Disparition .
La poète iraqienne
Nazik
Al-Malaïka vient de nous quitter à l’âge de 84 ans.
Pionnière du vers libre, critique de poésie, elle est morte
et enterrée en exil, au Caire.
Une grande
figure
s’en va
Elle
est de ces poètes que l’écriture n’a jamais relégués dans la
tour d’ivoire de l’art pour l’art. Née en 1922 à Bagdad dans
une famille d’intellectuels, d’une mère également poète,
après une formation artistique aux beaux-arts, département
musique, Nazik
Al-Malaïka est en effet l’auteure
d’un poème qui faisait écho au drame décimant la campagne
égyptienne en 1947 : il s’intitulait Choléra et restera
parmi ses œuvres les plus célèbres.
Son premier recueil de poèmes ensuite, au titre romantique,
Achéqat
al-layl (l’amoureuse de la nuit, 1947), cédera la
place à des titres plus sombres Chazaya
wa ramad
(bris et cendres, 1949) qui augurent la vision pessimiste
flottant sur nombre de ses écrits. Elle s’est cependant
exprimée avec enthousiasme sur les espoirs créés par la
Révolution iraqienne de 1958, l’union arabe et la lutte
palestinienne dans Chadjarat
al-qamar (l’arbre de la lune,
1968) et a également rédigé des vers à la gloire de l’islam
: Zanabiq
soufiya lil-rassoul (lys
soufis du prophète, 1974).
Titulaire d’un diplôme supérieur en littérature comparée
obtenu à l’Université de Wisconsin,
Al-Malaïka a enseigné dans plusieurs universités, à
Mossoul entre autres puis au Koweït pendant son exil, mais a
surtout marqué son temps en tant que critique de poésie.
Elle est l’auteure d’un ouvrage,
Qadaya
al-chër al-mouassér (sur
la poésie contemporaine), qui fait référence dans le domaine
et n’a eu de cesse de s’intéresser aux évolutions de
l’écriture iraqienne et arabe depuis.
Exilée en 1970 au Koweït puis en Egypte depuis 1990, elle a
été enterrée, d’après ses dernières demandes, au Caire, où
elle vivait seule et malade depuis 2000 l
Dina
Heshmat