, feuilles
de réponses incendiées. Tel a été le lot des examens cette
année.
Une
session mémorable
Tout
a commencé avec la grogne de quelque 1 150 professeurs venus
des gouvernorats pour participer à la correction des
feuilles. Le ministère leur avait promis un logement à la
Cité pédagogique Moubarak au 6 Octobre.
Or, en
arrivant au Caire, les professeurs se voient loger dans une
cité universitaire aux conditions lamentables : coupure de
courant, manque de propreté, de services et une nourriture
plus que modeste. « Nous avons vécu une très mauvaise
expérience cette année », explique Mohamad Abdel-Rahmane,
professeur de langue arabe. Il ajoute que les repas fournis
par le ministère consistaient en un morceau de pain avec un
peu de fromage. « Dans de telles conditions, il fallait
acheter sa nourriture, alors que les primes perçues par ces
profs sont très modestes, entre 150 et 250 L.E. seulement »,
affirme-t-il. Les professeurs ont donc décidé d’organiser un
sit-in. Face à cette situation, le ministère de l’Education
a été obligé de déplacer les professeurs vers des hôtels
situés à proximité de la Cité Moubarak. Et trois repas
gratuits par jour ont été fournis aux profs.
Mais à
peine ce problème des correcteurs résolu qu’une série
d’autres allaient faire leur apparition. Ainsi, annonce-t-on
que les feuilles d’examens dans certains gouvernorats comme
Port-Saïd, Minya et Assiout sont parvenues aux étudiants
avant l’heure des épreuves. Le ministère de l’Education
reconnaît les faits, mais il est assailli par une autre
catastrophe. 1 721 feuilles de réponses de l’examen de
langue anglaise ont pris feu à Assouan.
L’affaire du bac 2007 a grossi et plusieurs députés ont
soulevé la question accusant le gouvernement de négligence.
Le député Farid Ismaïl a soumis au gouvernement une
interrogation où il dénonce des erreurs administratives en
série, qui ont fait que des élèves n’ont pas pu se présenter
aux examens, car on leur a dit qu’ils ne figuraient pas sur
les listes. « Qui assume donc la responsabilité ? »,
s’interroge le député. Les examens du bac font d’ailleurs
actuellement l’objet de vives discussions à la commission de
l’enseignement à l’Assemblée du peuple. Comment les feuilles
d’examens ont-elles pu parvenir aux élèves avant l’heure des
épreuves ? La salle centrale des opérations (chargée de
contrôler le déroulement des examens) a rédigé un rapport
sur cet incident. Selon ce document, « un magasinier à Port-Saïd
a volé les épreuves et les a vendues ».
Moustapha Abdel-Samie, directeur général de l’administration
des examens au ministère de l’Education, tente d’apporter
des explications : « Il y a eu une fuite des examens car un
employé s’en est saisi et a vendu les épreuves. C’est un cas
de figure qui peut arriver et qu’il est très difficile de
contrôler. Nous avons immédiatement réagi, l’employé en
question a été arrêté et une enquête est en cours ».
D’une
part, les étudiants, eux, se sont plaints de la difficulté
des épreuves, notamment la langue française, l’allemand,
l’anglais de même que l’algèbre et la physique. D’autre
part, des erreurs ont figuré sur les feuilles d’examens de
certaines épreuves comme les statistiques.
«
L’examen d’allemand était vraiment difficile cette année.
Aucune question ne figurait dans le programme scolaire », se
plaint Ahmad Ali. « La majeure partie des questions étaient
destinées à l’élève moyen et 15 % aux élèves avancés et de
niveau exceptionnel », lance Moustapha Abdel-Samie et
d’ajouter que le Centre national des examens, qui rédige les
épreuves, comprend un groupe de professeurs et de
spécialistes très compétents.
Un
discours apaisant qui ne tient pas la route face aux
multiples plaintes auxquelles le ministère n’a jusqu’ici pas
répondu.
Ola
Hamdi