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Football .
La sélection nationale affrontera le Burundi le 17 juin
dans le cadre de la cinquième et avant-dernière journée des
qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations 2008.
Hassan Chéhata et ses hommes seront en quête d’une première
victoire à l’extérieur depuis 3 ans.
La sélection veut conjurer le sort
Mauritanie,
Botswana et Burundi. On ne pourra sûrement pas penser à des
adversaires plus faciles pour la sélection d’Egypte pour
assurer une qualification très aisée aux phases finales de
la Coupe d’Afrique des nations 2008, qui se déroulera au
Ghana début 2008. Et pourtant, les Pharaons se sont trouvés
encore une fois dans une situation embarrassante. Le
prochain match contre le Burundi à Kigali (ndlr : le match a
été déplacé du Burundi à la capitale rwandaise en raison
d’absence de terrain valable au Burundi) le 17 juin prochain
est décisif et les Egyptiens doivent éviter la défaite à
tout prix pour conserver la tête du groupe qu’ils occupent
avec 8 points, récoltés en quatre matchs, soit à deux
longueurs seulement devant le Burundi. Une situation qui ne
convient pas du tout au statut de l’Egypte, tenante du titre
de la dernière édition de la CAN et qui est censée être
l’une des favorites au Ghana. Mais l’équipe nationale n’a pu
remporter que deux victoires en quatre rencontres et a été
tenue en échec lors des deux autres qui se sont disputées
hors de son temple. « Nous ne sommes pas dans une belle
situation maintenant et nous devons être très concentrés
lors de notre prochain match, car nous n’avons plus droit à
l’erreur. Je suis toujours sûr de la qualification, ce n’est
qu’une histoire de temps mais cela n’empêche que nous devons
être à notre top niveau face au Burundi », a déclaré Hassan
Chéhata, sélectionneur national. La situation sera d’autant
plus délicate que le 17 juin manqueront à l’appel deux
importants joueurs, à savoir Hossam Ghali, blessé face à la
Mauritanie, et Mohamad Chawqi, expulsé lors du même match.
Les deux titulaires qui constituent l’axe du milieu de
terrain notamment dans le schéma du 4-4-2 adopté récemment
par le directeur technique de la sélection.
Manque d’expérience africaine
Cette crise est malheureusement loin d’être une impasse
temporaire. La perte de points faciles est devenue une
habitude chez les Pharaons. Si l’on commence par cette
génération, nous remarquerons qu’ils se sont à plusieurs
reprises retrouvés acculés lors de confrontations africaines
extérieures au niveau officiel. Depuis la victoire face au
Soudan, à Khartoum le 30 juin 2004, les Pharaons ont été
tenus en échec en six sorties. Face aux grandes équipes,
cela peut être partiellement admis, mais le problème réside
dans le fait que la perte de points est souvent provoquée
par de petites équipes que les Pharaons dominent toujours à
domicile, comme Madagascar, 0-1 et 6-0 au Caire, le Bénin,
3-3 et 4-1 au Caire, et la Mauritanie 1-1 et 3-0 au Caire.
Le capitaine de la sélection, Ahmad Hassan, explique cela
par le manque d’expérience africaine de ses coéquipiers
(voir entretien). En effet, la grande majorité de ce groupe
a intégré la sélection à un ou deux ans de la Coupe
d’Afrique des nations 2006 et l’objectif était alors de les
préparer pour l’événement qui se jouerait cette année-là sur
leur sol. « Les conditions de jeu en Afrique sont très
difficiles, que ce soit à cause du climat ou de la qualité
du terrain. Ceci demande une certaine période d’adaptation
et d’expérience, et ceci est particulièrement le cas pour
les joueurs évoluant en Europe qui, eux, jouent dans
d’excellentes conditions, contrairement aux Africains »,
explique Béchir Al-Tabéï, défenseur international de Zamalek.
A l’exception des joueurs d’Ahli, qui ont parcouru les
quatre coins du continent lors des deux dernières années, et
de quelques éléments d’expérience tels qu’Ahmad Hassan,
Essam Al-Hadari et Abdel-Zaher Al-Saqqa, le reste des
joueurs peinent à s’exprimer hors des frontières.
« C’est toute une autre culture qui est absente chez nous.
Depuis des décennies, nous sommes habitués à essayer de nous
en sortir lors des matchs extérieurs avec les moindres
dégâts. Ce ne sera pas quelque chose de facile à changer
mais nous devons essayer de nous libérer de cette mentalité
», déclare Anouar Salama, ancien sélectionneur des Pharaons.
La culture de la victoire ou la mentalité d’un champion qui
doit gagner sur tous les terrains font toujours défaut au
quintuple champion d’Afrique. Sur un total de 217 matchs
disputés à l’extérieur dans l’histoire de la sélection
nationale, cette dernière n’en a remporté que 59, concédé 76
nuls et perdu 82.
Il semble que le joueur a particulièrement besoin d’un
support géographique ou humain, l’exemple le plus éminent et
récent : la dernière CAN, où le public et le Stade du Caire
ont fait la différence.
Malheureusement, ces conditions ne seront pas réunies face
au Burundi le 17 juin et les Pharaons sont priés de
l’emporter s’ils espèrent se mettre définitivement à l’abri
pour entamer la dernière journée des qualifications, au
Caire, face au Botswana.
Karim
Farouk
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3 questions à
Ahmad Hassan,
capitaine des Pharaons. |
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Al-Ahram
Hebdo : Après le nul concédé contre la Mauritanie 1-1 à
Nouakchott, cette nouvelle sortie contre le Burundi peut
être décisive pour la qualification à la Coupe d’Afrique des
Nations (CAN) 2008. Comment appréhendez-vous cette rencontre
?
Ahmad Hassan : Tous les matchs sont importants, mais je ne
pense pas qu’on doive s’inquiéter. C’est vrai que nous avons
eu quelques problèmes récemment, mais nous sommes toujours
en tête du classement et nos chances sont les meilleures.
Cela aurait sûrement été plus facile si nous avions remporté
le match, mais franchement, je ne sais pas ce qui se passe,
nous jouons assez bien et pourtant cela ne se reflète pas
sur les résultats. Peut-être que cela revient à la présence
de beaucoup de jeunes joueurs inexpérimentés au sein de
l’équipe, ce qui fait souvent que nous perdons le rythme à
des moments cruciaux. Mais aussi il faut dire que beaucoup
de joueurs étaient loin de leur niveau dans ce match, du
fait que plusieurs étaient au repos, dont moi-même et les
joueurs d’Ahli.
— Vous dites qu’il ne faut pas s’inquiéter, et pourtant
l’équipe n’a pas remporté de matchs officiels à l’extérieur
depuis 2004 ...
— Cela est dû à la nature de nos joueurs qui ont souvent
tendance à se replier en défense dans les matchs extérieurs.
C’est un manque d’expérience et de culture offensive. Cela
nous a beaucoup coûté lors des dernières années et nous a
été fatal dans les qualifications de la Coupe du monde
depuis 1998, à commencer par le Liberia, ou la Namibie en
2002, la Libye et le Bénin en 2006, et voilà le Botswana et
la Mauritanie dans les qualifications de la CAN.
— Comment remédier à cela ?
— Nous devons jouer beaucoup de matchs avec des équipes
africaines hors de notre terrain. Les joueurs doivent
s’habituer aux conditions climatiques, mais aussi aux
conditions difficiles dans les différents pays, que ce soit
de logement, de vie ou de jeu. Il est important bien sûr de
jouer contre les grandes nations de football en Europe et en
Amérique latine, car cela nous permet d’élever notre niveau
de jeu. Mais le plus important, ce sont les matchs
africains, notamment avec ces petites équipes, et chez eux.
Car ici, nous les battons largement et avec une très grande
différence de buts à domicile. Chez eux, nous n’arrivons pas
à nous imposer au niveau officiel et cela nous fait perdre
énormément de points et de chances, que ce soit pour les
qualifications africaines ou de la Coupe du monde.
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