Al-Ahram Hebdo, Enquête | Vodafone s’en va 
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Enquête

Bourse . La société de télécommunications Vodafone Egypt a décidé de ne plus être cotée en raison des obligations de transparence trop coûteuses 258 sociétés ont quitté le marché ces 5 dernières années.  

Vodafone s’en va  

L’assemblée générale de la société de télécommunications Vodafone Egypt a approuvé lundi 25 juin la décision d’annuler ses 960 000 actions (0,4 % de son capital) échangées en Bourse. Elle est ainsi la première grande société à se retirer volontairement de la Bourse égyptienne. La société a déclaré lors d’un communiqué de presse que « les principaux actionnaires (le groupe Vodafone international et la société publique Telecom Egypt) proposent de racheter les actions au prix moyen de clôture de l’action ce dernier mois, soit 93,5 L.E. », souligne Omar Al-Cheikh, directeur des relations publiques chez Vodafone Egypt.

La décision n’a cependant pas surpris le marché. En effet, deux facteurs le laissaient prévoir : l’échange très limité sur l’action et les coûts trop élevés des règles d’enregistrement imposés par la Bourse.

« La société a même tardé à prendre cette décision », estime Essam Khalifa, directeur du fonds d’investissement Al-Ahli. Il rappelle que l’échange sur l’action est presque paralysé depuis le début de l’année après que Telecom Egypt eut acheté 4,31 % des actions Vodafone Egypt échangées en Bourse pour augmenter sa part dans cette même société en décembre dernier. « Depuis cette date, les institutions financières et les fonds d’investissements ont abandonné l’action, et elle a disparu des indices des grandes institutions internationales telles que Morgan Stanley, à cause de la part trop restreinte échangée en Bourse », explique Khalifa Al-Ahli. Il ajoute que l’action Vodafone était l’une des préférées des particuliers en raison de sa liquidité très élevée.

Introduite en Bourse en 2003, avec 14,4 millions d’actions (6 % de son capital), l’action Vodafone Egypt était aussi parmi les plus actives de l’indice CASE 30. En trois ans, sa valeur a plus que doublé pour s’élever à 100 L.E. contre 40 L.E. en 2003. Avant que la situation ne change au cours des six derniers mois. Aujourd’hui, son cours stagne autour de 88 L.E. Actuellement, la propriété de la société se partage entre le groupe international Vodafone (54,9 %) et Telecom Egypt( 44,7( %

 

Sévères sanctions

Outre l’échange trop limité sur l’action, la volonté de Vodafone est par ailleurs de réduire ses charges imposées par le respect de transparence boursière. Puisqu’à l’instar des Bourses internationales, la Bourse égyptienne demande aux sociétés cotées la publication de leurs résultats financiers semestriels et annuels dans la presse à grand tirage. En outre, il y a obligation d’informer la Bourse de tout changement dans la société, au risque d’être soumis à de sévères sanctions pouvant aller jusqu’à 1 000 L.E. par jour. « Vodafone peut éviter ces dépenses surtout si la part de ses actions échangées en Bourse est limitée. De plus, par cette décision, elle sera épargnée de dévoiler ses résultats à ses concurrents », souligne Amr Al-Alfi, directeur du département de recherche auprès de la maison de courtage CIBC. Il ajoute que Vodafone a fait ce que des centaines de petites sociétés ont fait. « Les sociétés voulaient entrer en Bourse pour profiter des 10 % d’exonération fiscale sur les profits. Avec la promulgation de la loi sur l’impôt 2005, cette mesure a été supprimée. Ce qui a incité les petites sociétés à se retirer de la Bourse », explique-t-il.

D’après les chiffres de la Bourse, plus de 250 sociétés s’en sont retirées ces 5 dernières années. 117 l’ont fait volontairement en 2006, contre 47 en 2005, et 4 en 2004. En comptant les sociétés rayées de la Bourse pour violation des règles d’enregistrement, le total des sociétés cotées en Bourse a chuté de presque la moitié, passant de 795 sociétés en 2004, à 501 en juin 2007. De son côté, le président de la Bourse, Magued Chawqi, assure qu’il existe d’autres avantages autres que l’exonération fiscale. « La cotation en Bourse facilite les plans d’expansion des sociétés à l’étranger à travers l’augmentation de leurs capitaux. De même, l’évaluation quotidienne du prix de son action permet à la société de connaître régulièrement sa position financière », souligne-t-il.

Mais une question se pose : quel est l’impact du retrait de ces sociétés sur la performance boursière ? Selon les experts, à l’heure actuelle, aucune répercussion ne s’est fait ressentir. « Tout d’abord, les sociétés retirées sont de petites entités dont le capital varie entre 5 et 10 millions de L.E. et leurs actions n’étaient pas classées parmi les plus actives », explique Issa Fathi Issa, PDG du groupe stratégique pour le courtage et vice-président du département des titres financiers auprès de l’Union des chambres de commerce. Il ajoute que ces retraits n’ont aucun effet sur la capitalisation du marché. Celle-ci n’a cessé de croître malgré la baisse du nombre des sociétés cotées. Elle a atteint 595,9 milliards de L.E. lors des 6 premiers mois de 2007, contre 534 milliards en 2006. Un chiffre qui pourra encore augmenter avec l’arrivée prochaine de nouveaux acteurs comme Ghabbour, le géant de l’automobile l

Gilane Magdi

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