Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama , Erreurs fatales
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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Opinion

Erreurs fatales 

Salama A. Salama 

L’ex-président américain Jimmy Carter a reconnu que l’Administration Bush, Israël et l’Union européenne ont déployé tous leurs efforts pour que cette situation chaotique dans les territoires occupés soit irréversible sur le terrain. Depuis, la divergence entre le Hamas et le Fatah grandit davantage, au point d’arriver à « la division de la division ». Ou en d’autres termes pour arriver à la séparation finale entre la Cisjordanie et Gaza. D’ailleurs, aucune lueur d’espoir ne paraît à l’horizon, et nous nous trouvons aujourd’hui devant trois entités : Israël d’une part, l’Etat de Abbass d’une autre et enfin l’émirat du Hamas.

Mais lorsque nous aurons fini de blâmer les autres, nous devrons porter un plus grand intérêt aux erreurs fatales commises par les dirigeants palestiniens et arabes. Nous avons tous été témoins de la fuite des cagoulés du Fatah et de leurs familles à destination d’Israël et vers le point de passage d’Eretz, porte d’accès à la Cisjordanie. Alors que les cagoulés du Hamas ont préservé leurs places après la liquidation atroce qu’ils ont effectuée des forces du Fatah. Entre-temps, Israël a saisi l’occasion et n’a cessé d’assassiner les cadres palestiniens du Fatah et autres. Aussi, avons-nous vu comment toutes les factions palestiniennes ont écrasé de leurs pieds l’union nationale et l’histoire d’une longue lutte pour établir un Etat indépendant.

Comme il est de coutume chez les Arabes, les deux parties se sont mises à échanger les accusations, consacrant davantage les divisions. Alors que parallèlement des transactions ont lieu entre Bush et Olmert en vue d’achever le partage de ce qui reste des territoires palestiniens en des parties isolées et cantons. De son côté, Abou-Mazen n’obtiendra rien des promesses illusoires faites par Olmert à Charm Al-Cheikh.

Il est certain que la consécration du divorce politique entre Gaza et la Cisjordanie sera de plus en plus nette avec la poursuite de la rupture et le rejet du dialogue entre le Fatah et le Hamas. Plus l’appui financier et politique au gouvernement d’urgence se multiplie et plus le gouvernement banni à Gaza est isolé, plus les sentiments d’animosité entre les deux camps gagneront en ampleur. Et par conséquent, la fragilité des forces palestiniennes sera davantage mise en exergue.

Il est incontestable que la corruption qui s’est emparée du mouvement de libération de la Palestine et qui a atteint les racines même ont anéanti totalement l’esprit noble de la résistance pour faire d’elle une source de gagne-pain. Les régimes arabes, de leur côté, ont alimenté cette situation puis l’ont instrumentalisée pour servir leurs propres intérêts et pour éclipser leurs défaites. La corruption a atteint un degré incontournable au point qu’une large tranche des partisans du Hamas et du Fatah sont devenus membres des formations sécuritaires dont la mission est d’assurer la garde de leurs directions et de se venger de leurs adversaires. Et non pas de veiller à la sécurité du peuple palestinien, facilitant ainsi la tâche au Mossad pour transpercer les factions palestiniennes et les manipuler. Ce qui justifie les accusations échangées entre les deux parties.

Malgré tout cela, la joie qui a gagné Bush et Olmert avec l’approche de la réalisation de leurs objectifs longuement prônés se dissipera, une fois que le président américain découvrira l’échec de ses politiques consistant à armer le Fatah et à asséner un coup dur au Hamas. D’ailleurs, ni Abbass ni quiconque n’approuvera ni cette séparation politique entre Gaza et la Cisjordanie, ni encore l’engagement dans des négociations en cours d’élaboration, consistant à faire prévaloir le principe de « la Cisjordanie d’abord ».

Personne ne peut prévoir ce qui adviendra dans un avenir proche. Cependant, l’échec de l’Administration Bush dans la région entraînera inévitablement l’échec des politiques arabes. Si un miracle n’est pas réalisé à la lumière duquel les Palestiniens reprendront conscience de la nécessité de retrouver leur unité, nous continuerons à piétiner dans une situation des plus chaotiques et des plus divisées. Une conjoncture qui engendrera davantage de misères et une dépendance palestinienne inconditionnée des aides alimentaires. Le spectre d’une autre Somalie, d’un autre Iraq ? Pourquoi pas ?

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