Al-Ahram Hebdo, Voyages | La bureaucratie sur le banc des accusés
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 13 au 19 juin 2007, numéro 666

 

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Voyages

Tourisme . Plus de 450 000 Libyens ont visité l’Egypte en 2006, très peu par rapport au nombre qui se rend en Tunisie. La raison en est la complexité des formalités au poste-frontière de Salloum.

La bureaucratie sur le banc des accusés

La Libye est le cinquième pays exportateur de touristes en Egypte. Est-ce satisfaisant ? Une question qui a suscité l’intérêt des professionnels et des voyagistes ces derniers temps. Une première appréciation négative : ils sont 1,4 million de touristes libyens à se rendre en Tunisie, de quoi relativiser l’importance de cet afflux touristique libyen dans le pays des pharaons. « Il est vrai que les Libyens aiment passer leur vacance en Egypte, mais les difficultés qu’ils subissent au poste frontalier de Salloum freinent énormément ce désir qu’ils ont de visiter l’Egypte », assure Adham Hilal, consul général d’Egypte à Tripoli. En fait, le point de passage de Salloum a de tout temps eu une mauvaise réputation à cause de la complexité et la lenteur de ses procédures douanières en plus du mauvais traitement que subissent les voyageurs de la part des fonctionnaires. « J’ai perdu plus de cinq heures à Salloum pour terminer les procédures qui me permettent d’entrer en Egypte. C’était une expérience assez dure qui entrave beaucoup de Libyens de venir en Egypte surtout qu’environ 90 % des Libyens qui visitent l’Egypte empruntent les autoroutes, ce qui est moins cher », explique Monzer Al-Meqdady, ingénieur libyen en visite en Egypte. Il ajoute que ses compatriotes optent de plus en plus pour la Tunisie où ils peuvent y accéder aussi par voie routière à travers le point de passage de Ras Gadir, situé sur la frontière entre les deux pays et qui présente beaucoup plus de facilités aux passants que celui de Salloum.

« On a perdu plus d’un million de touristes libyens qui auraient pu facilement venir en Egypte, et si ce qui se passe au point de passage de Salloum ne change pas le plus tôt possible, leur nombre va diminuer encore », assure Amir Fahim, expert de tourisme. En fait, les formalités à l’entrée de Ras Gadir ont été dernièrement simplifiées, elles ne prennent que cinq minutes. Le Libyen, en entrant dans le territoire tunisien, n’est pas obligé comme en Egypte de changer les plaques d’immatriculation de sa voiture. Seulement les détails de chaque voiture sont enregistrés sur ordinateur, ce qui épargne beaucoup de temps. Le ministre du Tourisme, Zoheir Garana, a pris la mesure de la chose. Il a envoyé un comité en Tunisie pour se rendre compte sur terrain des facilités tunisiennes. De retour en Egypte, ce comité va rédiger un rapport qui sera remis au premier ministre pour faciliter les procédures douanières des personnes et des véhicules pour franchir le poste-frontière. Avec la lenteur de procédures légendaire de l’administration, on peut dire qu’un règlement n’interviendra pas de sitôt.

Dalia Farouk

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