3 questions à
Nawal Hassan,
directrice du Centre des études de la civilisation
égyptienne, fait le point sur l’exposition des métiers
manuels concernant les habitants du village de Gourna, à
Louqsor.
«
Les habitants risquent de perdre les ressources qui leur
permettaient de subsister »
Al-Ahram
Hebdo : Quels sont les plus importants métiers artisanaux
qui sont présentés à l’exposition ?
Nawal Hassan : Les habitants de Gourna sont réputés pour
leur artisanat, notamment la fabrication de vases et de
statues de marbre, ainsi que la sculpture des statues et des
tableaux pharaoniques employant la hache et la scie, les
outils employés par leurs ancêtres du temps des pharaons.
L’albâtre reste le matériau privilégié à Gourna et dans
toute la zone de l’ouest de Louqsor. Ceci concerne les
hommes, quant aux femmes, elles excellent dans la
fabrication des châles en coton en préférant comme couleurs
le rouge, le blanc et le bleu, ainsi que les mouchoirs ornés
de poinçonnages et de grains de colliers de différentes
formes de grosseurs, le tout en colori éclatant.
— L’exode vers la nouvelle ville Al-Taref affectera-t-il
l’avenir de ces métiers ?
— Non seulement cet artisanat sera touché, mais aussi les
habitants, qui risquent de perdre les ressources qui leur
permettaient de subsister. Il est vrai que la nouvelle ville
est mieux équipée que leur village original, mais si la
population s’est énergiquement opposée au plan de transfert,
c’est qu’il les éloignera des touristes auxquels ils
vendaient leurs produits. Les habitants sculptaient les
statues et les vases chez eux et dans des ateliers se
trouvant dans les différents coins du village. Ceux-ci
avaient en quelque sorte des expositions de leurs produits
aux touristes, étant donné que ce village était considéré
comme le centre de tourisme de cette région.
— Comment peut-on actuellement protéger ces métiers et
éviter leur disparition ?
— Certainement, si on peut, de temps à autre, organiser des
expositions pour les habitants à travers lesquelles ils
pourraient parvenir aux touristes, cela les encouragera à
travailler et à conserver ces métiers manuels. Mais en ce
qui concerne les ateliers, il faudrait leur consacrer des
locaux dans la nouvelle ville.
Un autre moyen pour résoudre ce problème, est de garder les
ateliers et les fabriques existants dans l’ancien village
tout en établissant les moyens de transport qui permettent
aux habitants d’arriver à leurs ateliers.
Iman
Fathallah