Yachting .
Une conférence à Gouna a évoqué les moyens d’attirer en
Egypte ces touristes navigateurs qui boudent nos ports mal
préparés et veulent éviter des taxes trop élevées.
Les plaisanciers rebroussent chemin
Selon
les derniers recensements mondiaux, plus de 150 000 yachts
visitent chaque année la région de l’est de la Méditerranée,
dont 400 seulement rentrent dans les eaux territoriales
égyptiennes. Mais pourquoi les autres fuient-ils notre pays
? Une question à laquelle la première conférence sur le
tourisme des yachts en Egypte, qui se tient actuellement à
Gouna en mer Rouge, essaye de trouver une réponse et
proposer une solution. Ceci d’autant plus que ce genre de
traversée a la faveur des plaisanciers. « Quoique l’Egypte
possède des milliers de kilomètres de côtes sur la
Méditerranée et la mer Rouge, il y a de nombreuses
difficultés qui entravent le développement de ce genre en
Egypte. Le plus flagrant est l’exagération des frais que
doit payer le yacht qui veut accoster en Egypte en plus des
formalités bureaucratiques administratives pour l’octroi et
le renouvellement des permis à ces embarcations », explique
Nabil Helmi, président de la conférence. « C’est dommage de
laisser échapper les sommes qui peuvent s’ajouter au revenu
du secteur du tourisme, puisque le taux de dépense des
plaisanciers est cinq fois plus élevé que celui des
touristes traditionnels », explique l’ingénieur Khaled
Makhlouf, directeur de l’Organisme du développement
touristique. Il assure que les responsables du ministère du
Tourisme sont conscients de l’importance de ce genre de
tourisme, dont le taux de croissance mondial est de plus de
6 % par an.
C’est en fait ce qui a poussé le ministère du Tourisme à
procéder à une réévaluation des frais et de l’assurance sur
ces yachts. Cette étude propose la construction de plusieurs
ports de plaisance de grande capacité qui dépasse les 500
yachts avec tous les services possibles, soit administratifs
comme les douanes et les passeports, soit technique comme
les pièces de rechange des embarcations. A savoir que 71 %
des plaisanciers qui viennent en Egypte assurent que les
yacht-clubs qui se trouvent à Port-Fouad et à Port-Tewfiq
présentent des services assez modestes. L’état des quais y
est déplorable, en plus du manque de propreté, de moyens de
divertissement, de logement confortable. Tout cela
n’encourage plus les plaisanciers à rester longtemps en
Egypte.
Pour
sa part, Amir Fayed, directeur de la société organisatrice
de la conférence, déplore le fait que le yacht doit payer à
chaque ville où il accoste et non seulement sur les
frontières maritimes égyptiennes. « C’est illogique de payer
au Canal de Suez ensuite à Charm Al-Cheikh, puis à Hurghada
», dit-il. Il ajoute que l’Etat doit intervenir le plus vite
possible, parce que les éléments d’attraction que présente
l’Egypte pour la promotion du tourisme des yachts reste
insuffisants et éloignent l’Egypte de toute compétition dans
ce genre de tourisme. Il est à noter que les Emirats arabes
unis sont les premiers au Moyen-Orient dans ce genre de
tourisme, grâce au développement continuel de
l’infrastructure de leurs ports et de tout ce qui a rapport
à l’industrie maritime. Ce qui fait que les investissements
dans ce domaine ont dépassé les 20 milliards de dollars en
quelques années. Les Emirats arabes unis sont suivis par la
Turquie, puis par Israël. Même le Liban excelle dans ce
genre de tourisme surtout après la construction d’un port de
plaisance aussi grand que superbe à Beyrouth. Le Liban a
dernièrement presque annulé les frais, ce qui fait que
beaucoup de yachts y vont et y restent de longues durées
dépensant ainsi des sommes énormes.
Les recommandations de cette conférence deviennent autant
utiles qu’importantes. En plus de la rapidité exigée pour
éliminer les difficultés qui entravent le développement du
tourisme des yachts en Egypte, la conférence a demandé
d’unifier les organismes administratifs qui accordent les
permis de faciliter les procédures du passage dans le Canal
de Suez. La conférence a prôné aussi la rédaction d’un
bulletin international pour faire connaître aux plaisanciers
les procédures, les réglementations et les papiers exigés
afin que le yacht entre en Egypte. Ce bulletin doit être
publié dans les différents médias intéressés dans le domaine
du tourisme des yachts. Quant aux prix qui ne sont pas du
tout compétitifs avec les autres pays de la région du bassin
méditerranéen, les conférenciers ont assuré la nécessité de
la formation d’un comité des experts de l’Académie arabe
pour le transport maritime pour aboutir à des prix modérés
qui soit bénéfiques pour l’Egypte et compétitifs en même
temps. Enfin, la conférence souligne la nécessité de la
construction d’un grand centre de plaisance qui peut
recevoir plus de 5 000 embarcations pour être un point
d’arrivée, soit au nord à Port-Saïd, ou au sud à Chalatine.
Dalia
Farouk