Al-Ahram Hebdo, Idées |Une grande figure s’en va
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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Idées

Disparition . La poète iraqienne Nazik Al-Malaïka vient de nous quitter à l’âge de 84 ans. Pionnière du vers libre, critique de poésie, elle est morte et enterrée en exil, au Caire. 

Une grande figure s’en va 

Elle est de ces poètes que l’écriture n’a jamais relégués dans la tour d’ivoire de l’art pour l’art. Née en 1922 à Bagdad dans une famille d’intellectuels, d’une mère également poète, après une formation artistique aux beaux-arts, département musique, Nazik Al-Malaïka est en effet l’auteure d’un poème qui faisait écho au drame décimant la campagne égyptienne en 1947 : il s’intitulait Choléra et restera parmi ses œuvres les plus célèbres.

Son premier recueil de poèmes ensuite, au titre romantique, Achéqat al-layl (l’amoureuse de la nuit, 1947), cédera la place à des titres plus sombres Chazaya wa ramad (bris et cendres, 1949) qui augurent la vision pessimiste flottant sur nombre de ses écrits. Elle s’est cependant exprimée avec enthousiasme sur les espoirs créés par la Révolution iraqienne de 1958, l’union arabe et la lutte palestinienne dans Chadjarat al-qamar (l’arbre de la lune, 1968) et a également rédigé des vers à la gloire de l’islam : Zanabiq soufiya lil-rassoul (lys soufis du prophète, 1974).

Titulaire d’un diplôme supérieur en littérature comparée obtenu à l’Université de Wisconsin, Al-Malaïka a enseigné dans plusieurs universités, à Mossoul entre autres puis au Koweït pendant son exil, mais a surtout marqué son temps en tant que critique de poésie. Elle est l’auteure d’un ouvrage, Qadaya al-chër al-mouassér (sur la poésie contemporaine), qui fait référence dans le domaine et n’a eu de cesse de s’intéresser aux évolutions de l’écriture iraqienne et arabe depuis.

Exilée en 1970 au Koweït puis en Egypte depuis 1990, elle a été enterrée, d’après ses dernières demandes, au Caire, où elle vivait seule et malade depuis 2000 l

Dina Heshmat

 

 

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