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 Semaine du 11 au 17 Juillet 2007, numéro 670

 

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Arts

Cinéma. Baigné dans une atmosphère romantique moderne, Taïmour et Chafiqa de Khaled Mareï est un film plaisant sans être une réussite du genre. L’amour l’emporte sur la raison, avec un zeste d’action.

Délices du cœur

Taïmour et Chafiqa porte bien son titre, puisque le long métrage se concentre sur la vie quotidienne et l’idylle amoureuse de ces deux protagonistes.

Le début du film est accrocheur malgré son aspect narratif assez traditionnel. La jeune femme un peu sauvage décoince le type introverti. Puis, au fil des événements, l’histoire devient peu à peu passionnante.

Le film est construit sous forme de séquences, quasiment en huis-clos, séparées par de longues ellipses temporelles, allant de quelques semaines à plusieurs années. La relation entre les deux protagonistes se renforce, en dépit de leur éloignement sentimental apparent, chacun au profit de ses intérêts et de ses ambitions professionnelles.

On peut donc diviser le film en trois phases. La première partie, comique dans l’absolu, mettant en avant le rapport entre les deux personnages principaux depuis l’enfance. Taïmour, interprété par Ahmad Al-Saqqa, est un garde du corps de personnalités éminentes. Et sa bien-aimée, Chafiqa, jouée par Mona Zaki, est une jeune fille romantique, toutefois très ambitieuse.

La deuxième partie est plutôt axée sur les chagrins d’amour, même si la comédie maintient une place importante. L’héroïne abandonne sa docilité et sa résignation, pour défendre son droit à l’autodétermination !

Enfin, la troisième partie-épilogue pose la question : sont-ils faits pour s’aimer ?

Contrairement aux critiques adressées au film, le taxant d’antiféminisme, vu que Taïmour avait son mot à dire quant à l’avenir professionnel de sa bien-aimée, on peut néanmoins remarquer que les rapports de force et d’influence s’inversent avec le déroulement des événements. C’est une relation amoureuse adulte, en crise face aux assauts de la vie courante et de la raison.

Au niveau de la mise en scène, lorsqu’un monteur et réalisateur de vidéoclips passe au long métrage, son principal problème est de tomber sur un scénario solide et original. Khaled Mareï, qui a beau réaliser des dizaines de clips tous innovants du point de vue visuel, a réussi avec Taïmour et Chafiqa à rendre compte de leurs émotions par de gros plans judicieux. On ne peut qu’apprécier le soin apporté par le réalisateur à préparer la majorité de ses scènes.

Le choix du tandem Al-Saqqa et Mona Zaki tient de la valeur sûre. Les deux comédiens réussissent une osmose, une complicité de tous les jours. Dans leur sixième rencontre sur écran, le couple fonctionne à merveille. Al-Saqqa n’a aucune difficulté à interpréter avec conviction le policier têtu, absorbé par son travail et incapable. Et Mona Zaki a réussi à rendre crédible l’image de la fille romantique moderne.

Le scénariste Tamer Habib, réputé pour ses intrigues entrelacées et ses histoires imbriquées à succès, fait preuve d’une grande maîtrise de la narration et prouve qu’il dépasse son côté auteur pour se considérer comme « faiseur » de films. Habile artisan, il apporte un grand soin à ses personnages et à la complication des relations humaines. Plutôt étonnant de par la tonalité générale du récit, il faut bien attirer le public avec une petite dose d’adrénaline et de violence.

De l’action ? Bien sûr. Et c’est l’habitué Ahmad Al-Saqqa qui s’y colle. Les combats et nombreuses poursuites arrivent vers la fin du film gratuitement, sans grande nécessité dramatique.

Au pire, la morale du film est sauve et le romantisme est toujours présent, grâce au Happy End presque traditionnel du cinéma égyptien. Une conclusion à l’image de la dernière partie du film : sans grande finesse mais pétrie de bonnes intentions.

Yasser Moheb

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