La victoire vide de sens

et la défaite mobilisatrice !

 

 

Mohamed Salmawy

 

Erreurs fatales

 

 

Salama A. Salama

 

 

L’Etat et la religion : l’exemple turc

 

Wahid Abdel-Méguid

 

Politologue

 

Les mots et les choses

 

 

Anas Fawzy

 

Membre de l’Association des hommes d’affaires francophones

 

EDITO

 

Ruée vers

la Libye

 

 

Après une décennie d’embargo, les relations, notamment économiques, entre la Libye et les Etats occidentaux se développent à grande vitesse. Les exemples ne manquent pas : Tripoli et Londres ont signé fin mai des accords de défense portant sur l’achat d’armes et de missiles antiaériens, l’entraînement des Libyens et la fabrication d’armement en Libye. Un fonds américain, Colony Capital, vient de racheter la compagnie pétrolière libyenne Tamoil, pour 5,2 milliards de dollars.

Les relations diplomatiques avec les Occidentaux ont repris progressivement à partir de 2003. La même année, le dirigeant libyen, Moammar Kadhafi, a tourné la page du socialisme avec un plan de privatisation concernant 375 sociétés publiques, en premier lieu dans les domaines de l’énergie et des banques. Le maître de Tripoli cherche aujourd’hui à faire entrer son pays dans l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), avec laquelle il a engagé des pourparlers.

La Jamahiriya (République des masses) est le deuxième producteur de pétrole en Afrique et possède d’importantes réserves de gaz naturel et de brut. Les compagnies pétrolières du monde entier ont répondu en masse aux appels d’offres des dernières années, à l’instar de l’américaine Exxonmobil, de l’anglo-britannique Royal Dutch Shell, ou de la britannique BP. Les compagnies occidentales avaient quitté la Libye après les sanctions décidées par l’Onu et par les Etats-Unis en réaction à l’attentat contre le Boeing 747 de la PanAm, qui avait fait 270 morts en 1988 à Lockerbie en Ecosse. Cependant, certaines compagnies d’exploration et de production de brut européennes étaient passées à travers des sanctions imposées à la Libye, à l’instar de la française Total ou de l’espagnole Repsol, qui n’ont jamais quitté le pays.

Outre le secteur énergétique, de nombreux autres secteurs, qui n’étaient pas ouverts aux investisseurs étrangers avant l’établissement des sanctions, sont aujourd’hui concernés par les privatisations : l’agriculture, la chimie, la métallurgie, et aussi la téléphonie et la banque, où devaient avoir lieu les prochaines ouvertures de capital. Six banques étrangères, dont HSBC, Société Générale et BNP Paribas, ont été présélectionnées pour la privatisation partielle de la quatrième banque publique du pays, La Sahara, sous l’égide de la banque Rothschild.

La normalisation des relations de la Libye avec la communauté internationale, officialisée dans le cas des Etats-Unis en mai 2006, a débuté avec la remise des deux suspects de l’attentat de la PanAm à la justice britannique en 1999 puis, en 2003, la promesse du dirigeant libyen Moammar Kadhafi de ne pas développer la bombe atomique ni les armes de destruction massive l