Al-Ahram Hebdo, Opinion |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez

  Le Caire...Regards croisés



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion

Les mots et les choses

Anas Fawzy
Membre de l’Association des hommes d’affaires francophones
 

La France a un nouveau président, Nicolas Sarkozy. C’est un homme qui se situe lui-même à droite et son élection a montré qu’il était porté par une vraie adhésion du peuple français, en opposition avec l’élection présidentielle précédente en 2002.

Cette adhésion n’a cependant rien d’un plébiscite ou d’une confiance aveugle comme l’ont démontré les récentes élections législatives.

Deux faits sont frappants : les Français ont élu un immigré de deuxième génération sans que cette question ne fasse l’objet du moindre débat et le président élu a réinstallé l’idée de nation dans la vie publique.

Cette idée de nation dont les horreurs de plusieurs guerres ont appris aux peuples à se méfier.

Il n’est pas simple de se faire une idée d’un président politicien habile et qui a réconcilié ce que la droite française nommait le pays légal et le pays réel. Le présent auteur qui connaît Nicolas Sarkozy et sa famille et entretenant avec lui des relations confiantes sait mieux que d’autres juger cette forte personnalité dont l’habileté politique ne doit pas faire oublier que c’est un homme de convictions à la personnalité affirmée.

Prenons la question de l’immigration, problème aux dimensions morales, politiques et économiques : dès ses premiers actes Nicolas Sarkozy montre clairement comment il veut gouverner.

Une partie des Français craint l’immigration comme un vecteur de déséquilibre et d’insécurité. Nicolas Sarkozy, lui, lie carrément les questions de l’immigration à celles de l’identité nationale.

Depuis quelques années on a vu apparaître en France des secrétaires d’Etat directement issus de l’immigration pour s’occuper de ces questions. Nicolas Sarkozy a rejeté cette pratique pour ce qu’elle était, une forme de ghettoïsation (les Français disent : les Arabes s’occupent des Arabes). Il a créé un ministère et non un secrétariat d’Etat et l’a placé sous la direction de l’un de ses fidèles, Brice Hortefeux, un Français de souche ancienne (un « Gaulois » comme on dit en France, non sans humour).

Il y a là un double symbole : la reconnaissance du fait que la plupart des 10 millions d’immigrés sont maintenant des Français comme les autres, puisque le ministre en charge est un Français de vieille souche et la reconnaissance du fait que l’intégration d’une telle masse de population (1/6e de la population française) pose des problèmes réels tant économiques que moraux. Ces symboles ne viennent pas d’une gauche « généreuse », mais d’un pragmatique de droite.

Ce président ignore les faux fuyants et nous rappelle que, ministre, il a œuvré pour la création d’un conseil représentatif des musulmans de France et s’est fermement positionné pour la construction de mosquées.

Dans le même temps il dessine les contours d’une politique du vivre ensemble en fixant les devoirs des étrangers entrant en France pour y rester et leur donne un symbole éclatant de ce que le génie français peut leur offrir : une immigrée de deuxième génération, Rachida Dati, de famille laborieuse, de père marocain et de mère algérienne, de confession musulmane est devenue ministre de la Justice, l’un des ministères névralgiques de tout Etat.

Nicolas Sarkozy indique clairement que le temps du ghetto est terminé.

Nicolas Sarkozy nous suggère d’abandonner les grands discours idéologiques pour constater qu’un pays déséquilibré par une immigration mal contrôlée finira par ne plus pouvoir accueillir d’immigrés du tout.

Nous-mêmes, Egyptiens, avons en commun avec la France de constituer une très ancienne nation et partageons le fait d’apparaître comme un havre de paix et de tolérance aux yeux de nos voisins immédiats, en proie aux horreurs des guerres, de l’intolérance et de la pauvreté. Les effets de cette immigration commencent à se faire sentir en termes de logement et économiques. C’est paradoxalement dans un domaine aussi controversé que l’immigration que se dessine clairement une communauté d’intérêts entre nos deux pays.

Parce qu’il y a les mots et parce qu’il y a les choses.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.