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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Egypte-france . Le CFCC fête les 25 ans de son Département de Traduction et d’Interprétation (DTI), à l’heure certains indices font état de difficultés pour cette entreprise.  

L’instrument d’un dialogue 

Une présentation des dernières parutions du DTI, un bilan des 25 ans en présence d’éditeurs et traducteurs égyptiens, et en plus d’une exposition-vente d’ouvrages traduits ont eu lieu pendant deux jours consécutifs au Centre Français de Culture et de Coopération (CFCC) à Mounira les 26 et 27 juin. Ce festival se tient également en parallèle avec les festivités qui se déroulent ces jours-ci en France à l’occasion du 150e anniversaire de la parution des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Pour participer à cet événement, le Département de Traduction et d’Interprétation (DTI) va présenter ce soir en avant-première et en collaboration avec la maison d’édition Al-Dar, la traduction des œuvres poétiques complètes de Baudelaire, réalisée par le poète Rifaat Sallam qui lira quelques vers, accompagnés au piano par Mohamad Salah.

Le DTI lancera également 4 nouvelles traductions qui vont être signalées lors du festival : Le Spleen de Paris, de Charles Baudelaire, traduit par Béchir Al Sébaï (Dar Afaq), La Voix et la pierre, anthologie d’Ives Bonnefoy, par Mohamed Ben Saleh (Dar Afaq/Dar Al-Jamal), Histoire culturelle de la France de la belle époque jusqu’à nos jours de Pascal Goetschel et Emanuelle Loyer, traduit par Moustapha Maher (Dar Aïn), et tome deuxième, livre 4 de 1922-1947 de La Question palestinienne, de Henry Laurens et traduit par Béchir Al-Sébaï.

Etabli depuis l’année 1982, et transformé en 1992 en un projet de soutien pour publication au nom de Taha Hussein, financé par le ministère français des Affaires étrangères, le DTI a pour objectif de promouvoir la diffusion des œuvres françaises traduites en arabe en collaboration avec les maisons d’édition arabes. Il dépend aussi des aides de traduction fournies par le ministère français de Culture et de Communication.

En Egypte, avec un bilan de plus de 200 livres traduits sous cinq directions successives, et 15 autres traduits vers le français, le DTI fait face actuellement à un budget de plus en plus restreint, ce qui influence négativement sa production. Le produit de l’année dernière est juste de 17 livres et il n’avait jamais dépassé les 20 livres tout au long des 25 ans de l’histoire du département. Le domaine de l’histoire est dominant avec 32 % des livres traduits, suivi par celui de la littérature (28 %), sciences sociales (24 %), philosophie (9 %) et sciences (7 %). Malheureusement, les mécanismes internes du département entravent en quelque sorte l’enchaînement du travail. Celui-ci est dépourvu d’une secrétaire permanente et de correcteurs. Dounia Abou-Rachid, directrice actuelle, doit terminer ses 4 ans de gestion fin août et des rumeurs circulent que son successeur va se charger du département tout en gardant son poste à l’intérieur du CFCC.

Cela fait partie d’indices inquiétants qui dévoilent un futur incertain pour une entreprise indispensable sur la scène culturelle égyptienne.

Quant à la traduction des œuvres arabes vers le français, elle avait lieu sous la direction de Richard Jacquemont de 1987 à 1994. Celle-ci s’est de plus en plus limitée pour disparaître complètement. « Ceci est dû au fait que le centre doit soutenir en premier lieu la diffusion du livre français à travers sa traduction en arabe », explique Dounia Abou-Rachid, directrice du DTI, tout en ajoutant : « On n’a aucune autorité sur les maisons d’édition françaises pour les obliger à publier des œuvres arabes traduites en français. D’un autre côté, les efforts des pays arabes se sont accentués dernièrement, afin de relancer la diffusion de la traduction de leurs œuvres, ce qui a engendré un certain équilibre ».

Pourtant, la collaboration du DTI avec le Centre national de traduction auprès du Conseil suprême de la culture aurait dû être une réussite. Des ouvrages importants ont été le fruit de cette coopération, dont L’Université de tous les savoirs (sous la direction d’Odile Jacob 2002) en 6 tomes, traduit depuis 2005 jusqu’à cette année par un groupe de traducteurs scientifiques égyptiens, La Question de Palestine d’Henry Laurens en 4 tomes traduit par Béchir Al-Sébaï depuis 2005 jusqu’à présent. « Sans le soutien du ministère de la Culture, on n’aurait pas pu réaliser ce travail d’une telle importance », assure Dounia Abou-Rachid. Quant aux maisons d’édition privées qui survivent au-delà des problèmes financiers, elles ont trouvé secours auprès du DTI qui finance les traductions et se charge de la moitié de celle de la publication en cas de maisons d’édition à statut financier médiocre. « Le DTI s’est rendu compte que la sélection des livres traduits doit nous être laissée, car c’est nous qui vendons et c’est nous qui savons le plus les centres d’intérêts des lecteurs égyptiens », assure Qassem Abdou Qassem, directeur de Dar Aïn, qui a publié avec le DTI 9 livres jusqu’à présent. « On ne peut pas les critiquer, conclut le traducteur Béchir Al-Sébaï qui a travaillé avec le DTI pour plus de 17 ans, car c’est une initiation étrangère dans le champ culturel égyptien même si leur production n’est pas comparée à leur représentation d’un pays développé et parmi les éminents pays de culture internationale ».

Et voilà un département de traduction qui essaye de survivre malgré ses difficultés et qui espère avec la création prochaine du Centre national de traduction que les choses peuvent aller dans une meilleure voie l

Rania Hassanein

 

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