Al-Ahram Hebdo,Sports | La grandeur d’un rêve réalisé
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 Semaine du 6 au 12 juin 2007, numéro 665

 

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Sports

Alpinisme . Omar Samra, 28 ans, est le premier Egyptien à avoir atteint le plus haut pic du monde, le mont Everest, d’une hauteur de 8 850 m. Il nous raconte son parcours atypique.

La grandeur d’un rêve réalisé

« Depuis longtemps j’avais un rêve qui trottait dans mon imagination, brandir le drapeau égyptien sur le plus haut endroit du monde. J’ai réalisé ce rêve », confie avec émotion Omar Samra. A 28 ans, il a réussi à escalader le plus haut pic du monde, le mont Everest, d’une hauteur de 8 850 m, situé dans l’Himalaya, à la frontière du Népal et du Tibet. Il a fait partie d’une expédition composée de 5 personnes, dont 2 Britanniques (Tori James et Benjamin Stephens), un Sud-Africain (Greg Maud) et un autre Britannique qui était en camp de base (John Royden). Cette équipe a conquis le sommet en 70 jours. L’expédition a commencé le 26 mars pour s’achever le 24 mai. Mais c’est le 17 mai à 9 heures 49 minutes précises (7h20 heure locale) que Omar Samra a levé le drapeau égyptien sur l’Everest. « A ce moment, mon cœur était plein d’émotions. J’étais très heureux non seulement pour moi, mais pour toute l’Egypte. Ce jour-là, la chance était de notre côté car le temps était parfait, il n’y avait pas de nuages noirs et la vue était claire d’en haut. Donc, j’ai vu des centaines de kilomètres de terres à la ronde. A cet instant, j’ai senti la grandeur de Dieu qui a créé cet univers. Puis je me suis souvenu de tous les efforts que j’ai dû fournir afin d’atteindre mon but. En fait, j’ai revu ma vie défiler comme un film de cinéma ».

Le 26 mars, l’équipe de Omar, comme 30 autres équipes, commence l’expédition. « C’est la saison des expéditions du mont Everest. Car à cette période, le climat est clément, il n’y a pas de tempêtes », explique l’Egyptien. Les deux premières semaines ont été consacrées pour marcher sur les chemins balisés jusqu’au camp de base afin de s’habituer à l’air de cet endroit. « A cette période, j’avais mon frère avec moi. Le jour où il est parti fut un instant très difficile pour moi, car je me suis senti vraiment seul. Mais très vite nous avons commencé l’ascension ». Pour conquérir le mont Everest, on suit un système d’escalade particulier afin que le corps s’habitue à l’air ambiant. L’équipe monte du camp de base 1 jusqu’au camp 2, puis elle descend à nouveau au camp de base 1. Puis l’équipe remonte jusqu’au camp 2, puis 3 et redescend jusqu’au camp 2. Une série de montées et descentes jusqu’au camp de base n°4. « Lorsque j’arrive au camp de base 2, je me sens bien car je réalise que je peux arriver jusqu’au sommet ». Omar et son équipe ont plusieurs fois frôlé la mort. « Nous avons traversé des endroits très dangereux, mais le moment le plus difficile pour moi est lorsque j’ai vu une personne morte sur la montagne, sûrement parce qu’une avalanche de neige est tombée sur elle lorsqu’elle passait sur le même chemin où nous devions passer. Il suffit de penser qu’on aurait pu subir le même sort. Après avoir enterré le mort, j’ai pensé pendant un instant à faire demi-tour, mais ma confiance en Dieu et ma volonté ont joué un grand rôle dans mon succès ». Les 4 personnes qui composent l’équipe deviennent des amis durant cette escalade. « Pour escalader le mont Everest, il faut que l’équipe se mette d’accord sur plusieurs choses. Nous étions tous d’accord par exemple pour apporter notre aide à une personne dans la difficulté si elle se présentait. Nous étions tous d’accord également pour ne pas rebrousser chemin au cas où nous rencontrerions un cadavre sur le chemin ». Malgré tout, plusieurs groupes ont dû stopper leur expédition. « Pour réaliser un tel exploit, il faut en premier lieu un bon état physique, mais ce n’est pas tout. La personne doit avoir une volonté d’acier et la capacité de résistance qui lui permet de supporter les situations difficiles ».

Deux ans de mise en condition

Pour se préparer à gravir l’Everest, Omar et son équipe ont effectué 2 mois de préparation intense. Les alpinistes ont escaladé la montagne Cho Oyu (8,201 m), la 6e montagne en hauteur qui se trouve à la frontière du Tibet et Népal, et la montagne Denali (6,194 m), la plus haute d’Amérique du Nord.

Si la préparation de l’équipe n’a commencé qu’il y a 2 mois, ses membres ont débuté leur regroupement il y a 2 ans ... 2 ans de mise en condition. « Lorsque j’ai intégré la London Business School en 2005, j’ai lu une annonce sur le site web de l’Université d’un étudiant, Ben Stephens, qui invitait à joindre le club des montagnards dans le but d’escalader l’Everest. Au début, nous étions 40, un nombre qui s’est rétréci à 4 alpinistes ».

Omar a donc commencé à planifier un programme de préparation pour réaliser son rêve d’escalader l’Everest il y a deux ans, mais le rêve lui-même remonte à des années. « A l’âge de 16 ans, mes parents m’ont envoyé dans un camp en Suisse. Parmi les activités de ce camp, il y avait l’ascension d’une petite montagne et je me suis inscrit dans cette activité. Après avoir grimpé, l’idée de gravir un jour l’Everest ne me quittait plus ».

En 2002 déjà, il prend une décision audacieuse : il quitte son travail pour effectuer un tour du monde qui a duré 370 jours. « Ce tour m’a beaucoup aidé, j’ai acquis beaucoup d’expérience durant cette période et j’ai commencé à escalader les monts de façon professionnelle avec l’aide des guides ». « Dans la vie il faut explorer le monde et réfléchir. Lorsque je me trouve seul sur une montagne, je commence à réfléchir à la religion. Je suis musulman, mais plusieurs questions me préoccupent comme celle de l’existence de Dieu. En observant le monde d’en haut et en voyant les différents êtres vivants de la terre, je trouve une réponse convaincante. Je me suis rendu compte qu’il existe sans doute une force supérieure qui gère tout ce qui nous entoure ».

Ce jeune homme tient par son succès à envoyer un message aux jeunes Egyptiens. « Il ne faut pas attendre que la chance arrive à notre porte, il faut courir vers la chance. Et si l’homme se fixe un objectif et le programme, il peut l’atteindre. Chaque homme possède son propre Everest et de la même manière que j’ai réussi à le conquérir, vous le pouvez aussi », déclare avec confiance l’alpiniste égyptien qui, après avoir conquis le plus haut pic du monde, rêve d’autres sommets.

Doaa Badr

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