Calligraphie perse .
Cet art était à l’honneur à la
Bibliotheca Alexandrina
pendant une vingtaine de jours dans le cadre d’une grande
exposition, accompagnée d’une conférence et de la
publication, pour la première fois, d’un catalogue en langue
arabe.
Mélodies et signes merveilleux
Alexandrie,
De notre envoyée spéciale —
L’inauguration
au début du mois de juin de l’exposition
Angham wa
ayat.
Raweat al-khat
al-faressi (mélodies et signes
... merveilles de la calligraphie perse) a été accompagnée
par la publication de l’édition arabe d’un catalogue de
l’exposition. Celui-ci rassemble plus de
deux-cent cinquante copies d’une
collection très importante de chefs-d’œuvre d’artistes et de
calligraphes iraniens, qui portent de profondes
significations et qui démontrent surtout les éléments
décoratifs et embellissant utilisés sur les différents
supports en ce temps-là.
Cette collection prestigieuse des merveilles de l’art perse
dont des manuscrits ont été produits en Iran entre les XVIe
et XIXe siècles de l’ère chrétienne est exposée aujourd’hui
au Musée des arts islamiques de Malaisie.
Elle couvre donc une période de plus de 400 ans. La
collection sélectionnée explique les cycles du développement
de la calligraphie perse à travers des extraits des ouvrages
culturels d’un niveau supérieur. « Dans ces chefs-d’œuvre se
clarifient les plus magistraux types de calligraphies qui se
sont répandues en Iran en ce temps-là, et en tête le
Nastaéliq ou la calligraphie
perse et le Chakastah »,
explique Khaled Azab, chargé des
travaux du directeur du centre des calligraphies à la
Bibliotheca
Alexandrina. Edité par Héba
Nayel
Barakat, le catalogue met en relief les différents
types de la calligraphie perse utilisée en ce temps-là.
Citons entre autres le Reqea et
le Naskh (qui sont parmi les
plus célèbres, surtout dans les écritures arabes), ainsi que
le Chakastah,
Al-Taéliq, le
Nastaéliq et le
Syah Mechaq.
Il faut noter que le Nastaéliq,
appelée aussi la calligraphie perse,
était le type utilisé dans les écritures officielles,
les séquences culturelles, les contes ... surtout sous le
règne du chah Tahmaseb. « Pour
une longue période, ce genre de calligraphie perse s’est
répandu pour sa beauté et sa facilité au point que les
Iraniens n’écrivaient le Coran et les lettres officielles
qu’en Al-Nastaéliq. Ce genre de
calligraphie s’est répandu aussi en bon nombre de pays
autour du monde islamique. Citons la Turquie, l’Egypte et
l’Inde ... », explique le Dr Ismaïl
Séragueddine, directeur de la
Bibliotheca Alexandrina.
Un apport relevant du soufisme
L’artiste
iranien a donné des attraits soufis, de l’harmonie et de la
beauté à l’art de la calligraphie perse, il a de même donné
un nouvel attrait à la calligraphie arabe. « Avec la
diffusion de l’islam en Iran, en Asie moyenne et en la
presqu’île indienne, la langue arabe a remplacé les langues
originales de ces pays, ce qui a développé quelques types de
calligraphies arabes et a dérivé de magnifiques nouveaux
types d’un aspect local », explique
Héba Nayel
Barakat.
Les modèles présentés dans le catalogue ainsi que dans
l’exposition sont chargés de signatures, de cachets et
d’empreintes, ce qui augmente leur valeur, surtout
historique qui remonte, pour la majorité, à plus de quatre
siècles. Par ailleurs, le catalogue met la lumière sur le
développement de la calligraphie perse et sur les apports
des plus célèbres calligraphes perses. « On fait ressembler
le calligraphe à un musicien, à un poète, à un homme de
lettres, ou à un designer. Celui -ci utilise la plume comme
étant un instrument musical à travers lequel il produit des
mélodies sur chaque papier de manuscrits. Il fait de la
musique avec ce qu’il écrit, ce qui produit un genre
d’harmonie entre sa main et son instrument. D’où vient le
nom de l’exposition Angham
wa ayat
ou mélodie et signes », estime Khaled
Azab.
Parmi les manuscrits rares présentés à la
Bibliotheca
Alexandrina, lors de l’exposition on peut surtout
citer celui écrit en calligraphie Naskh
par le calligraphe Al-Sayed Mir
Emad
Al-Hosseini (mort en 1615 de l’ère chrétienne) et qui
a brillé aussi en la calligraphie d’Al-Nastaéliq,
les passages de poèmes écrits en Reqea
et en Naskh par le calligraphe
Ahmad Al-Nirizi et le manuscrit
écrit en Chakastah par
Al-Darwich
Abdel-Majid Al-Talqani
(mort en 1771) et un manuscrit du Chah Mahmoud
Nissabouri (mort en 1562).
Un catalogue exceptionnel
Ce
catalogue est en fait le premier publié en langue arabe par
le Musée des arts islamiques de Malaisie, en coopération
avec le Centre des calligraphies de la
Bibliotheca Alexandrina.«
Le musée des arts islamiques de la Malaisie n’a jamais
publié un catalogue en langue arabe pour l’une de ces
expositions itinérantes. C’est donc notre premier catalogue
en langue arabe et qui, j’espère, ne sera pas le dernier »,
explique Sayed Mohamad
Al-Bokhari, directeur du Musée
des arts islamiques de Malaisie. Et d’ajouter : « De cette
façon, ce catalogue peut être considéré comme une mémoire
historique et artistique exhaustive qui maintient un nombre
prestigieux d’uniques manuscrits de grande valeur. Ce
travail inclut donc au plus profond l’intérêt scientifique
et la valeur esthétique ».
Inaugurée au sein du centre de
Al-Khotout (des calligraphies) de la
Bibliotheca
Alexandrina, à Alexandrie, l’exposition
Angham wa
ayat ...
Raweat al-khat
al-faressi a été organisée avec
la coopération du Musée des arts islamiques de Malaisie. «
En effet, la Bibliotheca
Alexandrina est le troisième
arrêt qui accueille l’exposition Angham
wa ayat
qui est en fait une exposition itinérante qui a commencé en
2004 à Singapore, puis en Malysie
en 2005.
Et la voilà qui visite l’Egypte après avoir eu un grand
succès dans les deux stations précédentes », souligne
Danok Seri
Onama, ministre
malaysien de la Culture, des
Arts et du Patrimoine.
Néanmoins, ce nombre prestigieux de manuscrits rares
produits en Iran, et qui date de plus de 400 ans, n’ont pas
trouvé au passé un grand intérêt ou curiosité de la part des
étudiants et des chercheurs.
Le ministre malaysien de la
Culture, des Arts et du Patrimoine a appelé à la création
d’un programme international sous les auspices de l’Unesco
ou ceux d’un autre organisme mondial concerné par la
sauvegarde du patrimoine culturel, pour rassembler,
enregistrer et faire un index des chefs-d’œuvre de l’art
islamique à travers le monde l
Amira
Samir