Al-Ahram Hebdo, Sports | La sélection veut conjurer le sort
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 13 au 19 juin 2007, numéro 666

 

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Sports

Football . La sélection nationale affrontera le Burundi le 17 juin dans le cadre de la cinquième et avant-dernière journée des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations 2008. Hassan Chéhata et ses hommes seront en quête d’une première victoire à l’extérieur depuis 3 ans. 

La sélection veut conjurer le sort 

Mauritanie, Botswana et Burundi. On ne pourra sûrement pas penser à des adversaires plus faciles pour la sélection d’Egypte pour assurer une qualification très aisée aux phases finales de la Coupe d’Afrique des nations 2008, qui se déroulera au Ghana début 2008. Et pourtant, les Pharaons se sont trouvés encore une fois dans une situation embarrassante. Le prochain match contre le Burundi à Kigali (ndlr : le match a été déplacé du Burundi à la capitale rwandaise en raison d’absence de terrain valable au Burundi) le 17 juin prochain est décisif et les Egyptiens doivent éviter la défaite à tout prix pour conserver la tête du groupe qu’ils occupent avec 8 points, récoltés en quatre matchs, soit à deux longueurs seulement devant le Burundi. Une situation qui ne convient pas du tout au statut de l’Egypte, tenante du titre de la dernière édition de la CAN et qui est censée être l’une des favorites au Ghana. Mais l’équipe nationale n’a pu remporter que deux victoires en quatre rencontres et a été tenue en échec lors des deux autres qui se sont disputées hors de son temple. « Nous ne sommes pas dans une belle situation maintenant et nous devons être très concentrés lors de notre prochain match, car nous n’avons plus droit à l’erreur. Je suis toujours sûr de la qualification, ce n’est qu’une histoire de temps mais cela n’empêche que nous devons être à notre top niveau face au Burundi », a déclaré Hassan Chéhata, sélectionneur national. La situation sera d’autant plus délicate que le 17 juin manqueront à l’appel deux importants joueurs, à savoir Hossam Ghali, blessé face à la Mauritanie, et Mohamad Chawqi, expulsé lors du même match. Les deux titulaires qui constituent l’axe du milieu de terrain notamment dans le schéma du 4-4-2 adopté récemment par le directeur technique de la sélection. 

Manque d’expérience africaine

Cette crise est malheureusement loin d’être une impasse temporaire. La perte de points faciles est devenue une habitude chez les Pharaons. Si l’on commence par cette génération, nous remarquerons qu’ils se sont à plusieurs reprises retrouvés acculés lors de confrontations africaines extérieures au niveau officiel. Depuis la victoire face au Soudan, à Khartoum le 30 juin 2004, les Pharaons ont été tenus en échec en six sorties. Face aux grandes équipes, cela peut être partiellement admis, mais le problème réside dans le fait que la perte de points est souvent provoquée par de petites équipes que les Pharaons dominent toujours à domicile, comme Madagascar, 0-1 et 6-0 au Caire, le Bénin, 3-3 et 4-1 au Caire, et la Mauritanie 1-1 et 3-0 au Caire. Le capitaine de la sélection, Ahmad Hassan, explique cela par le manque d’expérience africaine de ses coéquipiers (voir entretien). En effet, la grande majorité de ce groupe a intégré la sélection à un ou deux ans de la Coupe d’Afrique des nations 2006 et l’objectif était alors de les préparer pour l’événement qui se jouerait cette année-là sur leur sol. « Les conditions de jeu en Afrique sont très difficiles, que ce soit à cause du climat ou de la qualité du terrain. Ceci demande une certaine période d’adaptation et d’expérience, et ceci est particulièrement le cas pour les joueurs évoluant en Europe qui, eux, jouent dans d’excellentes conditions, contrairement aux Africains », explique Béchir Al-Tabéï, défenseur international de Zamalek. A l’exception des joueurs d’Ahli, qui ont parcouru les quatre coins du continent lors des deux dernières années, et de quelques éléments d’expérience tels qu’Ahmad Hassan, Essam Al-Hadari et Abdel-Zaher Al-Saqqa, le reste des joueurs peinent à s’exprimer hors des frontières.

« C’est toute une autre culture qui est absente chez nous. Depuis des décennies, nous sommes habitués à essayer de nous en sortir lors des matchs extérieurs avec les moindres dégâts. Ce ne sera pas quelque chose de facile à changer mais nous devons essayer de nous libérer de cette mentalité », déclare Anouar Salama, ancien sélectionneur des Pharaons. La culture de la victoire ou la mentalité d’un champion qui doit gagner sur tous les terrains font toujours défaut au quintuple champion d’Afrique. Sur un total de 217 matchs disputés à l’extérieur dans l’histoire de la sélection nationale, cette dernière n’en a remporté que 59, concédé 76 nuls et perdu 82.

Il semble que le joueur a particulièrement besoin d’un support géographique ou humain, l’exemple le plus éminent et récent : la dernière CAN, où le public et le Stade du Caire ont fait la différence.

Malheureusement, ces conditions ne seront pas réunies face au Burundi le 17 juin et les Pharaons sont priés de l’emporter s’ils espèrent se mettre définitivement à l’abri pour entamer la dernière journée des qualifications, au Caire, face au Botswana.

Karim Farouk

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3 questions à 

Ahmad Hassan, capitaine des Pharaons. 

Al-Ahram Hebdo : Après le nul concédé contre la Mauritanie 1-1 à Nouakchott, cette nouvelle sortie contre le Burundi peut être décisive pour la qualification à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2008. Comment appréhendez-vous cette rencontre ?

Ahmad Hassan : Tous les matchs sont importants, mais je ne pense pas qu’on doive s’inquiéter. C’est vrai que nous avons eu quelques problèmes récemment, mais nous sommes toujours en tête du classement et nos chances sont les meilleures. Cela aurait sûrement été plus facile si nous avions remporté le match, mais franchement, je ne sais pas ce qui se passe, nous jouons assez bien et pourtant cela ne se reflète pas sur les résultats. Peut-être que cela revient à la présence de beaucoup de jeunes joueurs inexpérimentés au sein de l’équipe, ce qui fait souvent que nous perdons le rythme à des moments cruciaux. Mais aussi il faut dire que beaucoup de joueurs étaient loin de leur niveau dans ce match, du fait que plusieurs étaient au repos, dont moi-même et les joueurs d’Ahli.

— Vous dites qu’il ne faut pas s’inquiéter, et pourtant l’équipe n’a pas remporté de matchs officiels à l’extérieur depuis 2004 ...

— Cela est dû à la nature de nos joueurs qui ont souvent tendance à se replier en défense dans les matchs extérieurs. C’est un manque d’expérience et de culture offensive. Cela nous a beaucoup coûté lors des dernières années et nous a été fatal dans les qualifications de la Coupe du monde depuis 1998, à commencer par le Liberia, ou la Namibie en 2002, la Libye et le Bénin en 2006, et voilà le Botswana et la Mauritanie dans les qualifications de la CAN.

— Comment remédier à cela ?

— Nous devons jouer beaucoup de matchs avec des équipes africaines hors de notre terrain. Les joueurs doivent s’habituer aux conditions climatiques, mais aussi aux conditions difficiles dans les différents pays, que ce soit de logement, de vie ou de jeu. Il est important bien sûr de jouer contre les grandes nations de football en Europe et en Amérique latine, car cela nous permet d’élever notre niveau de jeu. Mais le plus important, ce sont les matchs africains, notamment avec ces petites équipes, et chez eux. Car ici, nous les battons largement et avec une très grande différence de buts à domicile. Chez eux, nous n’arrivons pas à nous imposer au niveau officiel et cela nous fait perdre énormément de points et de chances, que ce soit pour les qualifications africaines ou de la Coupe du monde.

 




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