Bourse .
La société de télécommunications
Vodafone Egypt
a décidé de ne plus être cotée
en raison des obligations de transparence trop coûteuses 258
sociétés ont quitté le marché
ces 5 dernières années.
Vodafone
s’en va
L’assemblée
générale de la société de télécommunications
Vodafone
Egypt a approuvé lundi 25 juin
la décision d’annuler ses 960 000
actions (0,4 % de son capital) échangées en Bourse. Elle est
ainsi la première
grande société à se retirer volontairement de la Bourse
égyptienne.
La société
a déclaré lors d’un communiqué de presse que « les
principaux actionnaires (le
groupe Vodafone international et
la société publique Telecom
Egypt) proposent
de racheter les actions au prix moyen de clôture de l’action
ce dernier mois, soit
93,5
L.E. », souligne Omar Al-Cheikh,
directeur des relations publiques chez
Vodafone
Egypt.
La
décision n’a cependant pas surpris le marché. En effet, deux
facteurs le
laissaient prévoir : l’échange très limité sur l’action et
les coûts trop
élevés des règles d’enregistrement imposés par la Bourse.
«
La
société a même tardé à prendre cette décision », estime
Essam Khalifa, directeur
du fonds d’investissement Al-Ahli.
Il rappelle que l’échange sur l’action est
presque paralysé depuis le début de l’année après que
Telecom
Egypt eut acheté 4,31
%
des actions Vodafone
Egypt échangées en Bourse pour
augmenter sa part dans
cette même société en décembre dernier. « Depuis cette date,
les institutions
financières et les fonds d’investissements ont abandonné
l’action, et elle a
disparu des indices des grandes institutions internationales
telles que Morgan
Stanley, à cause de la part trop restreinte échangée en
Bourse », explique
Khalifa Al-Ahli. Il ajoute que
l’action Vodafone était l’une
des préférées des
particuliers en raison de sa liquidité très élevée.
Introduite
en Bourse en 2003, avec 14,4 millions d’actions (6 % de son
capital), l’action
Vodafone
Egypt était aussi parmi les plus
actives de l’indice CASE 30. En trois
ans, sa valeur a plus que doublé pour s’élever à 100 L.E.
contre 40 L.E. en 2003.
Avant que la situation ne change au cours des six derniers
mois. Aujourd’hui, son
cours stagne autour de 88 L.E. Actuellement, la propriété de
la société se
partage entre le groupe international
Vodafone (54,9 %) et Telecom
Egypt( 44,7(
%
Sévères
sanctions
Outre
l’échange trop limité sur l’action, la volonté de
Vodafone est par ailleurs de
réduire ses charges imposées par le respect de transparence
boursière. Puisqu’à
l’instar des Bourses internationales, la Bourse égyptienne
demande aux sociétés
cotées la publication de leurs résultats financiers
semestriels et annuels dans
la presse à grand tirage. En outre, il y a obligation
d’informer la Bourse de
tout changement dans la société, au risque d’être soumis à
de sévères sanctions
pouvant aller jusqu’à 1 000 L.E. par jour. «
Vodafone peut éviter ces
dépenses
surtout si la part de ses actions échangées en Bourse est
limitée. De plus, par
cette décision, elle sera épargnée de dévoiler ses résultats
à ses concurrents
»,
souligne Amr Al-Alfi, directeur
du département de recherche auprès de la
maison de courtage CIBC. Il ajoute que
Vodafone a fait ce que des centaines de
petites sociétés ont fait. « Les sociétés voulaient entrer
en Bourse pour
profiter des 10 % d’exonération fiscale sur les profits.
Avec la promulgation
de la loi sur l’impôt 2005, cette mesure a été supprimée. Ce
qui a incité les
petites sociétés à se retirer de la Bourse », explique-t-il.
D’après
les chiffres de la Bourse, plus de 250 sociétés s’en sont
retirées ces 5
dernières années. 117 l’ont fait volontairement en 2006,
contre 47 en 2005, et 4
en 2004. En comptant les sociétés rayées de la Bourse pour
violation des règles
d’enregistrement, le total des sociétés cotées en Bourse a
chuté de presque la
moitié, passant de 795 sociétés en 2004, à 501 en juin 2007.
De son côté, le
président de la Bourse, Magued
Chawqi, assure qu’il existe
d’autres avantages
autres que l’exonération fiscale. « La cotation en Bourse
facilite les plans
d’expansion des sociétés à l’étranger à travers
l’augmentation de leurs
capitaux. De même, l’évaluation quotidienne du prix de son
action permet à la
société de connaître régulièrement sa position financière »,
souligne-t-il.
Mais une
question se pose : quel est l’impact du retrait de ces
sociétés sur la
performance boursière ? Selon les experts, à l’heure
actuelle, aucune
répercussion ne s’est fait ressentir. « Tout d’abord, les
sociétés retirées
sont de petites entités dont le capital varie entre 5 et 10
millions de L.E. et
leurs actions n’étaient pas classées parmi les plus actives
», explique Issa
Fathi
Issa, PDG du groupe stratégique pour le courtage et
vice-président du
département des titres financiers auprès de l’Union des
chambres de commerce. Il
ajoute que ces retraits n’ont aucun effet sur la
capitalisation du marché. Celle-ci
n’a cessé de croître malgré la baisse du nombre des sociétés
cotées. Elle a
atteint 595,9 milliards de L.E. lors des 6 premiers mois de
2007, contre 534
milliards en 2006. Un chiffre qui pourra encore augmenter
avec l’arrivée
prochaine de nouveaux acteurs comme
Ghabbour, le géant de l’automobile l
Gilane
Magdi