Ruée vers
la
Libye
Après une décennie d’embargo, les relations, notamment
économiques, entre la Libye et les Etats occidentaux se
développent à grande vitesse. Les exemples ne manquent
pas : Tripoli et Londres ont signé fin mai des accords
de défense portant sur l’achat d’armes et de missiles
antiaériens, l’entraînement des Libyens et la
fabrication d’armement en Libye. Un fonds américain,
Colony Capital, vient de
racheter la compagnie pétrolière libyenne
Tamoil, pour 5,2 milliards
de dollars.
Les relations diplomatiques avec les Occidentaux ont
repris progressivement à partir de 2003. La même année,
le dirigeant libyen, Moammar
Kadhafi, a tourné la page du socialisme avec un plan de
privatisation concernant 375 sociétés publiques, en
premier lieu dans les domaines de l’énergie et des
banques. Le maître de Tripoli cherche aujourd’hui à
faire entrer son pays dans l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC), avec laquelle il a engagé des
pourparlers.
La Jamahiriya (République des masses) est le deuxième
producteur de pétrole en Afrique et possède
d’importantes réserves de gaz naturel et de brut. Les
compagnies pétrolières du monde entier ont répondu en
masse aux appels d’offres des dernières années, à
l’instar de l’américaine Exxonmobil,
de l’anglo-britannique Royal Dutch
Shell, ou de la britannique BP. Les compagnies
occidentales avaient quitté la Libye après les sanctions
décidées par l’Onu et par les Etats-Unis en réaction à
l’attentat contre le Boeing 747 de la PanAm, qui avait
fait 270 morts en 1988 à Lockerbie en Ecosse. Cependant,
certaines compagnies d’exploration et de production de
brut européennes étaient passées à travers des sanctions
imposées à la Libye, à l’instar de la française Total ou
de l’espagnole Repsol, qui
n’ont jamais quitté le pays.
Outre le secteur énergétique, de nombreux autres
secteurs, qui n’étaient pas ouverts aux investisseurs
étrangers avant l’établissement des sanctions, sont
aujourd’hui concernés par les privatisations :
l’agriculture, la chimie, la métallurgie, et aussi la
téléphonie et la banque, où devaient avoir lieu les
prochaines ouvertures de capital. Six banques
étrangères, dont HSBC, Société Générale et BNP Paribas,
ont été présélectionnées pour la privatisation partielle
de la quatrième banque publique du pays, La Sahara, sous
l’égide de la banque Rothschild.
La normalisation des relations de la Libye avec la
communauté internationale, officialisée dans le cas des
Etats-Unis en mai 2006, a débuté avec la remise des deux
suspects de l’attentat de la PanAm à la justice
britannique en 1999 puis, en 2003, la promesse du
dirigeant libyen Moammar
Kadhafi de ne pas développer la bombe atomique ni les
armes de destruction massive.