Tourisme
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Plus de 450 000 Libyens ont visité l’Egypte en 2006,
très peu par rapport au nombre qui se rend en Tunisie. La
raison en est la complexité des formalités au
poste-frontière de Salloum.
La bureaucratie sur le banc des accusés
La Libye est le cinquième pays exportateur de touristes en
Egypte. Est-ce satisfaisant ? Une question qui a suscité
l’intérêt des professionnels et des voyagistes ces derniers
temps. Une première appréciation négative : ils sont 1,4
million de touristes libyens à se rendre en Tunisie, de quoi
relativiser l’importance de cet afflux touristique libyen
dans le pays des pharaons. « Il est vrai que les Libyens
aiment passer leur vacance en Egypte, mais les difficultés
qu’ils subissent au poste frontalier de Salloum freinent
énormément ce désir qu’ils ont de visiter l’Egypte », assure
Adham Hilal, consul général d’Egypte à Tripoli. En fait, le
point de passage de Salloum a de tout temps eu une mauvaise
réputation à cause de la complexité et la lenteur de ses
procédures douanières en plus du mauvais traitement que
subissent les voyageurs de la part des fonctionnaires. «
J’ai perdu plus de cinq heures à Salloum pour terminer les
procédures qui me permettent d’entrer en Egypte. C’était une
expérience assez dure qui entrave beaucoup de Libyens de
venir en Egypte surtout qu’environ 90 % des Libyens qui
visitent l’Egypte empruntent les autoroutes, ce qui est
moins cher », explique Monzer Al-Meqdady, ingénieur libyen
en visite en Egypte. Il ajoute que ses compatriotes optent
de plus en plus pour la Tunisie où ils peuvent y accéder
aussi par voie routière à travers le point de passage de Ras
Gadir, situé sur la frontière entre les deux pays et qui
présente beaucoup plus de facilités aux passants que celui
de Salloum.
« On a perdu plus d’un million de touristes libyens qui
auraient pu facilement venir en Egypte, et si ce qui se
passe au point de passage de Salloum ne change pas le plus
tôt possible, leur nombre va diminuer encore », assure Amir
Fahim, expert de tourisme. En fait, les formalités à
l’entrée de Ras Gadir ont été dernièrement simplifiées,
elles ne prennent que cinq minutes. Le Libyen, en entrant
dans le territoire tunisien, n’est pas obligé comme en
Egypte de changer les plaques d’immatriculation de sa
voiture. Seulement les détails de chaque voiture sont
enregistrés sur ordinateur, ce qui épargne beaucoup de
temps. Le ministre du Tourisme, Zoheir Garana, a pris la
mesure de la chose. Il a envoyé un comité en Tunisie pour se
rendre compte sur terrain des facilités tunisiennes. De
retour en Egypte, ce comité va rédiger un rapport qui sera
remis au premier ministre pour faciliter les procédures
douanières des personnes et des véhicules pour franchir le
poste-frontière. Avec la lenteur de procédures légendaire de
l’administration, on peut dire qu’un règlement
n’interviendra pas de sitôt.
Dalia
Farouk