Al-Ahram Hebdo, Sports | Predrag Badnjarevic, « Le seul point fort de l’équipe est le courage des joueurs »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Sports

basket-ball . La sélection égyptienne a attaqué son agenda surchargé avec l’Open de Qatar qui s’achève ce mercredi. Son directeur technique, le Serbe Predrag Badnjarevic, 44 ans, évoque les lacunes de l’équipe, ainsi que ses ambitions avec l’Egypte. 

« Le seul point fort de l’équipe
est le courage des joueurs »
 

Al-Ahram Hebdo : Vous êtes en charge de la sélection égyptienne depuis 3 mois, quels sont vos objectifs ?

Predrag Badnjarevic : Mon contrat expire en décembre 2007, c’est-à-dire qu’en pratique, je travaille à court terme avec la sélection, vu son agenda surchargé. Mais quand j’ai commencé à travailler avec les joueurs, j’ai rencontré beaucoup de problèmes au sein de l’équipe et je n’avais d’autre choix que de changer mes cibles. En fait, j’ai décidé de former une nouvelle équipe composée de jeunes capables d’obtenir de bons résultats à long terme, et l’agenda actuel de l’Egypte sera une bonne station pour les préparer à cette mission. Malgré les problèmes et les entraves que j’ai pu affronter, je suis optimiste et je ne refuserai pas un renouvellement de mon contrat avec cette équipe. En bref et pour répondre directement à votre question, mon objectif avec la sélection égyptienne vise les court et long termes.

— Durant ces trois mois, l’équipe a suivi des stages de préparation à l’extérieur, comment expliquez-vous les mauvais résultats enregistrés lors de ces matchs amicaux ?

— Nous nous sommes rendus à différents camps, mais la plus importante station était en Serbie. Sans prendre en considération les résultats, la sélection a joué avec de très fortes équipes serbes ainsi que la sélection juniors. A mon avis, les Egyptiens ont fait de leur mieux durant cette période. D’un point de vue général, le niveau actuel de l’équipe est médiocre. Techniquement, il existe beaucoup de lacunes, les joueurs forts et expérimentés, à l’instar de Tareq Al-Ghannam et Al-Dayassty, ne veulent pas faire partie de la sélection pour des raisons que je ne connais pas ; les joueurs actuels n’ont pas confiance en leurs capacités et ont commis des fautes à cause de la panique car ils ne sont pas habitués encore à mon style de jeu.

— Plus concrètement, quelles sont les lacunes techniques de l’équipe ?

— Leur condition physique est très mauvaise en comparaison avec les joueurs africains et professionnels qu’ils vont affronter lors de la Coupe d’Afrique des nations, lors des Jeux africains et du Championnat arabe. Par ailleurs, leurs erreurs sont fatales en ce qui concerne la défense. Ils ne sont pas rapides. Ils ne jouent ni avec sévérité, ni avec force, ce qui est très important en basket-ball. Le seul point fort de l’équipe est le courage des joueurs car ils veulent profiter de ces occasions pour prouver qu’ils sont capables de réaliser des exploits.

— Comment ont-ils pu dans un laps de temps aussi court assimiler et appliquer votre style de jeu ?

— Ils sont habitués à un style complètement différent de l’école européenne de basket-ball avec sa rapidité extrême. Je me base essentiellement dans mon jeu sur la défense et le jeu collectif ainsi que sur les entraînements extrêmement violents. Le basket-ball ne dépend pas comme avant des techniques de jeu dans lesquelles les Egyptiens excellent. Quant aux joueurs, j’ai travaillé avec eux pendant deux mois en continu, le championnat des associations a commencé et je n’y peux rien. Je me suis mis d’accord avec mon équipe technique afin de ne pas perdre nos acquis. Ce championnat se joue à Port-Saïd pendant 3 semaines et nous sommes partis attendre nos joueurs après leurs matchs pour nous entraîner avec eux et mesurer leur performance. Cependant, j’ai découvert que le niveau avait encore une fois baissé, je n’y peux rien car il nous faut une certaine stabilité, une concentration et de la constance. Je ne suis pas un magicien qui pourrait transmettre sa philosophie aux joueurs en un coup de baguette. Seulement, je demande du temps. Je travaille dans des conditions anormales.

— Que proposez-vous pour que ces conditions soient normales ?

— A mon avis, la solution est entre les mains de la fédération. Tout d’abord, elle doit résoudre ses problèmes avec les grands joueurs car l’équipe a besoin de leur soutien. A titre d’exemple, je connais personnellement le professionnel Samir Gouda, car j’entraînais une équipe en Grèce où il était professionnel et je peux essayer de le convaincre de rejoindre la sélection. Mais il peut venir jouer sans y mettre du cœur et je ne veux pas de cela. Ces problèmes doivent être résolus une fois pour toutes. Ensuite, la mentalité de la fédération doit changer en ce qui concerne les regroupements de la sélection. Avec son état actuel et tant qu’elle ne possède pas de professionnels en dehors de l’Egypte, l’équipe doit se réunir tout au long de l’année. Enfin, quand j’entraîne les joueurs, je remarque des lacunes mais il est trop tard pour y remédier. Le basket égyptien doit forger sa base. Autrement dit, il faut accorder tout l’intérêt aux petits joueurs qui doivent réaliser des performances dès l’enfance, et être capables de leur faciliter la tâche quand ils intégreront la sélection un jour.

Les joueurs aussi sont des victimes. Il est très difficile de jouer dans des circonstances dans lesquelles ils jouent et travaillent ou étudient. D’autre part, le basket-ball égyptien n’est pas intéressant du tout, et ses fans le boycottent. Ce genre de choses influencent négativement les joueurs. Donc, c’est toute une mentalité qui doit être changée pour que le basket-ball égyptien soit solide l

Propos recueillis parChourouq Chimy

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