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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Voyages

Tunisie . Tijani Haddad, ministre tunisien du Tourisme, explique le succès croissant qu’a son pays quant à attirer les visiteurs tout en soulignant que le tourisme interarabe commence juste à prendre son élan. Entretien. 

« Nous voulons exploiter
 à fond l’héritage culturel »

Tunis,
De notre envoyée spéciale —

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont les perspectives du développement du tourisme en Tunisie en 2007 ?

Tijani Haddad : Les perspectives sont très bonnes, puisqu’il y a une croissance palpable du nombre de touristes venant en Tunisie. On s’attend à plus de 7 millions de touristes cette année, contre 6,5 millions en 2006. Ce qui est énorme pour un petit pays de 10 millions d’habitants. En fait, la Tunisie offre un très bon produit touristique. Elle est proche de l’Europe. On est à 45 minutes de Marseille et à 2 heures de Paris. Donc, on a un réservoir de touristes extraordinaire en Europe, surtout celle occidentale et celle de l’Est. On a aussi deux marchés limitrophes très importants, en l’occurrence le marché libyen et le marché algérien. Mais pour moi, le chiffre important n’est pas celui qui concerne le nombre de touristes mais ce sont les recettes touristiques qui ont atteint en 2006 par exemple plus de 3 millions de dinars. C’est le paramètre le plus réel et le plus important qui traduit d’une manière éloquente la rentabilité du secteur. Donc, notre objectif est de profiter du secteur touristique pour qu’il y ait un maximum de recettes.

— Quels sont les plans de promotion du tourisme en Tunisie à l’heure actuelle ?

— Le plan de promotion du tourisme tunisien doit correspondre à la stratégie nouvelle que nous nous sommes fixée et que nous avons adoptée il y a quelques années. Donc, on a dû diversifier et enrichir le produit touristique tunisien par de nouvelles composantes touristiques. Nous voulons exploiter à fond l’héritage culturel, mettre en relief ce patrimoine que la Tunisie a hérité à travers une très longue histoire de 3 000 ans. On vient d’inaugurer des bureaux pour la promotion du tourisme tunisien dans d’autres pays comme en Egypte et en Chine. On entame aussi un plan pour développer les autres composantes touristiques telles que la thalassothérapie qui est maintenant à la mode dans le monde entier.

— La thalassothérapie est-elle une source d’attrait touristique ?

— Ce nouveau genre de tourisme de cure, basé sur une nouvelle technologie utilisant l’eau de la mer avec ses composantes vitales, comme les algues qui y existent avec de nouvelles méthodes de massage et de relaxation, est à la mode. Nous sommes la seconde destination au monde après la France en matière de thalassothérapie.

— Quels sont les autres atouts du tourisme tunisien ?

— Nous avons aussi le tourisme de golf avec plus de 10 courses de golf construites selon les normes internationales et nous sommes en train de construire une autre dizaine d’ici cinq ans, puisque nous sommes à proximité de l’Europe et il y a énormément d’adeptes et de golfeurs qui viennent en Tunisie et qui veulent pratiquer leur sport favori pendant au moins 10 mois de l’année. Il y a aussi chez nous les sports de plaisance qui abondent, puisque la Tunisie a plus de 1 300 kilomètres de côtes. Nous avons maintenant mené une étude qui vise à multiplier les ports de plaisance qui vont drainer un nombre considérable de touristes qui ont un pouvoir d’achat très important et qui assurent un taux considérable de revenus.

— Quel est le touriste qui vient en Tunisie ?

— Vous savez qu’une destination touristique a besoin de toutes les gammes. Elle a besoin de tourisme de masse, de celui de haute gamme et même du bas de gamme. Ça dépend certainement du nombre des étoiles des différents hôtels. Il y a le balnéaire qui attire de plus en plus des groupes touristiques. Il y a aussi le tourisme du golf, la thalassothérapie et le tourisme culturel qui attire les touristes de haute gamme qui ont un grand pouvoir d’achat.

— Et qu’en est-il de la qualité de service présenté ?

— On essaye toujours d’améliorer la qualité de service présenté dans n’importe quel établissement touristique. C’est une nécessité si on veut résister aux normes de la compétitivité. Ceci dit, on applique une politique en matière de formation professionnelle des cadres qualifiés dans les hôtels, les restaurants et les sociétés touristiques. On a une panoplie de centres de formation, d’écoles et d’institutions de formation professionnelle en matière de tourisme. Mais il faudrait en faire plus, il faut aussi avoir une législation qui permet de contrôler de près les prestataires de service dans le secteur du tourisme. Et il faudrait qu’il y ait une administration qui applique strictement la loi et qui, le cas échéant, peut prendre des mesures, même comme des sanctions contre les défaillants. Ce qu’on a fait, c’est que l’on a maintenant des lois, nous avons des normes de classification des hôtels et nous sommes là pour contrôler et exiger la qualité de services qui correspond au nombre des étoiles de chaque établissement touristique.

— Est-ce qu’il y a une coopération entre la Tunisie et l’Egypte en matière du tourisme ?

— Depuis un certain temps, nous avons fixé une stratégie de coopération sur tous les plans : l’aménagement des zones touristiques, la formation professionnelle et l’échange d’expérience en matière de promotion de tourisme. Nous tenons régulièrement une réunion mixte avec les responsables du tourisme en Egypte pour discuter des relations touristiques entre les deux pays, puisque plus de 75 000 Tunisiens visitent l’Egypte, contre 7 000 Egyptiens qui se rendent en Tunisie.

— Comment évaluez-vous l’état du tourisme interarabe à l’heure actuelle ?

— Le tourisme interarabe commence juste à prendre son élan, mais auparavant il y avait plusieurs handicaps qui barraient la route à ce développement : il n’y avait pas de transport aérien si développé entre les pays arabes par exemple. Je crois que maintenant il y a une prise de conscience parmi les décideurs arabes du tourisme sur l’importance du tourisme interarabe. Maintenant, le transport aérien entre les destinations arabes est en train de progresser, nous avons des compagnies arabes aériennes telles que Tunisair, EgyptAir, Qatar Airlines ou Emirates Airlines qui se développent et commencent à aller plus loin et relier les capitales arabes entre elles. Ceci va certainement favoriser l’échange de flux touristiques entre les pays arabes l

Propos recueillis par Dalia Farouk

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OMT . Un centre vient d’être créé pour aider les différents pays à mieux gérer leurs problèmes touristiques.

Pour affûter les méthodes professionnelles

L’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) vient de créer un Centre mondial de performance pour les destinations (CED) à Montréal, au Canada. Celui-ci vise à répondre aux besoins grandissants des destinations touristiques s’efforçant d’atteindre l’excellence. « Ce serait en fait la mission du CED qui va contribuer à aider les destinations du monde à parvenir à une compétitivité, en les aidant à atteindre leurs objectifs de développement durable, en améliorant la qualité de l’expérience offerte aux touristes », explique Taleb Al-Réfaï, secrétaire général adjoint de l’OMT.

En s’acquittant de sa mission, le CED étend concrètement l’action du conseil des destinations, qui existe déjà depuis quelques années, ainsi que celle des départements du secrétariat de l’OMT. Le centre apportera donc de la valeur ajoutée et des connaissances spécialisées aux politiques et aux pratiques novatrices en matière de gestion des destinations touristiques.

Pour l’essentiel, le CED servira de catalyseur des partenariats et des collaborations avec les secteurs public et privé tels que les organismes de gestion des destinations (ODG), les associations et les experts de l’industrie touristique, les centres universitaires et la société civile dans son ensemble. « Pour remplir efficacement sa mission, le CED doit, à titre prioritaire, créer et animer un réseau de partenaires reconnus pour leurs compétences et leur formation développée. Il doit aussi organiser dans le monde entier la vieille stratégie et le suivi des tendances des destinations et des questions qui s’y posent afin de comprendre les défis et les problèmes liés à la gestion, à la compétitivité et au développement durable », assure Taleb Al-Réfaï. Il ajoute que le CED ne doit jamais oublier l’encouragement des destinations à se faire reconnaître comme destination d’excellence au moyen d’un système de certification à créer sur la base de critères fiables et validés par des experts.

Il reste à mentionner que le CED est une organisation à but non lucratif créée à Montréal par une initiative du gouvernement fédéral du Canada et le gouvernement provincial du Québec, qui ont pris la charge de soutenir ses activités pendant ses trois premières années de fonctionnement (2007-2010). Cette aide non remboursable atteint environ 1,5 million de dollars canadiens

D. F.

 




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