Al-Ahram Hebdo, Afrique | Vers une majorité présidentielle
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 Semaine du 27 juin au 3 juillet 2007, numéro 668

 

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Afrique

Congo . Le premier tour des législatives a eu lieu cette semaine malgré des difficultés techniques et le boycottage de certains partis de l’opposition. Un scrutin qui devrait redonner la majorité absolue au camp du chef de l’Etat.  

Vers une majorité présidentielle 

Les électeurs congolais se sont rendus dimanche dernier aux urnes pour élire 137 députés parmi 1 044 candidats. Le tout-puissant Parti Congolais du Travail (PCT) du chef de l’Etat Denis Sassou-Nguesso, qui comptait 115 députés dans la chambre sortante, devrait retrouver la majorité absolue à l’issue de cette consultation, dont le second tour a été programmé le 22 juillet prochain.

Avec ces législatives, le PCT désire accroître sa majorité au Parlement qui était de 134 sièges (en comptant les petits partis alliés) dans l’assemblée sortante. Mais, le taux de participation est resté faible en raison des nombreux appels au boycottage des partis de l’opposition et du caractère attendu du résultat du scrutin. En outre, plusieurs bureaux de vote ont ouvert leurs portes tardivement en raison du retard pris dans la mise en place du matériel nécessaire à la tenue du scrutin, obligeant ainsi les électeurs à voter au compte-gouttes et aussi du retard de l’affichage des listes ou de l’arrivée des équipes de scrutateurs. Beaucoup de personnes se sont plaintes de ne pas avoir reçu leur carte d’électeur.

Mais depuis plusieurs mois, le Parti Congolais du Travail (PCT), au pouvoir, se querelle avec l’opposition, appuyée par un certain nombre de partis alliés au PCT, sur les modalités d’organisation du scrutin. Le débat portait notamment sur la nature de la commission qui a supervisé le scrutin. Les partisans du PCT, majoritaires à l’Assemblée et profitant du boycott du Parlement par l’opposition, ont obtenu en avril dernier que les commissaires électoraux soient désignés par décret présidentiel. Depuis, les opposants réclament le remplacement de la Commission nationale d’organisation des élections (CONEL), mise en place le 31 mai, par une commission « véritablement indépendante ». Les partis d’opposition reprochent toutefois au gouvernement d’avoir rassemblé les membres de cette commission électorale avec les partisans de Sassou-Nguesso et, plus grave, d’avoir trafiqué les listes électorales. « Nous avons appelé au boycottage car nous ne croyons pas que puissent se tenir des élections équitables », a déclaré Eugène Sama, porte-parole d’un parti de l’opposition. L’opposition, mais aussi quelques voix de la majorité, avaient réclamé au moins le report du scrutin.

Outre ces difficultés sur le plan organisationnel, une quarantaine de partis ont catégoriquement refusé de participer à ce qu’ils ont qualifié de « mascarade électorale », les principaux mouvements hostiles au régime en place ont finalement, malgré leurs réserves, décidé de se lancer dans la bataille. C’est le cas de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de l’ex-président Pascal Lissouba, renversé en 1997 par M. Sassou-Nguesso, et de l’Union pour la Démocratie et la République (UDR-Mwinda) dirigée par l’ancien premier ministre André Milongo. Après avoir longtemps hésité, le tout nouveau Conseil National des Républicains (CNR) de l’ex-rebelle Frédéric Bitsangou, alias Ntumi, dont les miliciens « ninjas » ont combattu les troupes gouvernementales de 1998 à 2003, a confirmé sa participation au scrutin.

L’hypothèse d’une défaite du parti présidentiel étant unanimement écartée, le principal enjeu de ces législatives porte sur la composition de la future majorité présidentielle. A côté d’un PCT tiraillé entre « conservateurs » et « rénovateurs » ont récemment émergé de nombreuses petites formations aux mains de parents ou de proches du chef de l’Etat, qui présentent de nombreux candidats. Les analystes prévoient que la montée des petits partis pourrait empiéter sur les plates-bandes du PCT, dont les barons sont soumis à une forte concurrence. « La majorité est un ensemble assez composite et le président devra être assez habile pour maintenir des équilibres », affirme un analyste. Partageant le même avis un observateur congolais estime que « l’intérêt du président, c’est de se débarrasser de la vieille classe politique et de faire monter les jeunes. Le PCT est usé, il n’attire plus (et) Sassou a un œil sur (la présidentielle de) 2009. S’il réussit la recomposition de la classe politique, il aura un boulevard en 2009 », pronostique-t-il.

Mais ces enjeux restent très loin des préoccupations quotidiennes des Congolais. « Ils veulent des députés qui s’intéressent à leurs problèmes, et qui peuvent trouver des issues pour améliorer leurs conditions de vie et leurs questions économiques », explique Sayed Feleifal, analyste au Centre des études africaines au Caire l

Maha Salem

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