La farce arabe
Salama A. Salama
La
diplomatie arabe se caractérise par la passivité,
encourageant la communauté internationale à prendre des
décisions loin des intérêts arabes et non conformes à la
légitimité internationale.
Actuellement, les rencontres diplomatiques effectuées par
les délégations arabes, qui font le tour du monde sous
prétexte de faire la propagande de l’Initiative arabe,
ressemblent à une énorme farce. Tout le monde sait que ces
efforts diplomatiques n’auront aucun résultat positif et ne
seront finalement que des manchettes dans la presse
quotidienne.
Il y a eu les rencontres entre les ministres israélien,
égyptien et jordanien des Affaires étrangères. Et aussi les
réunions de Bruxelles entre les ministres arabes des
Affaires étrangères et la délégation européenne, ainsi que
les contacts effectués par Amr Moussa à New-York visant à
ressusciter l’Initiative arabe et montrer que les Arabes
sont prêts pour la paix. A quoi tout ceci a-t-il abouti ?
Le communiqué annoncé par le Quartette ressemble à une
douche écossaise tombée sur la tête des Arabes. En effet, le
communiqué réclame aux Palestiniens de mettre un terme à la
violence et de donner la liberté au soldat israélien
kidnappé. Et en même temps, le communiqué ne demande rien à
Israël, à part d’éviter de porter atteinte aux civils.
Le communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères
a décrit le contenu du communiqué du Quartette comme
déséquilibré, jetant par là même le doute sur sa crédibilité
en tant que partie impartiale. Mais le
Quartette a-t-il jamais été impartial ? Je ne pense
pas que la tenue au Caire de la prochaine réunion du
Quartette changera grand-chose dans ses positions. En effet
il semble que la communauté internationale est parfaitement
consciente du fait que l’Initiative arabe était déjà vouée à
l’échec dès sa naissance.
D’autre part, il semble que la décision déséquilibrée
promulguée par le Conseil de sécurité concernant le tribunal
international sur l’assassinat de Hariri, selon le chapitre
7 de la charte de l’Onu, est largement conforme au regard
d’infériorité envers les Arabes. L’ingérence dans leur
souveraineté est devenue chose permise. Les Libanais ne se
sont pas accordés sur la formation du tribunal. Les
Etats-Unis et la France se sont empressés de promulguer une
décision obligatoire, stipulant la formation du tribunal
international, dont les décisions seront prises par les
superpuissances, en entente avec le camp soutenu par les
Etats-Unis et la France face à l’autre camp. Ceci mènera à
une guerre civile et il est certain que l’objectif essentiel
n’était pas de sauvegarder l’unité et la souveraineté du
Liban. Après ces évolutions consécutives,
la diplomatie arabe reste stupéfaite après un essor qui n’a
pas duré longtemps.
Le rôle du secrétaire général de l’Onu est beaucoup plus
faible que celui de son prédécesseur. En effet, le nouveau
secrétaire général, Ban Ki-moon, se contente de promulguer
des communiqués, car le recours au chapitre VII de la charte
de l’Onu, quant il s’agit de causes internationales pour
punir les Arabes seulement, n’est plus de l’autorité de
l’Onu.
Tant que les conflits internes et la division persistent
dans la région arabe, l’ingérence étrangère restera plus
forte que toute initiative ou mouvement arabe.