Bourse . La société de télécommunications Vodafone
Egypt a décidé de
ne plus être cotée
Vodafone s’en va
L’assemblée générale de la société de
télécommunications Vodafone Egypt a approuvé lundi 25 juin
la décision d’annuler ses 960 000 actions (0,4 %
de son capital) échangées en Bourse. Elle est ainsi la première grande société à se retirer volontairement de la Bourse
égyptienne. La société a déclaré lors d’un communiqué
de presse que « les principaux actionnaires (le groupe Vodafone
international et la société publique Telecom Egypt) proposent
de racheter les actions au prix moyen
de clôture de l’action ce dernier mois, soit 93,5 L.E. », souligne Omar Al-Cheikh, directeur des relations publiques chez Vodafone Egypt.
La
décision n’a cependant pas surpris le
marché. En effet, deux facteurs le
laissaient prévoir : l’échange très
limité sur l’action et les coûts trop
élevés des règles d’enregistrement
imposés par la Bourse.
«
La société a même tardé à prendre
cette décision », estime Essam Khalifa, directeur du
fonds d’investissement Al-Ahli. Il rappelle que
l’échange sur l’action est presque paralysé depuis le début de l’année après que Telecom Egypt eut acheté 4,31 % des actions Vodafone Egypt
échangées en Bourse pour augmenter sa part dans cette même société en décembre
dernier. « Depuis cette date, les institutions financières et les fonds
d’investissements ont abandonné l’action, et elle a disparu des indices des grandes
institutions internationales telles que Morgan Stanley, à cause de la part trop
restreinte échangée en Bourse », explique Khalifa Al-Ahli.
Il ajoute que l’action Vodafone était l’une des
préférées des particuliers en raison de sa liquidité très élevée.
Introduite en Bourse en 2003, avec 14,4 millions
d’actions (6 % de son capital), l’action Vodafone Egypt était aussi parmi les
plus actives de l’indice CASE 30. En trois ans, sa valeur a plus que doublé
pour s’élever à 100 L.E. contre 40 L.E. en 2003. Avant que la situation ne change
au cours des six derniers mois. Aujourd’hui, son cours stagne autour de 88 L.E. Actuellement,
la propriété de la société se partage entre le groupe international Vodafone
(54,9 %) et Telecom Egypt (44,7 %).
Sévères sanctions
Outre
l’échange trop limité sur l’action, la
volonté de Vodafone est par ailleurs de réduire
ses charges imposées par le respect de transparence boursière. Puisqu’à l’instar
des Bourses internationales, la Bourse égyptienne demande aux sociétés cotées
la publication de leurs résultats financiers semestriels et annuels dans la
presse à grand tirage. En outre, il y a obligation d’informer la Bourse de tout
changement dans la société, au risque d’être soumis à de sévères sanctions pouvant
aller jusqu’à 1 000 L.E. par jour. « Vodafone peut
éviter ces dépenses surtout si la part de ses actions échangées en Bourse est
limitée. De plus, par cette décision, elle sera épargnée de dévoiler ses
résultats à ses concurrents
», souligne Amr Al-Alfi,
directeur du département de recherche auprès de la maison de courtage CIBC. Il
ajoute que Vodafone a fait ce que des centaines de petites
sociétés ont fait. « Les sociétés voulaient entrer en Bourse pour profiter
des 10 % d’exonération fiscale sur les profits. Avec la promulgation de la
loi sur l’impôt 2005, cette mesure a été supprimée. Ce qui a incité les petites
sociétés à se retirer de la Bourse », explique-t-il.
D’après
les chiffres de la Bourse, plus de 250 sociétés
s’en sont retirées ces 5 dernières années. 117 l’ont fait volontairement en 2006, contre
47 en 2005, et 4 en 2004. En comptant les sociétés rayées de la Bourse
pour violation des règles d’enregistrement, le total des sociétés cotées en Bourse
a chuté de presque la moitié, passant de 795 sociétés en 2004, à 501 en juin 2007.
De son côté, le président de la Bourse, Magued Chawqi, assure qu’il existe d’autres avantages autres
que l’exonération fiscale. « La cotation en Bourse facilite les plans d’expansion
des sociétés à l’étranger à travers l’augmentation de leurs capitaux.
De même, l’évaluation quotidienne du prix de son action permet à la société
de connaître régulièrement sa position financière », souligne-t-il.
Mais une
question se pose : quel est l’impact du
retrait de ces sociétés sur la
performance boursière ? Selon les
experts, à l’heure actuelle, aucune
répercussion ne s’est fait ressentir. «
Tout d’abord, les sociétés retirées
sont de petites entités dont le capital
varie entre 5 et 10 millions de L.E. et leurs actions n’étaient pas
classées parmi les plus actives », explique Issa Fathi Issa, PDG du groupe stratégique pour le courtage et vice-président
du département des titres financiers auprès de l’Union des chambres de
commerce. Il ajoute que ces retraits n’ont aucun effet sur la capitalisation du marché. Celle-ci n’a
cessé de croître malgré la baisse du nombre des sociétés cotées. Elle a atteint
595,9 milliards de L.E. lors des 6 premiers mois de 2007, contre 534 milliards
en 2006. Un chiffre qui pourra encore augmenter avec l’arrivée prochaine
de nouveaux acteurs comme Ghabbour, le géant de
l’automobile l
Gilane Magdi