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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Afrique

ECHOS ECONOMIQUES 

L’exportation comme bouée de sauvetage 

L’Afrique doit développer ses exportations pour stimuler la croissance et faire reculer la pauvreté. Tel est le pronostic des institutions financières internationales intervenant en Afrique. Dans ses efforts vers l’intégration au système commercial mondial, l’Afrique fait face à d’énormes défis et bien que le commerce africain connaisse depuis quelques années seulement quelques succès, les produits phares des exportations africaines demeurent pour un grand nombre de pays africains les produits de base : minerais, pétrole, cacao, café, horticulture (fleurs coupées), poissons surgelés et agrumes.

A la fin des années 1990, les exportations africaines atteignaient environ 124 milliards de dollars. Entre 1994 et 1998, les exportations totales, sans le pétrole, augmentaient en moyenne de 5 % par année. Depuis 1991, les exportations africaines vers la Chine ont doublé. En effet, alors qu’elles ne représentaient que 3,2 % de l’ensemble des exportations africaines en 2001, ce taux a atteint 7,5 % en 2005. Cependant, si ces chiffres indiquent une forte augmentation, il ne faut surtout pas généraliser la situation car derrière ces chiffres ne figurent que les réussites de quelques produits et de quelques pays.

En effet, ce sont deux régions seulement du continent — nord et sud — qui sont les représentants de ces réussites : les pays du Maghreb qui ont réussi à rejoindre les rangs des zones phares dans le commerce mondial en termes de produits manufacturés, et les pays membres de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU) qui eux figurent parmi les quinze meilleurs exportateurs du monde. Mais il faut admettre que les réussites africaines dans l’exportation ne se limitent pas aux pays du Maghreb ou d’Afrique australe. Selon les experts statisticiens du Trade Performance Index, plusieurs Etats subsahariens comme le Kenya, le Malawi, le Ghana, l’Ethiopie et le Mozambique sont « en train d’améliorer leur compétitivité dans les exportations d’aliments préparés ».

Le Ghana, qui vient cette année de fêter ses 50 ans d’indépendance, pourrait, selon certains observateurs, être le premier pays africain à atteindre l’Objectif de développement pour le millénaire qui vise à réduire de moitié le nombre de pauvres. En effet, le Ghana a vu ses exportations croître et les exportations non traditionnelles du pays, y compris les services, ont fait un bond en avant de 60 % depuis 2000. Quant à l’Ethiopie, malgré ses difficultés internes et ses démêlés avec ses voisins — Erythrée et Somalie — est devenue en quelques années un fournisseur international compétitif pour certains services et marchandises. Les producteurs éthiopiens sont les premiers fournisseurs de graines de sésame, avec 11 % des importations mondiales, de cuir et de café.

Les observateurs reconnaissent que les cas de réussite pourraient se multiplier et pourrait mettre le continent au diapason mondial si deux conditions sine qua non sont présentes. La première de ces deux conditions est que les pays industrialisés tiennent leurs promesses et fassent en sorte que les négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), dans le cadre du cycle de Doha, aboutissent à des résultats « favorables au développement », en acceptant de réduire leur protection douanière et d’ouvrir leur marché aux produits agricoles, aux services et aux biens manufacturés.

La deuxième condition, aussi importante que la première, implique également la coopération entre dirigeants africains et leurs partenaires internationaux. Les deux groupes doivent créer un « environnement favorable aux exportations … » en réduisant les coûts de fonctionnement et les risques élevés pour les entreprises.

Cependant, un autre problème se pose : la communauté internationale ne favorise pas toujours la réussite des exportateurs africains. La position de certains pays industrialisés concernant les subventions accordées aux producteurs de coton, en particulier aux Etats-Unis, pèse sur les cours mondiaux et coûte aux économies africaines du Sahel en particulier, quelque 250 millions de dollars par an. En outre, les ONG internationales telles qu’Oxfam, estiment que l’escalade tarifaire pénalise les produits à valeur ajoutée. Selon les observateurs, l’Union européenne, par exemple, n’impose quasiment aucun droit sur les fèves de cacao exportées par l’Afrique, mais par contre prélève environ 10 % sur le cacao semi-transformé et 30 % sur le chocolat. Les exportateurs africains font également face aux contraintes intérieures « qui les empêchent de tirer parti des nouvelles possibilités commerciales ».

En l’absence d’avancées décisives sur ces deux fronts, on voit mal comment l’Afrique pourra accélérer sa croissance économique et réduire le nombre de ceux qui vivent dans la misère extrême.

Eva Dadrian

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En bref

Maroc 
Restauration portuaire

Le port de Tarfaya (sud-marocain) va se remettre à neuf. Grâce à un don d’un million d’euros accordé par le gouvernement autonome des Iles Canaries, la restauration des infrastructures du port doit permettre d’augmenter et d’améliorer l’efficacité du système de transport reliant les Iles Canaries et le sud marocain. Selon les déclarations de Mohamed Jamal Ben Jalloun, directeur général de l’Agence nationale marocaine des ports, le projet qui inclut services et équipements : pilotage, remorquage, amarrage, manutention, stockage, va dans le sens d’une politique visant à encourager la modernisation et l’efficacité du secteur, compte tenu de l’évolution de la concurrence mondiale. En outre, le projet favorisera « le développement des échanges commerciaux entre l’Archipel et le continent africain ». Les responsables marocains estiment que la mise en service de la nouvelle ligne maritime reliant le port de Rosario (Canaries) au port de Tarfaya ouvre la voie à une nouvelle coopération entre les deux entités et consolidera non seulement les liens maritimes déjà en place, mais permettra également aux opérateurs économiques d’accéder à de nouveaux marchés.

Gabon
Ressources naturelles

Le Gabon vient de signer avec l’Union Européenne (UE) un contrat de 2,2 milliards de Fcfa portant sur la mise en œuvre et la concrétisation du 9e Fonds d’Entretien de Développement (FED) et qui fait partie du premier programme ECOFAC IV de l’UE. Signé le 31 janvier 2006 à Brazzaville, en République du Congo, et doté de 38 millions d’euros, soit un peu plus de 25 milliards de Fcfa répartis sur 4 ans, le programme ECOFAC IV a pour objectif de garantir, à long terme, la conservation et la gestion durable des ressources naturelles de 8 pays d’Afrique Centrale — Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RD Congo et Sao Tomé E Principe. Pour le Gabon, le contrat FED vise trois sections, à savoir Perfed pour l’entretien routier, Ecofac IV pour l’écosystème forestier d’Afrique centrale et Progeance pour le renforcement des acteurs non étatiques qui assureront le relais de revendications entre la population, l’Etat et les bailleurs de fonds. Selon Casimir Oye Mba, ministre d’Etat chargé de la planification, « 20 % de l’expertise qui sera mobilisée dans les différentes assistances techniques est d’origine des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) ». L’UE est l’un des principaux partenaires du Gabon en matière de construction de route.

 




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