Al-Ahram Hebdo, Idées | La douche écossaise comme mot d’ordre
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Idées

Prix d’etat . Pour leur quarantième année, ils ont témoigné d’une certaine vivacité, de quoi remuer les eaux stagnantes.  

La douche écossaise comme mot d’ordre 

On s’attendait cette année à une remise des prix d’Etat plus ou moins fade, notamment après l’ouverture de la session sous la direction du ministre de la Culture Farouk Hosni. Les débats engagés ne semblaient pas aussi passionnants que ceux qui ont marqué ceux de la session précédente, qui avaient témoigné de beaucoup d’animation. On s’attendait donc à rester à l’ombre du statu quo généralisé ayant pour but de satisfaire plus ou moins tout le monde. Primer le grand poète Afifi Matar qui atteint ses 72 ans, candidat pour plus de 4 ans, et consacré dans nombre de pays arabes, sauf dans son propre pays, était certes attendu et le voilà lauréat du prix de l’Estime pour les lettres.

Mais la surprise est venue du choix de certains lauréats que l’on croyait mis à l’écart. C’était le moment d’élire le grand cinéaste de renommée mondiale Youssef Chahine et qui a plus de 80 ans. Le poète Ahmad Abdel-Moeti Hégazi, qui était l’an dernier l’un des candidats les plus en vue pour le grand prix Moubarak, ayant remporté le plus grand nombre de voix après Hussein Nassar, et n’a pas eu la faveur du jury cette année. Une surprise en quelque sorte. Il fut dépassé en nombre de voix par Ezzeddine Ismaïl, qui reçoit ainsi le prix à titre posthume. Cette sélection s’intègre dans une tendance exprimant du regret pour les gloires disparues que l’on n’a pas su apprécier à temps. Cela fut le cas, l’an dernier, pour le prix d’Estime de l’Etat pour les lettres qui était allé à Mohamad Moustagab. Une nostalgie, qui est celle de la majorité des membres du jury, sans pour autant ôter de la valeur au primé. En effet Ezzeddine Ismaïl est une figure éminente de la littérature, parmi les premiers qui ont puisé dans la psychologie en matière critique littéraire. Hégazi, lui, a joué un rôle indéniable dans l’évolution de la poésie libre dans les années cinquante. Sa production poétique n’a jamais cessé de surprendre bien qu’il se soit consacré dernièrement aux débats culturels dans la presse.  

Des prix qui se veulent démocratiques

La chose qui n’a pas manqué d’attirer l’attention a été la remise du prix Moubarak pour les arts à Youssef Chahine, celui de l’Estime de l’Etat dans les lettres à Gamal Al-Ghitani, et de l’Excellence au poète Helmi Salem. En ce qui concerne Youssef Chahine, il était candidat l’an dernier du même prix et l’on ne cessait de répéter que sa position de dissident et son soutien au mouvement égyptien pour le changement Kéfaya étaient suffisants pour le mettre hors combat. Le second Gamal Al-Ghitani, grand romancier, n’a jamais épargné la moindre occasion pour lancer ses quolibets contre la politique du ministère de la Culture. C’est dire qu’il y a eu tendance à mettre en avant un esprit démocratique, une tolérance face à l’opposition. Quant à Helmi Salem, il fut au centre d’une très grosse affaire de censure pour un poème jugé contenant des offenses à la religion. La distinction qu’il vient de recevoir susciterait probablement le mécontentement des groupes des islamistes et des Azharis, c’est-à-dire tous ceux qui se positionnent aujourd’hui dans le camp des défenseurs des bonnes mœurs et de la foi pure et dure. Cette attitude provocatrice du ministère de la Culture rappelle les positions libérales qu’il adopte parfois avant qu’il ne rejoigne rapidement le politiquement correct. Puisque le poème de Salem était publié dans un magazine du ministère qui n’a pas tardé, lui, à censurer sa propre publication. C’est-à-dire souffler le chaud et le froid en même temps l

Dina Kabil

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Palmarès 

Prix Moubarak
(200 000 L.E.)

Arts : Youssef Chahine

Lettres : Ezzedine Ismaïl

Sciences sociales : Al-Sayed Yassine

Prix d’Estime de l’Etat (100 000 L.E.)

Arts : Samiha Ayoub, Attiya Charara et Lénine Al-Ramli.

Lettres : Gamal Al-Ghitani, Mohamad Afifi Matar et Ahmad Morsi.

Sciences sociales : Abdel-Rahmane Abdel-Tawwab, Ayman Fouad Al-Sayed, Aliaa Choukri, tandis que le quatrième a été supprimé.

Prix d’Excellence
(50 000 L.E.)

Arts : Abdel-Moneim Kamel et Magda Ezz.

Lettres : Helmi Salem et Nawal Moustapha.

Sciences sociales : Magui Al-Halwani et Abla Hanafi.

 




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