Processus de paix .
Un sommet quadripartite a réuni, lundi à
Charm
Al-Cheikh, le président Moubarak, le président de
l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbass,
le roi Abdallah II de Jordanie et le premier ministre
israélien, Ehud Olmert.
L’Egypte soutient Abbass
Charm
Al-Cheikh,
De notre envoyé spécial —
Pour Le Caire, ce sommet quadripartite de
Charm
Al-Cheikh avait deux objectifs, à savoir, soutenir le
président de l’Autorité palestinienne Mahmoud
Abbass et tenter de relancer les
négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. En
effet, les récents événements à
Gaza et la prise de pouvoir dans ce secteur par le Hamas ont
fortement inquiété l’Egypte qui souhaite rétablir le calme
dans les territoires palestiniens. « Le sommet de
Charm
Al-Cheikh vise à donner une impulsion à la relation
entre Israël et l’Autorité palestinienne. L’essentiel pour
l’Egypte est d’améliorer les conditions de vie des
Palestiniens vivant en Cisjordanie », selon le chef de la
diplomatie égyptienne, Ahmad
Aboul-Gheit. L’Egypte exige la levée du blocus
économique imposé sur les territoires et la levée des
barrages israéliens en Cisjordanie.
Si Le Caire s’inquiète de la montée en puissance du Hamas
à Gaza, il ne souhaite pas pour
autant que ce mouvement soit isolé économiquement,
diplomatiquement et militairement. « Le Caire ne peut pas
encourager les Israéliens à isoler le Hamas car ce mouvement
fait partie du peuple palestinien », déclare une source
diplomatique qui a requis l’anonymat. « Bien que le
président Moubarak ait affirmé son soutien à Mahmoud
Abbass et condamné les
agissements du Hamas, l’Egypte continuera à aider les deux
camps », a affirmé la même source. En effet,
l’isolement du Hamas pourrait avoir des conséquences
fâcheuses et relancer la violence, ce que Le Caire ne veut
pas. La source diplomatique affirme que Le Caire va
prochainement inviter le Hamas à se réconcilier avec le
Fatah. Et d’ajouter : « Le Caire a bien sûr des soucis par
rapport à ce qui se passe à Gaza. Il est conscient que
l’Iran est derrière cette affaire ».
Une certaine souplesse
Lors du sommet, l’Egypte a essayé de convaincre Israël de
commencer des négociations avec Mahmoud
Abbass le plus tôt possible afin de relancer la paix.
Le Caire a remarqué une certaine souplesse de la part des
Israéliens à cet égard. En fait, Ehud
Olmert a réapprouvé
devant le sommet le principe du transfert de plusieurs
centaines de millions de dollars de taxes douanières et
d’impôts aux Palestiniens retenus par Israël depuis la
victoire électorale du Hamas en janvier 2006. De même, il a
déclaré dans un premier temps qu’il était prêt
a considérer une levée partielle
des 500 barrages routiers érigés par l’armée israélienne en
Cisjordanie. Pour la source diplomatique, c’est un bon pas
envers les Palestiniens. Le Caire va désormais agir dans
deux directions. D’abord, convaincre le Hamas de cesser la
violence. Ensuite, mettre les Palestiniens et les Israéliens
à la table des négociations. Ce ne sera pas une tâche facile
pour Le Caire. Olmert a déclaré
à Charm
Al-Cheikh qu’il est prêt a s’entretenir au moins deux
fois par semaine avec Mahmoud Abbass
de la question de l’horizon politique. Pourtant, selon l’un
des principaux collaborateurs, David Baker, ces entretiens
ne porteront pas sur les points les plus délicats entre
Palestiniens et Israéliens comme les frontières, le statut
de Jérusalem et la question des réfugiés. « Les responsables
égyptiens ont discuté avec Olmert
des questions incluses dans le cadre de l’initiative
saoudienne qui propose un accord de paix global en échange
du retrait d’Israël des territoires occupés en 1967. Je
pense qu’Israël n’a d’autre choix que de discuter avec
Abbass et de poursuivre les
négociations avec lui », conclut la source diplomatique l
Chérif Ahmed