Omar effendi .
L’IFC vient de racheter 5 % de la chaîne égyptienne de
commerce de détail, tout en lui accordant un prêt
de
40 millions de dollars pour l’aider dans sa modernisation.
Sur la pente ascendante
Le destin de la chaîne de magasins Omar Effendi, la plus
ancienne chaîne de commerce de détail d’Egypte, créée il y a
150 ans, est riche en rebondissements. Puisque la Société de
Finance internationale (SFI) vient d’acheter 5 % de son
capital. « La transaction a été effectuée au prix auquel
Anwal l’a achetée du
gouvernement égyptien en février dernier », souligne Walid
Al-Morched, directeur régional
de l’IFC.
En effet, Anwal (Arabie
saoudite) s’était emparée de 90 % de Omar Effendi en janvier
2007, les 10 % restants demeurant aux mains du gouvernement
égyptien, après une dure bataille menée par
Yéhia
Abdel-Hadi, employé de Omar Effendi, et ses alliés.
Ces derniers s’étaient opposés à la vente en raison du prix,
selon eux, sous-évalué. Ils l’estimaient à plus d’un
milliard de L.E. alors qu’Anwal
s’est finalement offert la chaîne pour la somme de 583,2
millions de L.E. (102,5 millions de dollars). De plus,
l’investisseur saoudien a versé à l’issue de la conclusion
de la vente la somme de 80 millions de L.E. pour rembourser
les dettes de la société.
Outre les 5 % vendus mercredi dernier à l’IFC,
la chaîne de magasins a également signé un accord de
coopération avec l’institution, afin de lui fournir une
somme de 40 millions de dollars sur sept ans, pour mettre en
œuvre la modernisation de la chaîne. « Ce modèle qui permet
à l’IFC de rentrer sans le
capital de la société n’est pas nouveau. L’institution a
adopté le même modèle sur le marché égyptien dans 11 projets
et quatre secteurs différents durant cette année, comme son
entrée dans le capital de l’hôpital Dar
Al-Fouad ainsi que sur le marché
régional avec la banque Ahli
Bahreïni, pour laquelle elle a contribué à hauteur de 200
millions de dollars », explique Micheal
Essex, directeur de la région du Moyen-Orient et de
l’Afrique du Nord auprès de l’IFC,
certain de l’essor à venir de la performance de Omar
Effendi.
Selon Al-Morched, l’IFC
est entrée dans ce capital afin de garantir la gestion du
crédit. « Le but de ce crédit est de moderniser
l’administration et les succursales afin de parvenir à une
performance égale aux normes internationales », ajoute
Essex. Il qualifie en outre ce financement d’important pour
la croissance du volume des affaires, car il servira à
installer un réseau informatique afin de lier les branches
par un système électronique. « Un système de réseaux
d’ordinateurs a été introduit via une société française très
connue, Celinde, avec un
investissement total de 20 millions de L.E., un logiciel de
ressources humaines et un autre de gestion du financement
effectué par la société Oracle ont été mis en œuvre depuis
juin 2007 », commente Gamil
Al-Gainbit, nouveau PDG saoudien
de la société. Il ajoute que Omar Effendi connaîtra un boom
et sera l’exemple d’une chaîne dépendante principalement des
produits et des fournisseurs locaux. Bien qu’il existe
d’autres concurrents à Omar Effendi sur le marché égyptien à
l’exemple de la chaîne française Carrefour, ou Hyper One,
Omar Effendi possède plus d’atouts puisqu’il est fort de 82
magasins dans les différents gouvernorats. Carrefour par
exemple n’en possède que 3. « Malgré tous les problèmes
financiers ou de gestion ayant frappé Omar Effendi ces
dernières années, il maintient sa position de chaîne
classique présentant des prix concurrentiels », commente
Gamil
Al-Gainbit, qui souligne qu’il vise essentiellement
les catégories moyennes et démunies de la société.
Dès la prise de possession des 82 branches de la chaîne de
magasins par Anwal, cette
dernière a entamé de vraies démarches de modernisation dans
les six principaux magasins du groupe, au Caire, notamment
aux rues Abdel-Aziz et Mourad. «
Le développement des autres succursales sera terminé vers la
fin 2008 », a déclaré Al-Gainbit
qui a précisé qu’un plan d’actions avait été adopté pour se
débarrasser des stocks anciens et renouveler la marchandise,
et que l’administration avait préféré faire la part belle
aux produits égyptiens, contrairement aux produits de la
chaîne Anwal sur le marché
saoudien. « L’administration a déjà signé un contrat avec un
grand nombre de fournisseurs égyptiens de produits en tous
genres, notamment la société de télécommunications
égyptienne I2 pour répondre aux besoins de la clientèle »,
ajoute Al-Gainbit, qui a par
ailleurs nié vouloir vendre 10 branches de la chaîne l
Dahlia Reda