Al-Ahram Hebdo, Voyages | Les plaisanciers rebroussent chemin
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 Semaine du 13 au 19 juin 2007, numéro 666

 

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Voyages

Yachting . Une conférence à Gouna a évoqué les moyens d’attirer en Egypte ces touristes navigateurs qui boudent nos ports mal préparés et veulent éviter des taxes trop élevées.

Les plaisanciers rebroussent chemin

Selon les derniers recensements mondiaux, plus de 150 000 yachts visitent chaque année la région de l’est de la Méditerranée, dont 400 seulement rentrent dans les eaux territoriales égyptiennes. Mais pourquoi les autres fuient-ils notre pays ? Une question à laquelle la première conférence sur le tourisme des yachts en Egypte, qui se tient actuellement à Gouna en mer Rouge, essaye de trouver une réponse et proposer une solution. Ceci d’autant plus que ce genre de traversée a la faveur des plaisanciers. « Quoique l’Egypte possède des milliers de kilomètres de côtes sur la Méditerranée et la mer Rouge, il y a de nombreuses difficultés qui entravent le développement de ce genre en Egypte. Le plus flagrant est l’exagération des frais que doit payer le yacht qui veut accoster en Egypte en plus des formalités bureaucratiques administratives pour l’octroi et le renouvellement des permis à ces embarcations », explique Nabil Helmi, président de la conférence. « C’est dommage de laisser échapper les sommes qui peuvent s’ajouter au revenu du secteur du tourisme, puisque le taux de dépense des plaisanciers est cinq fois plus élevé que celui des touristes traditionnels », explique l’ingénieur Khaled Makhlouf, directeur de l’Organisme du développement touristique. Il assure que les responsables du ministère du Tourisme sont conscients de l’importance de ce genre de tourisme, dont le taux de croissance mondial est de plus de 6 % par an.

C’est en fait ce qui a poussé le ministère du Tourisme à procéder à une réévaluation des frais et de l’assurance sur ces yachts. Cette étude propose la construction de plusieurs ports de plaisance de grande capacité qui dépasse les 500 yachts avec tous les services possibles, soit administratifs comme les douanes et les passeports, soit technique comme les pièces de rechange des embarcations. A savoir que 71 % des plaisanciers qui viennent en Egypte assurent que les yacht-clubs qui se trouvent à Port-Fouad et à Port-Tewfiq présentent des services assez modestes. L’état des quais y est déplorable, en plus du manque de propreté, de moyens de divertissement, de logement confortable. Tout cela n’encourage plus les plaisanciers à rester longtemps en Egypte.

Pour sa part, Amir Fayed, directeur de la société organisatrice de la conférence, déplore le fait que le yacht doit payer à chaque ville où il accoste et non seulement sur les frontières maritimes égyptiennes. « C’est illogique de payer au Canal de Suez ensuite à Charm Al-Cheikh, puis à Hurghada », dit-il. Il ajoute que l’Etat doit intervenir le plus vite possible, parce que les éléments d’attraction que présente l’Egypte pour la promotion du tourisme des yachts reste insuffisants et éloignent l’Egypte de toute compétition dans ce genre de tourisme. Il est à noter que les Emirats arabes unis sont les premiers au Moyen-Orient dans ce genre de tourisme, grâce au développement continuel de l’infrastructure de leurs ports et de tout ce qui a rapport à l’industrie maritime. Ce qui fait que les investissements dans ce domaine ont dépassé les 20 milliards de dollars en quelques années. Les Emirats arabes unis sont suivis par la Turquie, puis par Israël. Même le Liban excelle dans ce genre de tourisme surtout après la construction d’un port de plaisance aussi grand que superbe à Beyrouth. Le Liban a dernièrement presque annulé les frais, ce qui fait que beaucoup de yachts y vont et y restent de longues durées dépensant ainsi des sommes énormes.

Les recommandations de cette conférence deviennent autant utiles qu’importantes. En plus de la rapidité exigée pour éliminer les difficultés qui entravent le développement du tourisme des yachts en Egypte, la conférence a demandé d’unifier les organismes administratifs qui accordent les permis de faciliter les procédures du passage dans le Canal de Suez. La conférence a prôné aussi la rédaction d’un bulletin international pour faire connaître aux plaisanciers les procédures, les réglementations et les papiers exigés afin que le yacht entre en Egypte. Ce bulletin doit être publié dans les différents médias intéressés dans le domaine du tourisme des yachts. Quant aux prix qui ne sont pas du tout compétitifs avec les autres pays de la région du bassin méditerranéen, les conférenciers ont assuré la nécessité de la formation d’un comité des experts de l’Académie arabe pour le transport maritime pour aboutir à des prix modérés qui soit bénéfiques pour l’Egypte et compétitifs en même temps. Enfin, la conférence souligne la nécessité de la construction d’un grand centre de plaisance qui peut recevoir plus de 5 000 embarcations pour être un point d’arrivée, soit au nord à Port-Saïd, ou au sud à Chalatine.

Dalia Farouk

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