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 Semaine du 11 au 17 Juillet 2007, numéro 670

 

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Arts

Musique.  Une nouvelle fois, la Palestinienne Kamilya Jibran fait escale au Caire où elle donnera deux concerts. A ses airs orientaux imprégnés de poésie, elle marie des sons électroniques.

Empreintes fusionnelles

La voilà de retour au Caire, après un premier concert donné il y a trois ans pour l’inauguration de la fondation Al-Mawred al-saqafi (ressource culturelle). Cette fois, le public égyptien est invité à partager la nouvelle expérience musicale de la Palestinienne Kamilya Jibran, avec notamment le musicien suisse Werner Hasler. Car, pour le concert du 17 juillet au théâtre Guéneina, tous les deux présenteront leur projet commun, sous le titre de Wamid (étincelle).

Réalisé en 2004, ce projet repose sur l’exploitation de la musique électronique permettant une manipulation sonore plus large à travers le synthétiseur, les échantillons sonores enregistrés et son interférence avec la musique instrumentale représentée par le oud (luth oriental). Cette fusion rythme, par la suite, les paroles tirées de la poésie arabe contemporaine signée par le Libanais Jibran Khalil Jibran, la Syrienne Aïcha Arnaout, la Jordanienne Sawsan Darwaza ou l’Iraqien Fadhil Azzawi ...

Jibran et Hasler se sont rencontrés en 2002 à Berne. Lui, venait du jazz et avait la réputation de « trafiqueur de sons électroniques ». Et elle, sortait d’une longue collaboration avec le groupe arabe Sabreen, commencée en 1982. Ils se sont retrouvés dans une certaine frénésie électronique, colorant leur aventure.

Pour le deuxième concert, prévu le 18 juillet, toujours au théâtre Guéneina, on retrouvera Kamilya Jibran, en solo, chantant son propre répertoire, qui témoigne aussi bien de son engouement pour l’expérimentation que pour la musique arabe traditionnelle. Douce brune, aux cheveux courts, toujours penchée sur son luth, elle passe du murmure au cri, maîtrisant complètement une voix aussi profonde que sensuelle.

Langage soigné

Originaire de Galilée, Kamilya Jibran est née en 1963, dans une famille d’artistes orthodoxes d’origine grecque. Ainsi a-t-elle subi des influences multiples, à commencer par les chants byzantins de l’église du village et les cantilations du Coran dont son père raffolait.

Son père, Elias Jibran, a été confectionneur de luth, son frère aîné Khaled Jibran est devenu plus tard joueur de oud, de bouzoq et fondateur du centre Urmawi pour la musique du Machreq. Grâce à la radio Sawt Al-Arab (voix des Arabes), elle découvre le répertoire égyptien classique avec la diva Oum Kalsoum et plus tard, dans les années 1970, les chansons engagées du Libanais Marcel Khalifé.

A 19 ans, elle rejoint le groupe palestinien Sabreen qui chante le destin palestinien, mais dans un langage soigné en évitant des mots comme « guerre », « pierres » … Elle y introduit, en outre, des textes de poètes palestiniens tels Mahmoud Darwich et Fadwa Touqan, ainsi que les textes du poète et romancier Hussein Al-Barghouti qui a accompagné le groupe jusqu’à sa mort en 2003.

Invitée en 2002 par la fondation du gouvernement suisse Pro Helvetia pour une résidence artistique de deux mois, elle a débuté dès lors sa collaboration avec Werner Hasler, musicien de jazz formé à la Swiss Jazz School de Berne. « J’avais soif, et j’ai encore soif d’expérimentations artistiques », a-t-elle souligné dans le quotidien français Le Monde. Ils ont créé ensemble la performance visuelle et sonore Mahattat (stations).

Depuis, elle s’est lancée dans ses recherches reposant sur le mariage des sons acoustiques, de ses chants, et de son oud avec le jazz et la musique électronique. Installée depuis cinq ans entre Paris et Berne, des thèmes comme le dépaysement, la répression, la fuite, les rêves du retour ... percent dans ses chansons. Elle avoue auparavant dans Le Monde : « Quand on vit sur place, on fait tout pour continuer à exister. Le simple fait d’aller au travail, d’envoyer les enfants à l’école est déjà une réussite. Alors, on ne voit pas à quel point tout se rétrécit chaque jour. Ici, je suis capable de respirer, de réfléchir, et ce regard plus objectif sur la situation me rend beaucoup plus triste ». Kamilya Jibran a renoncé à avoir peur .

Lamiaa Al-Sadaty

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Les 17 et 18 juillet au Théâtre Guéneina,

dans le parc d’Al-Azhar, rue Salah Salem. A 21h.

 




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