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 Semaine du 13 au 19 juin 2007, numéro 666

 

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3 questions à

Nawal Hassan, directrice du Centre des études de la civilisation égyptienne, fait le point sur l’exposition des métiers manuels concernant les habitants du village de Gourna, à Louqsor.

« Les habitants risquent de perdre les ressources qui leur permettaient de subsister »

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les plus importants métiers artisanaux qui sont présentés à l’exposition ?

Nawal Hassan : Les habitants de Gourna sont réputés pour leur artisanat, notamment la fabrication de vases et de statues de marbre, ainsi que la sculpture des statues et des tableaux pharaoniques employant la hache et la scie, les outils employés par leurs ancêtres du temps des pharaons. L’albâtre reste le matériau privilégié à Gourna et dans toute la zone de l’ouest de Louqsor. Ceci concerne les hommes, quant aux femmes, elles excellent dans la fabrication des châles en coton en préférant comme couleurs le rouge, le blanc et le bleu, ainsi que les mouchoirs ornés de poinçonnages et de grains de colliers de différentes formes de grosseurs, le tout en colori éclatant.

— L’exode vers la nouvelle ville Al-Taref affectera-t-il l’avenir de ces métiers ?

— Non seulement cet artisanat sera touché, mais aussi les habitants, qui risquent de perdre les ressources qui leur permettaient de subsister. Il est vrai que la nouvelle ville est mieux équipée que leur village original, mais si la population s’est énergiquement opposée au plan de transfert, c’est qu’il les éloignera des touristes auxquels ils vendaient leurs produits. Les habitants sculptaient les statues et les vases chez eux et dans des ateliers se trouvant dans les différents coins du village. Ceux-ci avaient en quelque sorte des expositions de leurs produits aux touristes, étant donné que ce village était considéré comme le centre de tourisme de cette région.

— Comment peut-on actuellement protéger ces métiers et éviter leur disparition ?

— Certainement, si on peut, de temps à autre, organiser des expositions pour les habitants à travers lesquelles ils pourraient parvenir aux touristes, cela les encouragera à travailler et à conserver ces métiers manuels. Mais en ce qui concerne les ateliers, il faudrait leur consacrer des locaux dans la nouvelle ville.

Un autre moyen pour résoudre ce problème, est de garder les ateliers et les fabriques existants dans l’ancien village tout en établissant les moyens de transport qui permettent aux habitants d’arriver à leurs ateliers.

Iman Fathallah

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