basket-ball .
La sélection égyptienne a attaqué son agenda surchargé avec
l’Open de Qatar qui s’achève ce mercredi. Son directeur
technique, le Serbe Predrag
Badnjarevic, 44 ans, évoque les lacunes de l’équipe,
ainsi que ses ambitions avec l’Egypte.
« Le seul point fort de l’équipe
est le courage des joueurs
»
Al-Ahram
Hebdo : Vous êtes en charge de la sélection égyptienne
depuis 3 mois, quels sont vos objectifs ?
Predrag Badnjarevic : Mon contrat expire en décembre 2007,
c’est-à-dire qu’en pratique, je travaille à court terme avec
la sélection, vu son agenda surchargé. Mais quand j’ai
commencé à travailler avec les joueurs, j’ai rencontré
beaucoup de problèmes au sein de l’équipe et je n’avais
d’autre choix que de changer mes cibles. En fait, j’ai
décidé de former une nouvelle équipe composée de jeunes
capables d’obtenir de bons résultats à long terme, et
l’agenda actuel de l’Egypte sera une bonne station pour les
préparer à cette mission. Malgré les problèmes et les
entraves que j’ai pu affronter, je suis optimiste et je ne
refuserai pas un renouvellement de mon contrat avec cette
équipe. En bref et pour répondre directement à votre
question, mon objectif avec la sélection égyptienne vise les
court et long termes.
— Durant ces trois mois, l’équipe a suivi des stages de
préparation à l’extérieur, comment expliquez-vous les
mauvais résultats enregistrés lors de ces matchs amicaux ?
— Nous nous sommes rendus à différents camps, mais la plus
importante station était en Serbie. Sans prendre en
considération les résultats, la sélection a joué avec de
très fortes équipes serbes ainsi que la sélection juniors. A
mon avis, les Egyptiens ont fait de leur mieux durant cette
période. D’un point de vue général, le niveau actuel de
l’équipe est médiocre. Techniquement, il existe beaucoup de
lacunes, les joueurs forts et expérimentés, à l’instar de
Tareq Al-Ghannam et Al-Dayassty, ne veulent pas faire partie
de la sélection pour des raisons que je ne connais pas ; les
joueurs actuels n’ont pas confiance en leurs capacités et
ont commis des fautes à cause de la panique car ils ne sont
pas habitués encore à mon style de jeu.
— Plus concrètement, quelles sont les lacunes techniques de
l’équipe ?
—
Leur condition physique est très mauvaise en comparaison
avec les joueurs africains et professionnels qu’ils vont
affronter lors de la Coupe d’Afrique des nations, lors des
Jeux africains et du Championnat arabe. Par ailleurs, leurs
erreurs sont fatales en ce qui concerne la défense. Ils ne
sont pas rapides. Ils ne jouent ni avec sévérité, ni avec
force, ce qui est très important en basket-ball. Le seul
point fort de l’équipe est le courage des joueurs car ils
veulent profiter de ces occasions pour prouver qu’ils sont
capables de réaliser des exploits.
— Comment ont-ils pu dans un laps de temps aussi court
assimiler et appliquer votre style de jeu ?
— Ils sont habitués à un style complètement différent de
l’école européenne de basket-ball avec sa rapidité extrême.
Je me base essentiellement dans mon jeu sur la défense et le
jeu collectif ainsi que sur les entraînements extrêmement
violents. Le basket-ball ne dépend pas comme avant des
techniques de jeu dans lesquelles les Egyptiens excellent.
Quant aux joueurs, j’ai travaillé avec eux pendant deux mois
en continu, le championnat des associations a commencé et je
n’y peux rien. Je me suis mis d’accord avec mon équipe
technique afin de ne pas perdre nos acquis. Ce championnat
se joue à Port-Saïd pendant 3 semaines et nous sommes partis
attendre nos joueurs après leurs matchs pour nous entraîner
avec eux et mesurer leur performance. Cependant, j’ai
découvert que le niveau avait encore une fois baissé, je n’y
peux rien car il nous faut une certaine stabilité, une
concentration et de la constance. Je ne suis pas un magicien
qui pourrait transmettre sa philosophie aux joueurs en un
coup de baguette. Seulement, je demande du temps. Je
travaille dans des conditions anormales.
— Que proposez-vous pour que ces conditions soient normales
?
— A mon avis, la solution est entre les mains de la
fédération. Tout d’abord, elle doit résoudre ses problèmes
avec les grands joueurs car l’équipe a besoin de leur
soutien. A titre d’exemple, je connais personnellement le
professionnel Samir Gouda, car j’entraînais une équipe en
Grèce où il était professionnel et je peux essayer de le
convaincre de rejoindre la sélection. Mais il peut venir
jouer sans y mettre du cœur et je ne veux pas de cela. Ces
problèmes doivent être résolus une fois pour toutes.
Ensuite, la mentalité de la fédération doit changer en ce
qui concerne les regroupements de la sélection. Avec son
état actuel et tant qu’elle ne possède pas de professionnels
en dehors de l’Egypte, l’équipe doit se réunir tout au long
de l’année. Enfin, quand j’entraîne les joueurs, je remarque
des lacunes mais il est trop tard pour y remédier. Le basket
égyptien doit forger sa base. Autrement dit, il faut
accorder tout l’intérêt aux petits joueurs qui doivent
réaliser des performances dès l’enfance, et être capables de
leur faciliter la tâche quand ils intégreront la sélection
un jour.
Les joueurs aussi sont des victimes. Il est très difficile
de jouer dans des circonstances dans lesquelles ils jouent
et travaillent ou étudient. D’autre part, le basket-ball
égyptien n’est pas intéressant du tout, et ses fans le
boycottent. Ce genre de choses influencent négativement les
joueurs. Donc, c’est toute une mentalité qui doit être
changée pour que le basket-ball égyptien soit solide l
Propos recueillis parChourouq Chimy